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Sale temps pour les usagers des bulletins téléphonés

Hausse sensible des tarifs des services kiosqués au 1er septembre.

Les ingénieurs et techniciens prévisionnistes de FO dénoncent une hausse “scandaleuse”.
Les ingénieurs et techniciens prévisionnistes de FO dénoncent une hausse “scandaleuse”.
© P.O.

La nouvelle est passée relativement inaperçue cet été : pourtant, à partir du 1er septembre, les tarifs des services dits "kiosqués" de Météo-France vont subir une sérieuse inflation. Ainsi, pour consulter ces services téléphoniques de diffusion des prévisions météorologiques (les "3250" ou "0 892 68 02 15" pour le Cantal), les particuliers devront s'acquitter de 1,35 e au décroché plus 0,34 e la minute, contre 0,34 e/mn actuellement. Une augmentation de tarif que Météo-France, par la voix de Michèle Champagne, responsable de la direction interrégionale Centre-Est de Météo-France (dont dépend le centre cantalien), justifie par le fait que ces prix n'ont pas évolué depuis 16 ans, "tandis qu'au fil des ans, il y a eu des enrichissements des bulletins météo proposés, argumente M. Champagne. On a augmenté la qualité du service, sachant qu'il ne s'agit pas de prévisions automatisées mais bien d'un service à forte valeur ajoutée du fait de prévisions réalisées par des prévisionnistes qui enregistrent eux-mêmes leurs bulletins".

Alignement concurrentiel

Et la directrice de préciser que ce "palier" tarifaire va d'ailleurs s'accompagner de nouvelles évolutions : prévisions à neuf jours, meilleure ergonomie pour arriver plus vite au bulletin souhaité... Autre motivation majeure avancée par Météo-France : la nécessité de s'aligner sur les tarifs pratiqués sur le marché pour des services kiosqués "qui font désormais partie du domaine concurrentiel". Une plaidoirie que conteste point par point le syndicat SNITM-FO qui dénonçait il y a quelques semaines "une augmentation totalement scandaleuse pour les usagers d'un service proposé par un établissement ayant pour mission principale un service public, donc a priori accessible à tout le monde". Le Syndicat national des ingénieurs et techniciens de la météorologie - Force ouvrière a ainsi chiffré que dans l'hypothèse "très réaliste" d'un appel de deux minutes, "cela conduit à une évolution du coût de l'appel de 0,68 e à 2,03 e..., soit une augmentation de 198 % !" Une super-inflation d'autant moins acceptable pour le syndicat que depuis 1994 "la part reversée par l'opérateur téléphonique à Météo-France n'a cessé d'augmenter car le coût des télécommunications a fortement diminué". Quant aux contraintes concurrentielles avancées par l'établissement, elles ne tiennent pas la route pour FO qui considère que ces services viennent encore de démontrer leur pertinence et utilité "pour tous les citoyens en apportant un maximum de précisions locales dans les situations météorologiques dangereuses et même dramatiques comme la tempête Xynthia". Enfin, les ingénieurs et techniciens syndiqués ne croient guère à l'hypothèse d'une perte d'audience moyenne limitée à 30 % et pronostiquent plutôt un recul de 70 % tout en s'interrogeant sur la volonté réelle de Météo-France de conserver ce dispositif téléphonique.

 


Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.
Droits de reproduction et de diffusion réservés.

 

 

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