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Suspendu aux décisions du 2 juin

Autre secteur en souffrance en raison de la crise sanitaire : l’accueil à la ferme. Les agriculteurs qui pratiquent cette activité de diversification espèrent un allègement des mesures de déplacement des Français après le 2 juin.

L’agritourisme souffre aussi de la crise santaire actuelle.
L’agritourisme souffre aussi de la crise santaire actuelle.
© ADAF43

L’agritourisme a été un secteur particulièrement impacté par la crise sanitaire du COVID-19.
La période de confinement a littéralement empêché le démarrage des activités d’accueil à la ferme en Haute-Loire. “Avant l’entrée en confinement le 17 mars dernier, l’activité n’avait pas vraiment débuté. Tout démarre généralement lors des vacances de Pâques et au moment des ponts du mois de mai. Or, cette période s’est malheureusement déroulée en plein confinement de la population ! ” explique Aurélie Sarda, animatrice du réseau Bienvenue à la ferme Haute-Loire.
Pas de clients
Durant ces deux mois de confinement, les chambres d’hôtes, les gîtes ruraux et les hôtels sans restauration n’ont pas été soumis à l'obligation de fermeture administrative. Toutefois, ces structures d’accueil n’ont pas fonctionné faute de clients !
Quant aux structures d’accueil avec restauration de type ferme-auberge, elle sont restées fermées, comme les activités de loisir à la ferme et les centres équestres, qui n’avaient aucune clientèle.
“La crise sanitaire a induit des pertes  importantes de chiffre d’affaires en avril et mai parmi les acteurs de l’agritourisme. Si certains d’entre eux ont pu percevoir le fonds de solidarité mis en place par l’État (de 1500 €) et l’aide de la Région AURA sur le volet tourisme (de 500 à 5000 €), d’autres n’ont malheureusement pas pu en bénéficier, n’étant pas éligibles”.
Barrière des 100 km et consignes sanitaires
Dès le 11 mai, les conditions de circulation de la population se sont assouplies, mais les exploitants agricoles qui proposent des activités d’accueil à la ferme se sont confrontés à une nouvelle difficulté : la barrière des 100 km.
Les chambres d’hôtes et les gîtes ruraux peuvent recevoir des clients mais dans le respect des consignes de sécurité sanitaire. “Pas plus de 10 personnes dans un hébergement, du gel hydroalcoolique à disposition, le port du masque pour les agriculteurs et les clients en situation d’échanges à l’accueil, la distanciation sociale, la désinfection et l’aération des locaux entre chaque client, telles sont les mesures qui doivent être respectées dans les lieux d’hébergement. Le ménage à faire entre deux clients étant plus important, nous avons demandé aux propriétaires de décaler l’accueil d’une heure...” explique Aurélie Sarda.
Et d’ajouter : “Dans les Chambres d’hôtes, les formules petits déjeuners sont possibles au moyen du room service (plateau déposé devant la chambre). Quant aux tables d’hôtes, il est possible de proposer un repas via le même système (sous la forme d’un plateau) ou bien en extérieur en respectant les distances”.
S’il est encore trop tôt pour appréhender la saison estivale, l’animatrice n’a pas constaté d’annulation massive de la part de la clientèle qui avait réservé dès le début de l’année. “Mais tout reste suspendu aux décisions du gouvernement qui seront dévoilées le 2 juin prochain !” indique-t-elle.
En effet, à cette date, le gouvernement doit présenter les mesures de la seconde phase du déconfinement...
La Haute-Loire, un département vert
Si les Français obtiennent l’autorisation de se déplacer dans tout l’hexagone et ce durant tout l’été, ce sera une très bonne nouvelle pour le secteur du tourisme et de l’agritourisme. “Et l’on espère que la Haute-Loire, département vert, profitera de l’engouement actuel pour les circuits courts et les produits locaux. Certes, la clientèle étrangère habituelle (belge et hollandaise) sera certainement moins présente mais nous espérons récupérer une clientèle française qui partait habituellement à l’étranger ou à la plage”.
Et pour accueillir du mieux possible cette clientèle, l’ADAF 43, la Chambre d’Agriculture et le Comité de promotion des produits agricoles de Haute-Loire innovent cette année en proposant l’opération “Mon été à la ferme”.

Zoom sur…
“J’ai l’espoir que l’accueil à la ferme tourne à plein régime cet été”

“Le confinement est arrivé et subitement, les agriculteurs n’ont plus pu accueillir les pélerins et les touristes de passage. Et c’est vraiment dommage car la période a été très ensoleillée. Mais la situation évolue peu à peu et l’été s’annonce plutôt positif sur le plan touristique. Cet été, l’accueil des touristes sera possible mais à condition de respecter la réglementation du point de vue sanitaire. Or, les adhérents de notre réseau s’y sont préparés activement afin de ne pas passer à côté de la saison estivale” explique la présidente de l’ADAF Haute-Loire, Denise Souvignet.
Pour elle ces deux mois de confinement n’ont pas été complètement négatifs : “on a observé un véritable engouement pour le consommer local et pour une consommation plus logique (près de chez soi) ; alors pourquoi ne pas faire de même dans le secteur de l’agritourisme ! La France est belle ; nos chambres d’hôtes et nos gîtes sont de petites structures bénéficiant d’un cadre fabuleux. Ici, en Haute-Loire, nous avons une carte à jouer dans ce tourisme vert et local. C’est pourquoi, j’ai l’espoir que l’accueil à la ferme tourne à plein régime cet été”.
Même si des aides (de l’Etat et de la Région) ont déjà été octroyées, tous les acteurs du secteur n’ont pu en bénéficier, aussi Denise Souvignet “croise les doigts pour que des reports ou même des annulations de cotisations MSA soient accordés aux agriculteurs qui pratiquent l’accueil à la ferme”.

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