SDAGE Loire-Bretagne : « Notre volonté, c’est de stocker de l’eau pour tout le monde ! »
Jeudi 2 juillet, les agriculteurs des FRSEA et des Jeunes Agriculteurs du bassin Loire-Bretagne se sont mobilisés à Clermont-Ferrand pour soutenir leurs représentants au sein du comité de bassin et porter des propositions de « bon sens » pour l'écriture du futur SDAGE qui régira la gestion de l'eau pour les 6 ans à venir.
Jeudi 2 juillet, les agriculteurs des FRSEA et des Jeunes Agriculteurs du bassin Loire-Bretagne se sont mobilisés à Clermont-Ferrand pour soutenir leurs représentants au sein du comité de bassin et porter des propositions de « bon sens » pour l'écriture du futur SDAGE qui régira la gestion de l'eau pour les 6 ans à venir.
Qu'est-ce que le SDAGE et pourquoi cette mobilisation ?
Le SDAGE est le Schéma Directeur d'Aménagement et de Gestion de l'Eau. Autrement dit, il fixe les règles de gestion de l'eau à l'échelle du bassin Loire-Bretagne pour six années. Le futur SDAGE, en construction pour la saison 2028-2033 et déjà contesté par la profession le 28 avril dernier a permis de lancer la réécriture du projet.
« L’agriculture a besoin d’eau pour nourrir les citoyens dont nous faisons partie. » — Baptiste Arnaud, agriculteur à Ménétrol (63).
Jeudi 2 juillet, la session plénière du Comité de bassin s'est tenue dans les locaux de l'Hôtel de Région à Clermont-Ferrand pour avancer sur l'écriture de ce nouveau texte. Les agriculteurs des FRSEA et des Jeunes Agriculteurs se sont alors rassemblés avec un objectif : soutenir leurs représentants siégeant au comité et porter des propositions de « bon sens » face à des réglementations jugées trop contraignantes.
« Nous sommes ici aujourd’hui pour faire en sorte que les revendications agricoles soient entendues, votées et écrites par les assemblées qui commandent l’avenir de l’eau dans notre pays. » — Baptiste Arnaud, agriculteur à Ménétrol (63), élu à la Chambre d’agriculture et FNSEA 63.
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Pourquoi la programmation du SDAGE en cours n’est pas efficace ?
Un document de 3 000 pages jugé « trop complexe »
Emmanuel Ferrand, délégué régional AURA en charge des fonds européens agricoles et membre du comité de bassin depuis 2015, est venu à la rencontre des agriculteurs pour réaffirmer sa position face à la complexité du texte actuel et interroger l'efficacité des budgets investis jusqu'alors : «Tout part d’une directive européenne qui fait 72 pages et à l’arrivée, on a un document qui fait plus de 3 000 pages au grès des différentes transpositions françaises. Donc pour gérer le SDAGE en région, en prenant compte de toutes les politiques que cela implique, ça devient très compliqué à gérer. »
Un investissement d'argent public sans efficacité
Nous venons de finir une programmation qui a coûté 3,8 milliards d’euros. Les mesures mises en place devaient normalement améliorer la qualité de l’eau. Nous constatons en fin de programmation, qu’au contraire, la situation s’est dégradée. » — Emmanuel Ferrand, délégué régional AURA.
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Quelles sont les revendications concrètes des agriculteurs pour le futur SDAGE ?
Les professionnels intérogés lors de cette journée, réclament un « bon sens paysan » autour de ces points clés :
- une gestion de l'eau basée sur les débits réels des cours d'eau et non sur des périodes calendaires ;
- la possibilité de stocker l'eau lorsqu'elle est disponible afin d'anticiper les périodes de sécheresse ;
- un SDAGE qui accompagne l'adaptation des exploitations au changement climatique plutôt qu'un document qui organise la décroissance agricole ;
- que les orientations obtenues lors des travaux de réécriture soient pleinement confirmées dans la version finale du SDAGE et déclinées dans les SAGE et les CLE.
Il faut de l’eau en quantité. Un esprit sain et simple comprend facilement qu’il faut stocker l’eau quand elle est en abondance pour l’utiliser quand on vient à en manquer. » — Emmanuel Ferrand, délégué régional AURA
Le stockage de l'eau : une ressource partagée pour tous
Baptiste Arnaud, agriculteur à Ménétrol (63), élu à la Chambre d’agriculture et FNSEA 63 a rappelé que la sécurisation de la ressource en eau doit profiter à l'ensemble de la société. Derrière ce stockage, l'usage de l'eau se veut multiple. Pour l'agriculture oui, mais aussi pour l’eau potable, l’énergie, les loisirs, la pêche et le nautisme.
Une délégation reçue par le Préfet : un premier pas encourageant
À la mi-journée, les représentants agricoles et agriculteurs ont été reçus par Hugues Moutouh, préfet coordonnateur du bassin Loire-Bretagne, accompagné de membres du comité dont la préfète du Puy-de-Dôme, Anne Frackowiak-Jacobs.
Sabine Tholoniat, présidente FNSEA 63 s'est exprimé à la fin de cet échange :
Le nouveau préfet coordinateur du bassin Loire-Bretagne est plutôt pragmatique. Il prône la sécurité et l’agriculture. C’est un discours qu’on n’a jamais entendu jusqu’alors et c’est plutôt bénéfique pour le monde agricole en général. Nos revendications ont été prises en considération et nous espérons que cela ira au bout de ce que nous demandons.
Les revendications des agriculteurs semblent avoir été entendues mais la vigilance reste de mise. Les agriculteurs attendent désormais de voir si leurs revendications seront retranscrites noir sur blanc dans la version finale du futur SDAGE, puis rigoureusement déclinées dans les SAGE et les CLE locaux.
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