Témoignage – Municipales : un jeune agriculteur s’engage pour sa commune
Maxime Cheix s’est installé en mai 2025 sur l’exploitation familiale, en SCEA avec son père, sur la commune rurale de Saint-Bonnet-près-Bort. Éleveur bovin (veaux sous la mère et broutards) et ovin (agneaux), il exploite 117 hectares de prairies, complétés par 8 hectares de céréales autoconsommées. Dans cette commune d’un peu moins de 200 habitants, où les agriculteurs représentent près de 15 % des actifs, Maxime a fait le choix de s’engager, à seulement 19 ans, sur une liste candidate aux élections municipales. Il explique pourquoi.
Maxime Cheix s’est installé en mai 2025 sur l’exploitation familiale, en SCEA avec son père, sur la commune rurale de Saint-Bonnet-près-Bort. Éleveur bovin (veaux sous la mère et broutards) et ovin (agneaux), il exploite 117 hectares de prairies, complétés par 8 hectares de céréales autoconsommées. Dans cette commune d’un peu moins de 200 habitants, où les agriculteurs représentent près de 15 % des actifs, Maxime a fait le choix de s’engager, à seulement 19 ans, sur une liste candidate aux élections municipales. Il explique pourquoi.
Vous venez de vous installer et vous vous engagez déjà dans la vie municipale.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de franchir le pas ?
MC : J’avais envie de voir autre chose, de vivre une expérience supplémentaire. Et puis, dans une commune aussi rurale que Saint-Bonnet-près-Bort, je pense qu’il est important de garder des profils agricoles sur les listes.
Les agriculteurs représentent une part importante des actifs ici, il est normal qu’ils soient aussi présents dans les instances locales.
Pourquoi avoir choisi de vous engager en tant que jeune agriculteur ? MC : Parce que le monde agricole doit être représenté. Les décisions prises au niveau communal ont souvent un impact direct sur nos exploitations, nos conditions de travail, notre quotidien. Si on veut que ces réalités soient prises en compte, il faut être autour de la table.
Selon vous, pourquoi est-il essentiel que des agriculteurs siègent dans les conseils municipaux ?
MC : Pour proposer des idées, faire évoluer les choses et surtout faciliter la cohabitation. On peut expliquer nos contraintes : travailler avec la nature, le vivant, la météo, des horaires parfois décalés… Ce sont des réalités qu’on comprend bien quand on les vit.
En quoi votre métier d’agriculteur vous apporte-t-il une vision particulière des enjeux communaux ?
MC : Sur tout ce qui touche à l’entretien et aux travaux extérieurs – chemins ruraux, pistes forestières, fossés, … –, mon expérience en tant qu’agriculteur est un atout. On a aussi une très bonne connaissance du terrain, des parcelles, mais aussi des habitants. Cela permet d’avoir une vision concrète, ancrée dans la réalité.
Quelles valeurs du monde agricole souhaitez-vous porter au sein du conseil municipal ?
MC : La préservation des milieux, bien sûr, mais aussi la cohabitation entre habitants et agriculteurs. Il y a aussi des valeurs fortes de partage et de solidarité. Les agriculteurs sont souvent là quand il faut déneiger, dégager des arbres après des coups de vent, …
On joue un rôle important dans la vie locale.
Pourquoi le maintien d’un tissu rural dynamique est-il essentiel pour l’avenir de la commune ?
MC : Saint-Bonnet-près-Bort est une commune essentiellement agricole et forestière. Ce sont les agriculteurs qui la font vivre.
Il est important de garder des exploitations, des jeunes qui s’installent.
Les agriculteurs participent aussi aux animations locales : comices, repas, événements, … Sans eux, la vie communale s’appauvrit.
Les nuisances sonores ou olfactives liées à l’agriculture sont parfois source de tensions. Quel est votre point de vue ?
MC : Il ne s’agit pas de faire des bâtiments agricoles partout. Il faut respecter les règles. Mais il est aussi important de maintenir un habitat groupé, pour limiter les nuisances. C’est une question de bon sens et d’équilibre.
Comment favoriser une bonne cohabitation entre agriculteurs et habitants ?
MC : Par la communication. Expliquer les contraintes du métier, échanger, prendre le temps de discuter. Quand les gens comprennent, les choses se passent beaucoup mieux.
Quel message souhaitez-vous faire passer aux habitants, anciens comme nouveaux, sur la réalité du métier d’agriculteur ?
MC : C’est un métier en lien permanent avec la nature. Ce n’est pas toujours facile : on ne fait pas ce qu’on veut, quand on veut. On fait au mieux pour que tout se passe bien, pour produire, entretenir les paysages et vivre de notre travail.
Pour conclure, en une phrase, que souhaitez-vous apporter à la commune en tant qu’agriculteur et élu local ?
MC : De l’échange, du partage, de l’animation, … et surtout du lien.
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