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Thierry Marx : “On vient goûter un territoire”

Le président confédéral de l’Umih a échangé avec les professionnels cantaliens, les exhortant à croire au “fait maison” et en partageant un constat : les charges tuent l’artisanat. 

Thieery Marx dans le Cantal.
Le chef Thierry Marx fait le tour des régions pour recueillir les doléances des professionnels des métiers de l’industrie et de l’hôtellerie.
© M. V.

“Personne n'est content”

Les ingrédients sont réunis pour que le secteur de l’hôtellerie-restauration rende son tablier. S’il n’a pas la recette miracle pour sauver l’artisanat, Thierry Marx a rappelé face aux professionnels cantaliens qu’il croyait au “fait maison”. “La profession ne sera plus qu’une industrie si on ne la protège pas. Et l’attractivité française, qui passe par nos petites ou très petites entreprises, y perdra. Quand on vient chez nous, c’est pour goûter un territoire.” Sauf que pour le président confédéral de l’Umih, il faut que tout le monde mette la main à la pâte, à commencer par l’État, avec “un apprenti qui coûte aussi cher qu’un salarié” et “une équation entre un patron qui ne peut pas faire plus à cause des charges et un salarié à qui il reste de moins en moins à la fin du mois. Personne n’est content”. Cela se traduit par la fermeture de “25 restaurants par jour” et un modèle de restauration à la française qui se perd. “Dans le pays de la gastronomie, les fast food pèsent 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel. Le fait maison ne fait plus de trésorerie.” Les territoires ruraux sont “encore plus impactés”, de par leur démographie et leur pouvoir d’achat : “il n’y a qu’à voir le nombre de distributeurs de pizzas dans les villages...”, déplore Thierry Marx.

 

 “Dans le pays de la gastronomie, les fast food pèsent 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel.” 


Interpeller les élus


Alors que la présidentielle 2027 se profile, “ceux qui prétendent à être élus” seront destinataires d’un manifeste, qui reprendrait les doléances des professionnels, autour d’une question : “Que fait-on pour redonner de l’oxygène à ce pays ?” Plusieurs pistes se dessinent déjà, comme redonner du pouvoir d’achat aux Français, moins charger les salaires, alléger les coûts de production,... Et de soumettre également l’idée de création d’une plate-forme européenne pour contrer les géants de la réservation en ligne : “Nous avons pris beaucoup de retard. Nous n’avons pas anticipé la digitalisation de la société. Et tout ce que l’on donne à ces plates-formes, on ne l’investit pas dans nos entreprises.” Et de reconnaître que “maintenant, nous en sommes dépendants...”

 

Thierry Marx défend le “permis de restaurer” pour “mieux accompagner les chefs d’entreprise de notre secteur. On n’aurait peut-être moins de casse...” L’idée est de redonner des bases pour lire un bilan, calculer le prix de revient, 
un taux de TVA,... Le président du tribunal de commerce peut également être sollicité dès les premières difficultés : “60 % des entreprises pourraient être sauvées si elles s’y prenaient plus tôt.”
 

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