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Sécheresse : « Il faut agir maintenant pour préserver nos exploitations »


Face à la nouvelle vague de chaleur qui frappe la Corrèze et à l'absence de précipitations significatives depuis plusieurs semaines, les inquiétudes grandissent dans les exploitations agricoles. Élevage, cultures, maraîchage, arboriculture : aucun secteur n'est épargné. Les responsables professionnels agricoles appellent à une mobilisation collective et à des réponses rapides des pouvoirs publics.

Vaches buvant à l'abreuvoir
© IStock



Préserver les animaux et les récoltes


Pour Daniel Couderc, président de la Chambre d'agriculture de la Corrèze, la priorité est d'abord de protéger les animaux et les productions

Dans les élevages, chacun doit redoubler de vigilance pour s'assurer que les animaux disposent d'eau en quantité suffisante, d'une alimentation adaptée et de zones d'ombre leur permettant de supporter ces températures exceptionnelles. Les bâtiments, les haies et les espaces boisés jouent un rôle essentiel dans cette période. »


Au-delà de l'élevage, la Chambre d'agriculture est pleinement mobilisée pour accompagner les exploitants confrontés aux conséquences de la sécheresse. «

Nos équipes sont sur le terrain pour suivre l'évolution des cultures et rechercher toutes les solutions techniques possibles afin de préserver les récoltes. Nous sommes particulièrement attentifs aux productions végétales, aux fruits et légumes, qui subissent déjà les effets de ce déficit hydrique. »


Une urgence pour les éleveurs


Pour Emmanuel Lissajoux, président de la FDSEA de la Corrèze, la situation devient particulièrement préoccupante pour les élevages. 

Les premières remontées du terrain montrent déjà des pertes importantes sur les prairies. Nous avons sollicité l'ensemble de nos présidents de canton afin d'établir un état précis de la situation et d'évaluer les pertes de récolte. »

A lire aussi : Aide aux agriculteurs victimes de la sécheresse


Face à cette situation, la FNSEA a obtenu du Gouvernement l'autorisation de faucher et de faire pâturer les jachères. 

Cette dérogation était indispensable et nous nous félicitons qu'elle ait été accordée. Elle permettra aux éleveurs de préserver au maximum leurs stocks de fourrage et de mieux faire face aux conséquences de cette sécheresse. C'est une avancée obtenue grâce à l'action syndicale. Mais nous restons particulièrement vigilants : les prairies continuent de souffrir et, sans retour significatif de la pluie, d'autres mesures devront être envisagées pour accompagner les exploitations. »


À l'occasion du lancement des Rencontres de l'Agriculture, le 24 juin, la FDSEA a d'ailleurs directement interpellé le Préfet sur cette situation et sur la nécessité de prendre rapidement les mesures adaptées à l'urgence du terrain.


Soutenir les jeunes agriculteurs et préparer l'avenir


Du côté des Jeunes Agriculteurs, Rémy Bourdoux souligne les difficultés particulières rencontrées par les exploitants récemment installés. 

Pour de nombreux jeunes qui ont investi ces dernières années, cette canicule intervient dans un contexte déjà tendu. Les charges restent élevées et les marges de manœuvre sont parfois limitées. Notre rôle est d'être à leurs côtés et de trouver des solutions pour éviter que certaines exploitations ne se retrouvent dans des situations critiques. »


Au-delà de la gestion de crise, les JA rappellent la nécessité d'anticiper les épisodes climatiques qui tendent à se multiplier. 

La question du stockage de l'eau ne peut plus être un sujet tabou. Nous devons pouvoir sécuriser l'approvisionnement des exploitations et garantir l'abreuvement des animaux. Il en va de la pérennité de notre agriculture et de notre capacité à produire demain. »


La solidarité agricole plus que jamais nécessaire


Face à cette situation exceptionnelle, les responsables professionnels appellent également à la solidarité entre agriculteurs. 

Dans les semaines à venir, nous aurons besoin de rester unis et vigilants. La solidarité a toujours été une force du monde agricole, que ce soit pour partager des informations, rechercher des solutions ou accompagner les exploitations les plus fragilisées », concluent conjointement Daniel Couderc, Emmanuel Lissajoux et Rémy Bourdoux.


Alors que les prévisions météorologiques restent incertaines, l'ensemble de la profession agricole demeure mobilisé pour faire face à cette nouvelle épreuve climatique et obtenir les moyens nécessaires à la préservation des exploitations corréziennes.

A lire aussi : Forte chaleur et canicule, des périodes à risque desquelles il faut protéger ses salariés
 

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