«Scandaleux : Zone vulnérable, la consultation publique est secrète !»

Sorti dans l’été, le projet d’extension des zones vulnérables a provoqué une mobilisation forte de l’ensemble de la profession agricole à travers tout le Massif central. Nous avions dénoncé :
- le dénigrement d’une région réputée être le château d’eau de la France et reconnue pour la qualité de ses eaux,
- l’absence de fondements scientifiques des normes, revues selon des critères franco français pour atteindre 40 voire 18 mg/L quand la norme européenne est de 50 mg/L,
- l’absurdité de programmes d’actions qui ne s’appliquent qu’à l’agriculture, sans jamais s’interroger sur l’origine des nitrates,
- l’incohérence économique de mesures inapplicables et susceptibles de détruire toute l’économie d’une région.
Nous avons ensuite fait confiance au Préfet qui avait assuré qu’il nous tiendrait au courant de la suite de la procédure. Nous avons noté que le Premier ministre déclarait vouloir revoir la Directive Nitrates. Nous avons écouté le ministre de l’Agriculture annoncer au Sommet de l’élevage qu’il lancerait une étude pour remettre à plat la justification des normes et du zonage. Sachant qu’une enquête publique se tiendrait en novembre, nous avions prévu d’y faire valoir nos revendications.
Que constatons-nous aujourd’hui ?
L’enquête publique sur le projet d’extension du zonage est organisée en catimini. Alors qu’elle devrait être l’occasion de recevoir les remarques de tout un chacun,
1- l’enquête n’est programmée que sur Internet,
2- elle n’est accessible que depuis le site internet de la DREAL du Centre, sans lien depuis la DREAL Auvergne !
3- aucune communication n’a été faite sur le lancement de l’enquête. Interrogée le 24 octobre, la DDT du Puy-de-Dôme ignorait la date d’ouverture de l’enquête alors que celle-ci était commencée depuis 4 jours !
On pourrait croire à une manipulation destinée à démontrer que ce projet n’intéresse personne et surtout pas les agriculteurs. Nous dénonçons ces pratiques indignes d’un pays démocratique !
Il reste néanmoins quelques jours pour participer à l’enquête. Nous invitons tous les agriculteurs à se rendre sur le site internet : http://www.centre.developpement-durable.gouv.fr/participation-du-public-a1486.html et à y inscrire leurs commentaires sur le projet d’extension de la zone vulnérable.
Réalisée par le plus grand nombre, cette démarche permettra de montrer l’intérêt et la désapprobation de tout le secteur agricole pour ce projet.
Christian Peyronny, président de l'Udsea 63
Sur le même ton, la Chambre d’agriculture s’associe à la position de l’UDSEA du Puy-de-Dôme en déplorant dans un communiqué que cette procédure soit ouverte exclusivement sur internet. « La consultation publique n’a fait l’objet d’aucune communication. Ce qui mène à une consultation bâclée, communiquée tardivement, sans concertation aucune, sans que soient fournis d’éléments concrets informatifs sur les raisons de ce projet de classement » indique le communiqué.