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S´associer avec son voisin, une idée qui fait son chemin

Ils ne sont pas de la même famille mais travaillent sur une même exploitation. Ils ont constitué un Gaec pour mutualiser leurs moyens matériels et de main d´oeuvre.

L´un est installé à Labesserette depuis 1984 ; l´autre à Ladinhac depuis 1990. Pourtant, Michel Raymond et François Bonnet travaillent ensemble au sein d´un même Groupement agricole d´exploitation en commun (Gaec). Une situation encore rare d´associés qui ne sont pas issus de la même famille. Pourtant, chacun y trouve son compte. "A l´époque, outre mes 160 000 litres de lait, avec l´aide de mon épouse Suzanne, j´engraissais du taurillon salers. Et puis, en 1996, c´est le début de la vache folle. Je revends moins cher que je n´achète. C´est le facteur déclenchant qui me pousse à chercher une solution pour pérenniser mon exploitation, qui devra encore affronter la réforme de la Pac", se souvient Michel, qui se sait exclu de certaines aides.

Deux expériences très différentes

"Moi, retrace François, j´ai constitué un Gaec avec mes parents Pierre et Colette lors de mon installation. Nous avions un quota de 300 000 litres et 60 ha de SAU. Mais je savais que mon père allait faire valoir ses droits à la retraite. D´emblée, je pensais accueillir quelqu´un d´extérieur". Il cherche alors un jeune en apprentissage mais sans succès. Un premier projet de Gaec entre tiers échoue. Finalement, il trouve auprès de l´association exactement ce qu´il cherche en la personne de Michel (dont certaines parcelles jouxtent les siennes). En 2000, la fusion de l´EARL Raymond (à Chausy) et du Gaec de Lhermet (sur Ladinhac) donne naissance à une nouvelle structure au reins solides : le Gaec Lhermet-Chausy. Michel et Suzanne Raymond et François et Colette Bonnet en sont les quatre associés. Le quota laitier de la nouvelle structure flirte avec les 500 000 litres, le cheptel compte 65 vaches laitières et la SAU avoisine la centaine d´hectares. "Pour tenir, les structures doivent s´agrandir. Parallèlement, les prix flambent que ce soit pour le fer, le carburant...", constate François en expliquant que les moyens mis en commun sont à ses yeux la seule planche de salut pour s´adapter aux nouvelles donnes de l´agriculture moderne. Création de sociétés, adhésions aux Cuma, formation de Gaec total ou partiel sont autant de pistes à exploiter, pense-t-il.

Qualité de vie

Concrètement, l´expérience de ces deux agriculteurs de Châtaigneraie aura permis de réaliser de lourds investissements : une remise aux normes du bâtiment, l´aménagement d´une salle de traite de deux fois huit postes, l´acquisition d´une mélangeuse distributrice pour la ration des animaux... "Et surtout d´améliorer les conditions de travail", s´empresse d´ajouter François Bonnet. Cet agriculteur passionné de sport veut pouvoir s´adonner à ses passions que sont la moto, le VTT, le ski, le canoë et surtout le delta-plane. Autant de disciplines qu´il partage avec des jeunes de son âge, tous hors milieu agricole. Michel Raymond se souvient sans nostalgie de son étable entravée. Lui aussi profite désormais d´un dimanche sur deux en famille et de quelques semaines de congés annuels. "Quand on ferme la porte de la maison, on laisse derrière tous nos soucis professionnels". L´un sait qu´il peut compter sur l´autre et réciproquement. Et s´il arrive un problème à l´un d´eux ? Le Gaec est membre d´un groupement d´employeurs et tâche de profiter du salarié lorsque François ou Michel manque à l´appel. Et puis, le jour où Colette Bonnet fera valoir ses droits à la retraite, la relève sera assurée. Clément, le fils de Michel Raymond, titulaire d´un BTS-Acse, envisage de s´installer au sein du Gaec Lhermet-Chausy. L´Adasea et les JA du Cantal organisent d´ailleurs une journée de sensibilisation sur l´installation en société et l´accueil d´un nouvel associé le 25 janvier au Rouget (canton de Saint-Mamet).

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