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Matériel agricole
Tonne à pendillards : un changement de pratique qui fait l’unanimité

En renouvelant sa tonne à lisier, la Cuma 2000 à Tourniac a fait le choix des pendillards.  Un investissement qui améliore sensiblement la qualité de l’herbe

Un groupe d'agriculteur devant un tonne à pendillards, avance.
Moins d’évaporation, moins de pertes d’azote et une meilleure valorisation au champ : retour d’expérience très positif des membres de la Cuma 2000.
© R. Saint-André

Une tonne à pendillards innovante pour la Cuma 2000 dans le Cantal

Ici, le matériel agricole est récent, le parc régulièrement modernisé. Alors, quand en février 2024 il s’est agi de renouveler sa tonne à lisier, la Cuma 2000 a opté pour un modèle à pendillards, abandonnant la buse classique.

“C’était pour anticiper une possible loi qui aurait de toute façon obligé de changer de matériel agricole”, explique Théo Delbos, membre et utilisateur de l’outil.
“Et puis, avant le passage de ladite loi, c’était la garantie d’une meilleure reprise de l’ancien matériel”, admet le président, Jérôme Laporte.

“Il existe plusieurs types de tonnes à pendillards, dont certaines enfouissent. En position râteau, celle-ci se contente de caresser le sol, à peine à 10 cm de celui-ci. De sorte que, même par grand vent, rien ne part sur le côté”, poursuit-il. L’investissement s’est élevé à 70 000 €, avec une reprise de l’ancien matériel agricole à 22 000 € et une subvention régionale notable de 35 000 €, confirme Claire Ternat, trésorière de la Cuma. La cuve, d’un volume de 11 500 litres, revient à 8 ou 9 euros par voyage.

Des bénéfices multiples pour l’amendement des sols

Anthony Freyssac, vice-président et utilisateur régulier, ne tarit pas d’éloges sur ce nouveau matériel agricole. “Moins d’odeurs, mais aussi et surtout une nouvelle qualité d’herbe, avec un passage des animaux permis plus tôt. On perd moins en évaporation, on perd moins en valeur”, explique-t-il. Claire Ternat confirme : “On n’a pas du tout la même herbe qu’auparavant.” Théo Delbos renchérit : “On gagne pratiquement une semaine parce qu’il y a moins de pertes d’azote. Le produit des déjections suffit à lui seul. Il n’y a plus besoin d’engrais chimiques.” “Et pour le pâturage tournant notamment, on gagne du temps”, assurent les éleveurs.

La diffusion de l’engrais de ferme est également “beaucoup plus régulière” sur l’herbage, qui ressort “plus épais”, avec “davantage de trèfles” et “moins de refus”, constatent les utilisateurs qui exploitent ici des terres noires organiques. Les producteurs laitiers, fabricants à la ferme, relèvent également une meilleure qualité au niveau du lait fromageable. Au point qu’aujourd’hui, aucun utilisateur ne penserait revenir en arrière.

“Nous avons fait une erreur”, conviennent pourtant les adhérents de la Cuma 2000 : “C’est de ne pas être allé en voir ailleurs.” Car si les modèles existent en plusieurs largeurs, de 6 à 9 mètres, ils ont choisi la plus courte, 6 mètres. Avec le recul, ils auraient préféré opter pour 7,50 mètres. Ce regret est tel que, deux ans après la première utilisation, ils ont décidé d’investir dans un agrandissement de 1,50 m de large (75 cm de chaque côté), soit six pendillards supplémentaires.

Organisation et entretien

Actuellement, ce sont déjà une vingtaine de pendillards qui se mettent en place. Près de l’outil, les utilisateurs précisent que les tuyaux ne se bouchent pas avec des restes de paille, grâce à un broyeur intégré avant l’envoi dans les tuyaux. Pour l’entretien, le président tient à l’implication de tous. La tonne à lisier est ramenée sous bâtiment où elle est entretenue, et chaque utilisateur peut se servir d’une caisse avec une pompe à graisse à l’intérieur.

À noter que le tracteur doit être équipé d’un système LS (Load Sensing), autrement dit de l’activation automatique de l’hydraulique. Il peut s’agir du tracteur de l’adhérent s’il est adéquat, ou de celui de la Cuma qui peut également être mis à disposition pour l’occasion, comme le fait Claire Ternat. “Les deux possibilités co-existent. Rien n’est imposé”, confirme Jérôme Laporte. Dans tous les cas, comme le souligne Anthony Freyssac : “Même avec du matériel agricole régulièrement renouvelé et récent, cela reste moins cher que de faire intervenir une entreprise.”

Une opération gagnante, donc, qui n’aurait pas vu le jour sans un soutien sans faille de la fédération départementale des Cuma du Cantal pour monter le dossier — notamment de Gisèle Gonthier, qui a su les conseiller — et de la Région Auvergne-Rhône-Alpes pour son soutien financier. Et ce sera de mieux en mieux, puisque grâce aux rallonges que la Cuma vient de commander, le travail ira encore plus vite. Car il est vrai que, par rapport à une buse classique, il est conseillé de rouler 2 km/h en dessous. Malgré cette contrainte — et preuve que les pendillards procurent un réel bénéfice — Théo Delbos précise que “même si on a la possibilité de brancher une buse classique, eh bien, on ne s’en sert jamais”.

LA CUMA 2000 : Présidée par Jérôme Laporte, la Cuma 2000 compte aujourd’hui 15 adhérents répartis sur un rayon de 10 à 12 km autour de son siège à Tourniac. Créée en 1980, elle dispose d’une vingtaine de matériels tous très récents, chaque outil étant placé sous la responsabilité d’un ou deux adhérents. Le parc de la coopérative permet l’ensemble des épandages (fumier ou lisier) ainsi que tout le travail du sol : charrues, déchaumeurs, combinés de semis, etc. Six adhérents sont des utilisateurs réguliers de la tonne à pendillards. 

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