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Sécuriser sa production fourragère en optant pour des graminées en C4

Fourrages Des cultures fourragères adaptées aux conditions climatiques estivales étaient à l’essai sur le territoire national en 2021 et 2022. Les résultats ont récemment été dévoilés par Arvalis.

Les graminées en C4 ont montré leur capacité à produire malgré des conditions estivales très sèches avec des températures élevées. Ici du sorgho fourrager monocoupe.
Les graminées en C4 ont montré leur capacité à produire malgré des conditions estivales très sèches avec des températures élevées. Ici du sorgho fourrager monocoupe.
© S. Bourgeois

Le changement climatique est à l'œuvre en Auvergne Rhône-Alpes. Les températures s'élèvent de l'ordre de +2,2°C entre les périodes 1962-1991 et 1992-2021 et le nombre de journées chaudes (au-delà de 25°C en moyenne) est passé de + 9 jours à + 24 jours. Ce réchauffement, associé à une diminution des précipitations annuelles, a un impact sur la production annuelle d'herbe qui désormais affiche 2 pics de pousse : en mai et à l'automne ; la repousse d'automne a tendance à devenir plus tardive et à s'allonger dans le temps et les étés se caractérisent par un gros déficit de pousse d'herbe. L'implantation de cultures fourragères estivales pourrait permettre de combler ce déficit de pousse en été. C'était justement l'objet d'essais conduits en 2021-2022 par Arvalis dans le cadre du projet Cap Protéines et dont les résultats ont été restitués lors d'une conférence au Sommet de l'élevage par Carole Gigot, ingénieure fourrages chez Arvalis.

Comportement agronomique à la loupe

Les essais, conduits sans irrigation, visaient à étudier le comportement agronomique des plantes classées en C4 *, réputées moins sensibles au manque d'eau et à la chaleur. Ont été testées des espèces multicoupes (sorghos, millet, moha et teff grass -une graminée originaire d'Éthiopie) et des espèces monocoupes (sorgho et maïs) ainsi que 2 légumineuses tropicales (Lablab et Cowpea). Les semis des cultures fourragères estivales ont été faits lors de la dernière quinzaine de mai (quand température du sol >12°C) en sachant qu'elles peuvent s'implanter derrière des Mélanges Céréales Protéagineux Immatures (MCPI) ou bien après une prairie dégradée que l'on souhaite retourner. En termes de fertilisation, Carole Gigot souligne qu'un apport d'azote est possible au semis, tout en gardant à l'esprit que ces cultures exportent beaucoup d'azote. Ajoutons qu'aucune intervention en produits phytosanitaires n'est nécessaire en raison de leur pouvoir couvrant limitant le développement d'adventices.

En termes de potentiel productif, les sorghos multicoupes semblent tirer leur épingle du jeu avec des rendements dépassant les 9tMS/ha en deux coupes. Les autres espèces multicoupes étudiées semblent un peu moins productives et font en moyenne 7,7 tMS/ha.

Côté valeurs alimentaires, les taux de MAT (matières azotées totales) sont corrects avec des teneurs à 13% MS en moyenne sur le premier cycle et de 10% sur le second cycle. Les millets perlés et le teff grass présentent les meilleurs taux de MAT engendrant une production de MAT à l'ha équivalente aux espèces les plus productives. Quant aux espèces monocoupes, elles se sont montrées plus impactées par la sécheresse de 2022 avec un écart de rendement moyen de l'ordre de 2tMS/ha.. Dans l'analyse en réseau, aucune différence significative n'est constatée entre les espèces en termes de production. Bien que le maïs produise davantage que les autres espèces, le sorgho fourrager monocoupe typé grain ayant une teneur en MAT de 7,56% (soit 1,6% de plus que le maïs fourrage) permet de produire plus de matière azotée à l'ha.

Peu d'intérêt pour l'association de légumineuses

Ce projet démontre que l'association de légumineuses se justifie rarement en termes de contribution au rendement. Les graminées fourragères multicoupes ont quant à elles réussi une fois levées à produire en quantité et qualité malgré des périodes de stress hydrique. Le suivi tout au long du premier cycle des graminées estivales étudiées mène à la même conclusion que les graminées prairiales en termes de qualité fourragère : la MAT décroît et le meilleur compromis qualité-quantité semble se situer avant épiaison. Les niveaux MAT étant moyens, ce type de fourrage pourrait convenir à des animaux à besoins modérés. Dans une stratégie de pâturage de ces espèces, l'intervention autour du stade épis à 10 cm du plateau de tallage peut convenir à des animaux à besoins élevés. Attention à la hauteur des sorghos pour lesquels il est fortement déconseillé de les pâturer en dessous de 60 cm (risque de toxicité).

* Plante dont le cycle de photosynthèse diffère par le mode de fixation du dioxyde de carbone.

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