Sangliers en Corrèze : les agriculteurs s’organisent pour limiter les dégâts
La profession agricole avait convié, jeudi 22 janvier, les services de l’État à se rendre sur des parcelles du canton de Neuvic fortement touchées par les dégâts de sangliers. Cette rencontre avait pour objectif de trouver des solutions face à l’augmentation préoccupante des destructions de cultures. Des agriculteurs du secteur étaient présents, aux côtés du président de la FDSEA, Emmanuel Lissajoux, du directeur de la DDT de la Corrèze, Chris Van Vaerenbergh, ainsi que d’André Domingo, louvetier.
La profession agricole avait convié, jeudi 22 janvier, les services de l’État à se rendre sur des parcelles du canton de Neuvic fortement touchées par les dégâts de sangliers. Cette rencontre avait pour objectif de trouver des solutions face à l’augmentation préoccupante des destructions de cultures. Des agriculteurs du secteur étaient présents, aux côtés du président de la FDSEA, Emmanuel Lissajoux, du directeur de la DDT de la Corrèze, Chris Van Vaerenbergh, ainsi que d’André Domingo, louvetier.
L’objectif de cette visite de terrain était double : constater l’ampleur des dégâts et engager rapidement des actions concrètes afin de limiter l’impact des sangliers sur les cultures.
Un fléau croissant pour les agriculteurs
Sur certains secteurs corréziens, les sangliers sont devenus un véritable fléau pour les agriculteurs. Chaque année en France, ces animaux causent des dégâts chiffrés en dizaines de millions d’euros, et le département n’y échappe pas. De plus en plus visibles, de jour comme de nuit, les sangliers voient leur population augmenter régulièrement, tandis qu’à l’inverse, le nombre de chasseurs tend à diminuer. Les culturessont particulièrement touchées, tout comme les prairies, entraînant des pertes financières importantes pour les exploitations.
À cela s’ajoutent des coûts de remise en état des parcelles – broyage, réparation des sols, remise en culture – qui ne sont pas toujours pris en compte dans les indemnisations, comme l’explique le président de la FDSEA :
Les agriculteurs sont contraints de broyer des hectares de maïs couchés par les sangliers afin de pouvoir remettre les terrains en culture. Les cannes de maïs étant trop épaisses pour permettre le labour, le broyage est indispensable avant toute intervention. Or, le coût de ce broyage n’est, à ce jour, jamais remboursé. »
Des solutions innovantes pour compléter les méthodes traditionnelles
Malgré les dispositifs déjà en place – chasse, battues administratives, tirs de nuit – ceux-ci s’avèrent insuffisants. Dans ce contexte, le piégeage encadréémerge comme une solution complémentaire prometteuse.
« Les sangliers sont des animaux intelligents : ils évitent les zones de chasse, mais continuent de ravager les cultures. Le piégeage permet de les surprendre », explique André Domingo, louvetier.
Emmanuel Lissajoux ajoute :
Dans notre département, les louvetiers sont déjà très mobilisés sur la gestion du loup et n’ont pas toujours le temps de se consacrer aux sangliers. Le piégeage permet d’apporter une réponse supplémentaire pour réguler la population de sangliers, tout en libérant du temps aux louvetiers pour intervenir sur le loup. »
Localement, les conséquences économiques de la surpopulation de suidés sont particulièrement lourdes, avec des pertes pouvant dépasser 10 000 euros par an pour certaines exploitations. Au-delà de l’impact financier, cette situation est également très éprouvante sur le plan moral pour les agriculteurs. Comme le souligne le président de la FDSEA :
Imaginez un exploitant qui vient tout juste de mettre en place une culture ou d’implanter une prairie et qui découvre, dès le lendemain, que tout son travail a été ravagé par les sangliers. C’est extrêmement difficile à vivre. »
Un espoir pour les agriculteurs corréziens
Cet arrêté autorisant le piégeage du sanglier constitue une véritable lueur d’espoir pour les agriculteurs de Corrèze.
Si l’on parvient à réduire les dégâts de 30 % sur le canton, ce sera déjà une énorme avancée », confie Mathieu, agriculteur.
Pour que cette initiative porte pleinement ses fruits, elle devra s’inscrire dans une mobilisation collective. Au-delà du cadre réglementaire local, l’ensemble des acteurs – institutions, chasseurs et agriculteurs – devront travailler de concert afin de mettre en œuvre des solutions complémentaires et durables face aux dégâts causés par les sangliers.