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« Si nous ne reprenons pas le contrôle de nos produits, nous sommes condamnés »

La FDSEA de Lozère a tenu son congrès mardi 25 octobre à l'espace George-Frêche à Mende. Thématique de cette année : soudés et mobilisés pour continuer d'avancer. Comment la lutte syndicale a permis d'obtenir des acquis pour la préservation du monde agricole. Christiane Lambert, première vice-présidente de la FNSEA était l'invitée d'honneur

© Sandra Hartmann

Trop de charges, trop de normes, des prix sans cesse tirés vers le bas, les aléas climatiques, etc. Il y a la crise du lait, celle de la viande, auxquelles sont venues s'ajouter des récoltes aux rendements désastreux. Pour ce dernier aspect, la ferme Lozère est dans une certaine mesure préservée. Mais elle reçoit de plein fouet les mauvaises secousses subies par les filières lait et viande. « J'ai visité des exploitations qui sont restées dix jours sous l'eau, témoigne Christiane Lambert, première vice-présidente de la FNSEA. L'année est catastrophique pour les céréaliers et la conjoncture ne s'est pas améliorée en lait et en viande. » Pour ces deux productions, tout le monde a encore en tête le blocage des sites Bigard ou plus récemment le bras-de-fer avec Lactalis. La FNSEA a fait inscrire dans la loi Sapin II le principe de l'augmentation des prix payés aux producteurs lorsqu'il y a augmentation des charges. « Les organisations de producteurs doivent aussi mieux s'organiser pour pouvoir peser plus lourdement dans les négociations », poursuit la représentante syndicale. Exemple avec la mobilisation contre Lactalis, pour mémoire douze sites ont été bloqués. Face à la pression des syndicats concernés, Francis Armand, médiateur des relations commerciales, les organisations de producteurs et Lactalis se sont mis autour d'une table. Un accord a été trouvé : le prix du lait pour le mois d'août a été de 280 euros la tonne, il doit augmenter de cinq euros tous les mois pour atteindre 300 euros en décembre avec une moyenne annuelle de 275 euros. Cela ne permet pas à tous les producteurs de sortir la tête de l'eau ; « mais économiquement pour la filière laitière, c'est énorme, des milliers d'euros ont été ramenés. Nous finissons sur un crescendo qui fait du bien au moral. » En revanche, quid du mois de janvier ? Car tout le monde s'accorde pour dire que la crise est structurelle. La disparition des quotas laitiers a rendu les producteurs vulnérables face aux fluctuations de prix. L'Europe misait sur une croissance de la demande et c'est en gros l'inverse qui s'est produit : l'embargo russe et un marché chinois quasiment aux abonnés absents ont provoqué l'effondrement de la demande. Aujourd'hui, la Commission européenne est contrainte de payer les éleveurs pour du lait qu'ils ne produiront pas. En juillet, elle a annoncé une enveloppe de 500 millions d'euros pour aider les agriculteurs européens à réduire les volumes.

La suite dans le Réveil Lozère, page 4, édition du 3 novembre 2016, numéro 1382.

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