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«Tout est bon dans la brebis»

Engagés depuis 2013 dans la vente directe, Zoé et Jean-Paul Bourdiol valorisent ainsi leurs agneaux et brebis de réformes à un meilleur prix.

Zoé et Jean-Paul Bourdiol ont lancé leur activité de vente directe de viande d’agneau et de brebis il y a cinq ans.
Zoé et Jean-Paul Bourdiol ont lancé leur activité de vente directe de viande d’agneau et de brebis il y a cinq ans.
© Mélodie Comte

Il y a cinq ans, Zoé et Jean-Paul Bourdiol ont engagé leur élevage biologique de brebis Rava dans la vente directe. Depuis, caissettes d’agneaux, merguez, chipolatas mais aussi saucissons de brebis, pâtés et gigot sec font le bonheur de leurs clients. «Nous travaillons avec des AMAP et des magasins de producteurs. Notre site internet permet aux particuliers de passer des commandes qu’ils récupèrent à la ferme. Nous refusons régulièrement des de-mandes parce que nous n’avons pas suffisamment de marchandises» explique Zoé.

 

30 ans d’installation

Sur les hauteurs d’Ardes-sur-Couze dans le lieu-dit de Bonmorin, la vue sur le Cézallier et les gorges de la rivière Allier est imprenable. Un petit coin tranquille où pâturent les 580 brebis Rava de Zoé et Jean-Paul Bourdiol. L’éleveur s’est installé ici, hors-cadre familial, en 1988. En 1997, il oriente son exploitation vers l’Agriculture Biologique, à la fois par principe et praticité. «Les ¾ de mon exploitation ne sont pas mécanisables et je ne réalise que très rarement des traitements médicamenteux sur mes animaux. J’ai toujours travaillé avec de la médecine préventive à base de plantes. Alors m’engager dans le Bio était une opportunité de valoriser ma production, sans occasionner d’importants changements dans mes pratiques». Malgré des terrains accidentés et secs, Jean-Paul Bourdiol produit la totalité de ses fourrages. Les céréales proviennent quant à elles des alentours d’Issoire. En 2013, sa femme Zoé le rejoint. Le Gaec Lou Pastre voit le jour et ce sont les débuts de la vente directe de viande de brebis et d’agneaux.

Abattage sur commande

Chaque année, environ 150 de leurs animaux sont abattus à l’abattoir de Brioude (43) où les carcasses sont découpées sur place. Les agneaux ont entre cinq et six mois au moment de l’abattage et pèsent entre 14 et 20 Kg poids carcasse. Les brebis de réforme connaissent la même destination à ceci près que leur viande est réservée aux produits transformés (merguez, chipolatas, pâtés…), élaborés à l’atelier du lycée de Saint-Flour (15). D’ailleurs, leur toute jeune activité est partie de cette idée : la valorisation des vieilles bêtes. «Une brebis réformée est payée entre 10 et 20 €, pas du kilo mais l’animal… Pourtant, j’en suis persuadé, les acheteurs doivent bien en faire quelque chose. Alors pourquoi ne pas, nous aussi, faire des merguez ?»

Un pari gagné puisqu’à ce jour le Gaec Lou Pastre parvient à valoriser ces brebis de réforme à hauteur de 100 €/animal. Quant aux agneaux, la plus-value gagnée est là aussi loin d’être négligeable.

Récemment, le couple a intégré le réseau d’Accueil à la Ferme pour «rencontrer des producteurs, bénéficier de formations, de conseils, avoir un réseau…» dans l’objectif d’augmenter le nombre d’animaux pour la vente directe.

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