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« Trois sujets qu’on ne lâchera pas »

En déplacement à Vinitech-Sifel à Bordeaux le 28 novembre, Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, en a profité pour revenir sur les revendications phares des mobilisations de ces dernières semaines et lancer Solaal Nouvelle-Aquitaine.

Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, et Denis Mousseau, président de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine.
© Pascale Dumont

Une nouvelle fois en 2024, la viticulture aura vécu une année compliquée. « 2024 a été une épreuve sur le plan climatique et cela pèse sur le moral, a rappelé Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, sur le stand de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine à Vinitech. 

Sur le plan climatique, il faut nous efforcer de nous adapter et il faut continuer de se battre sur les questions de marché de débouchés et d'organisation des filières ». Rappelant les difficultés chroniques subies par l'ensemble des productions, Arnaud Rousseau a fait le point sur les revendications qui animent les mobilisations de ces dernières semaines. « Il y a trois sujets sur lesquels on ne veut pas lâcher, a-t-il martelé : le sens du métier, le revenu et la simplification ». Dans le détail, la FNSEA réclame une vraie reconnaissance de la place de l'agriculture en France, reconnaissance qui pourrait passer par des retraites dignes et l'arrêt des injonctions paradoxales que subit l'agriculture. Sur la question des revenus, outre la question du prix des produits se pose celle des volumes et des moyens de production. Dans ceux-ci, on retrouve bien évidemment la question de l’eau, jugée centrale par le président de la FNSEA mais aussi les produits de protection des plantes et la recherche et l'innovation notamment dans la santé animale. La question de la maîtrise des charges ouvre le débat sur les questions de qualification de la main d'œuvre, de juste rémunération, du maintien du dispositif TO‑DE mais aussi du coût des énergies et du machinisme. Enfin, la FNSEA attend une accélération de la simplification administrative. Arnaud Rousseau a également rappelé à l'attention de la presse que la ferme moyenne en France était en moyenne de 70 ha. « Notre agriculture est familiale et notre modèle est vertueux, souligne-t-il. Si on ne le défend pas, les produits viendront d'ailleurs… ». Un an après le début des premières mobilisations syndicales, le président de la FNSEA a précisé que des choses avaient toutefois avancé. « Je ne fais pas partie de ceux qui disent « on n’a rien eu », explique Arnaud Rousseau. Nous avons obtenu des choses au niveau français et européen. Il y a un an, nous parlions du ratio prairies, des 4 % de jachères, des problèmes de voisinage… Il nous reste encore les 2/3 à aller chercher notamment autour de la compétitivité et pour cela nous attendons le vote du projet de Loi de finances ». Revenant sur le contexte actuel des manifestations et sur l'agitation de certains, Arnaud Rousseau a conclu son intervention en indiquant qu'il était essentiel pour les jeunes agriculteurs et la FNSEA de poursuivre le travail engagé et de construire des solutions d’avenir malgré le climat ambiant et sans céder aux intimidations.

L’association Solaal arrive en Nouvelle-Aquitaine

L'association Solaal, qui facilite la mise en relation entre agriculteurs et associations d’aide alimentaire, a profité de Vinitech pour lancer sa dernière antenne régionale. Créée en 2013, par Jean-Michel Lemétayer, ancien président de la FNSEA, comme l'a rappelé sa présidente Angélique Delahaye, Solaal est aujourd'hui présente dans toutes les régions de France. « Depuis plus d'un an, nous travaillons sur la mise en place de Solaal Nouvelle-Aquitaine, a expliqué Denis Mousseau, président de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine. Le don, les valeurs de solidarité et de mutualisme qui sont celles de la FNSEA sont d'autant plus importantes aujourd'hui dans un climat où l'on entend parler d'affamer les Français ». La présidence de la toute nouvelle antenne a été confiée à Marie Griffaton, agricultrice bio en Dordogne. « Solaal est née d'une prise de conscience sur le gaspillage alimentaire, a rappelé Angélique Delahaye. De nombreuses personnes souffrent encore aujourd'hui de maladies liées au déséquilibre alimentaire et on voit bien que des associations telles que la nôtre s'inscrivent malheureusement dans la durée… »

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