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Sanitaire : Au 15 juillet, 21 foyers de dermatose nodulaire contagieuse ont été recensés

Depuis le 29 juin, date à laquelle le premier foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) est apparue en Savoie, la filière bovine est en alerte. Le directeur régional de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt (Draaf) d'Auvergne-Rhône-Alpes, Bruno Ferreira, fait le point sur la situation.

Bruno Ferreira, directeur régional de l'agriculture Auvergne-Rhône-Alpes.
Bruno Ferreira, directeur régional de l'agriculture Auvergne-Rhône-Alpes.
© Pascal Xicluna

Le 29 juin, un cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a été détecté en Savoie. Où en sommes-nous aujourd'hui ?

Bruno Ferreira : Mardi 15 juillet, 21 foyers de DNC (dermatose nodulaire contagieuse) ont été confirmés. Seize foyers sont localisés en Savoie et cinq en Haute-Savoie. Les nouveaux foyers étant situés plus à l’est, la zone réglementée, mise en place le 29 juin, a été de fait élargie.

Chaque foyer est ceinturé d’une zone de protection, en rose sur la carte (ZP) de 20 km de rayon et d’une zone de surveillance, en vert sur la carte (ZS) de 50 km formant la zone réglementée (ZR).

 

Comment se propage la dermatose nodulaire contagieuse ? Le périmètre risque-t-il de s'élargir ?

Bruno Ferreira : Les périodes d’incubation de cette maladie sont assez longues. Elles sont de 14 jours en moyenne et peuvent aller jusqu’à un mois. Donc le principal facteur de transmission sur une longue distance demeure le transport d’animaux contaminés Dans les unités épidémiologiques, soit les animaux qui sont conduits de la même manière au sein d’un lot, la maladie va se diffuser assez vite parmi les animaux à partir d’un animal infecté. Elle se propage, en effet, via des insectes hématophages (qui se nourrissent du sang d’autres animaux vivants. NDLR) comme des stomoxes ou des taons.

Pour illustrer la contamination, on utilise souvent l’image d’un « aiguille volante ». Il s’agit d’une contamination physique. Le sang contaminé est conservé sur les pièces buccales de l’insecte qui en piquant un autre animal va disséminer le virus. En revanche, il est important de rappeler que la maladie ne touche que les bovins, buffles et zébus et aucune autre espèce animale. Elle n’est pas véhiculée non plus par les autres espèces.

La demartose nodulaire contagieuse n’est pas transmissible à l’Homme, que ce soit par la piqûre des insectes ou la consommation des produits issus de l’élevage.

Quelles sont les mesures en vigueur aujourd’hui pour endiguer la dermatose nodulaire contagieuse ?

Bruno Ferreira : Aucun animal ne doit bouger de la zone réglementée pour éviter les croisements d’animaux. Il est primordial de figer la situation pour éviter que les mouvements n’amplifient la diffusion de la maladie.

Lire aussi Tout ce qu'il faut savoir sur la dermatose nodulaire contagieuse

Les règles de mouvement d'animaux en vigueur au 15 juillet.

Un vaccin contre la dermatose nodulaire contagieuse sera-t-il disponible rapidement ?

Bruno Ferreira: « La DGAL (Direction générale de l'alimentation) travaille à une stratégie de vaccination d'urgence. Nous réfléchissons donc à mettre en place ce qui va être le plus efficace le plus rapidement possible pour juguler la maladie et éviter son expansion. Un volume de vaccins a d’ores et déjà été réservé dans le stock de vaccins d’ores et déjà déjà disponible au niveau mondial. Ils devraient arriver en France très prochainement. Quelques calages sont encore à faire, mais c’est en bonne voie. Nous pouvons saluer la réactivité importante de l’Europe sur ce sujet.

En revanche, nous le savons déjà, les stocks ne suffiront pas à vacciner la France entière d’où l’enjeu de maintenir les contaminations dans la zone existante.

Il faut savoir, par ailleurs, que le vaccin, qui est aujourd’hui produit en Afrique du Sud est un vaccin vivant atténué nécessitant des techniques de production particulière et ayant une durée de vie assez courte et qu’aujourd’hui, il est interdit en France. Une procédure très très accélérée d’autorisation est en cours. Tout se fait heureusement de manière très rapide.

Une fois les vaccins rapatriés en France, comment les choses vont-elles concrètement se passer ?

Bruno Ferreira : L’expérience faite dans les Balkans en 2018 a prouvé l’efficacité de la vaccination pour éradiquer la maladie. Il faut savoir que l’immunité est partielle au bout de dix jours après l’injection et totale au bout de seulement vingt-et-un jours.

Une seule injection suffit pour assurer l’immunité pour toute une année. 

Cela étant dit, se pose la question des bras pour réaliser cette vaccination. Les vétérinaires sont déjà bien sollicités par la surveillance des troupeaux. Il sera donc sans doute fait appel aux étudiants vétérinaires, vétérinaires retraités… Les doses seront gratuites pour les éleveurs.

La vaccination contre la dermatose nodulaire contagieuse devrait débuter rapidement

La ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Annie Genevard, a tenu le 16 juillet une réunion extraordinaire du comité national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale (CNOPSAV), le « Parlement du sanitaire » qui réunit les professions agricoles, vétérinaires et les scientifiques spécialisés de cette maladie. Trois grandes décisions ont été prises :

  • Le dépeuplement par abattage total des foyers (unités épidémiologiques) infectés pour éteindre les sources du virus, en conformité avec les obligations européennes ;
  • La mise en place de périmètres réglementés, où s’appliquent des mesures de protection et de surveillance renforcés notamment la limitation des mouvements ;
  • Une campagne de vaccination obligatoire dans ces zones réglementées. Elle devrait démarrer dans le courant de la semaine 30

Quand est-il nécessaire d’appeler son vétérinaire ?

Bruno Ferreira : Dès qu’il y a le moindre doute ! Cette maladie est encore méconnue par la plupart des acteurs professionnels, il ne faut donc pas hésiter à faire appel à son vétérinaire à la moindre suspicion. Mieux vaut réaliser une analyse pour rien que de passer à côté d’un foyer.

Aujourd’hui, seul le Cirad à Montpellier est habilité à réaliser les analyses de la DNC. Est-il capable d’absorber seul un nombre certainement croissant d’analyses ?

B. F. : Il est indispensable de multiplier les capacités d’analyse à l’échelle du territoire français. Dans cet objectif, des habilitations sont en cours sur des laboratoires à proximité de la zone réglementée pour qu’ils soient mobilisables. En revanche, il est important de noter l’efficacité du Cirad. À peine plus de vingt-quatre heures s’écoulent entre le prélèvement de l’échantillon, son transport vers Montpellier, son analyse et la révélation du résultat ».

Qu’en est-il de l’indemnisation pour les éleveurs ?

B. F. : Il n’existe pas encore de procédure spécifique à cette maladie. Toutefois, la procédure pour une indemnisation de l’élevage est enclenchée du moment où les animaux sont abattus sur ordre de l’administration dans le cadre de l’opération de lutte contre les maladies animales. Il s’agit de la même procédure que celle applicable pour la tuberculose par exemple. Nous allons essayer de mettre en place un traitement un peu centralisé pour accélérer le traitement administratif de l'ensemble de ces situations.

La Draaf a mis en place une newsletter hebdomadaire, diffusé tous les jeudis soir, dressant un point de situation sur la DNC. Elle est consultable ici.  

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