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Sécheresse : La sécheresse dure et vire au drame sur les exploitations agricoles

Le manque d’eau pénalise toujours durement les exploitations.Pertes de récoltes, recours aux achats de fourrages et des animaux nourris en ration hivernale. Témoignage.

Les vaches ne trouvent plus rien à manger dans les pâtures !
Les vaches ne trouvent plus rien à manger dans les pâtures !
© HLP

Il y a un peu plus d’un mois, sur les terres du Gaec du Fox à St Christophe sur Dolaizon, la FDSEA et les JA alertaient la presse locale sur la sécheresse qui s’installait dans le département.
Nous avons rendu visite à l’un des associés de ce même Gaec afin de faire un nouveau point sur la situation. Au bilan, la sécheresse sévit toujours de plus belle. Depuis le 8 juin, Pascal Valette recense seulement deux averses significatives sur son secteur, celle de mi-juin avec 40 mm d’eau et celle du 17 juillet avec 15 mm. Et cette dernière s’est malheureusement accompagnée d’une chute de grêles qui a occasionné des dégâts sur 8 ha de maïs et 4 ha de Lentille Verte du Puy.

Pertes de récoltes
Avec un printemps très déficitaire en eau et un été qui semble prendre exactement le même chemin, comme beaucoup d’autres exploitations le Gaec du Fox affiche de lourdes pertes en matière de récoltes. Faisons le point avec Pascal Valette : «Pour les céréales, nous avons récolté 35qx/ha contre 55qx en année normale. Les grains sont petits et on note la présence d’échaudage. Bien évidemment notre récolte de paille a été moindre,
3 tonnes au lieu de 5 tonnes. Concernant les prairies, nous avons choisi d’ensiler davantage de surface, 45 ha au lieu de 30 ha habituellement ; ce qui nous a permis de pratiquement remplir nos 2 silos. La perte de récolte en ensilage d’herbe s’élève à 30%, toutefois pour le foin la perte atteint les 50% !».
Quant aux repousses, en deuxième coupe, elles sont pratiquement nulles. «Nous avons recueilli 16 bottes alors que généralement on remplit 1 silo de 200 m3. Cela ne valait même pas le coup de mobiliser le matériel pour ça... Pour le moment, nous n’avons pas eu d’autres repousses» ajoute-t-il. La sécheresse n’a pas épargné les maïs (non irrigués) du Gaec ; ces derniers ont épié et ne sont pas bien hauts mais la principale incertitude concerne la production de grains. «Sans grain, notre maïs ne vaudra rien» redoute l’éleveur.
Le Gaec du Fox produit chaque année de la Lentille Verte du Puy, malheureusement le cru 2015 ne s’annonce pas satisfaisant avec des rendements de 5 qx/ha, toujours à cause de la sécheresse.

Retour au bâtiment des vaches et génisses
Quant à la luzerne, à l’essai depuis quelques années sur l’exploitation, cette plante fourragère, qui n’a donné aucune repousse après la 1ère coupe, paraît finalement assez sensible à la sécheresse.
Les repousses d’herbe étant inexistantes, les éleveurs ont rentré leurs vaches ainsi que la majorité des génisses dans leur bâtiment et les nourrissent avec la ration hivernale depuis début juin en puisant dans leurs stocks fourragers. «Ici, le secteur est généralement assez sec en été, puiser dans les stocks est donc un peu habituel mais cette année, c’est de plus grande ampleur».  Voyant leurs stocks diminuer, les éleveurs ont commandé 250 tonnes de maïs ensilage, tout en sachant que cet achat ne sera sûrement pas suffisant, et 2 semi-remorques de paille.  Des achats qui devraient grever leur trésorerie de 30 000 euros en comptant les achats supplémentaires de maïs.
Cette sécheresse arrive de surcroît en pleine période de crise agricole, au moment où les prix des produits agricoles sont au plus bas et les charges toujours aussi élevées. Les trésoreries se trouvent donc encore plus vulnérables.
Si les associés du Gaec du Fox espèrent éviter au maximum la décapitalisation d’une partie de leur cheptel, ils ont toutefois décidé de ne pas finir leurs vaches de réforme. Ils s’interrogent à présent sur la possibilité d’implanter des cultures dérobées (avoine, colza) en vue d’augmenter les stocks fourragers de l’exploitation.


Véronique Gruber

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