Saint-Pourçain : l'Union des Vignerons a un nouveau président
Depuis le 5 février 2026, Christophe Chatet préside l’Union des Vignerons de Saint-Pourçain. Il entend assurer la transmission entre générations au sein de la coopérative viticole du territoire bourbonnais.
Depuis le 5 février 2026, Christophe Chatet préside l’Union des Vignerons de Saint-Pourçain. Il entend assurer la transmission entre générations au sein de la coopérative viticole du territoire bourbonnais.
Christophe Chatet, vous êtes président de l’Union des Vignerons de Saint-Pourçain, mais en dehors de cette fonction ?
Christophe Chatet : Je suis avant tout agriculteur et viticulteur, installé depuis 2012 avec mon père et mon oncle à Fourilles, sur une exploitation diversifiée : céréales, vaches charolaises et vigne.
Vous avez également exercé des responsabilités à la Chambre d’agriculture de l’Allier. Quel était votre rôle ?
C.C. : Élu en 2019, je suivais les dossiers environnement et le service de remplacement.
J’ai aussi présidé cette structure aux niveaux départemental et régional, été trésorier national, secrétaire général de Symbiose Allier et engagé chez les Jeunes Agriculteurs du canton au national.
Comment êtes-vous devenu président de l’Union des Vignerons de Saint-Pourçain ?
C.C. : Je suis entré au conseil d’administration en 2022 comme administrateur stagiaire.
Après la démission de Thierry Jaloux, j’ai été élu président le 5 février.
Qu’est-ce qui vous a motivé à accepter cette responsabilité ?
C.C. : L’esprit de la cave. Comme je dis souvent, nous sommes une « copains-rative » : travail collectif et convivialité.
On discute, on échange, on fête les réussites, c’est une ambiance unique.
J’entretiendrai cet esprit tout en assurant la transition entre une génération en fin de carrière et une nouvelle génération qui s’installe.
D’ailleurs, nous inviterons trois jeunes en cours d’installation à participer au conseil d’administration pour les former progressivement aux responsabilités.
Comment fonctionne la coopérative ?
C.C. : Une trentaine d’associés coopérateurs apportent leur raisin.
La vinification est assurée par un œnologue et une équipe salariée, la commercialisation par le directeur, Pierre-Étienne Seguin.
Nous participons au suivi des cuvées et à la promotion, à travers les Compagnons de la Ficelle et lors d’évènements comme le Salon de l’Agriculture.
Quels sont les avantages à rejoindre une coopérative ?
C.C. : Le principe fondamental est la mutualisation des moyens.
On partage les outils de vinification, les compétences techniques et la force commerciale.
Cela permet de produire des cuvées qualitatives.
À la coopérative, nous déléguons une partie du travail tout en gardant un regard attentif.
Cela nous permet aussi de conserver d’autres productions sur nos exploitations, comme l’élevage ou les grandes cultures.
Que diriez-vous à un jeune qui souhaite s’installer ?
C.C. : La vigne peut très bien se combiner avec d’autres activités agricoles.
Les périodes de travail en grandes cultures et en viticulture sont complémentaires.
Intégrer une coopérative, c’est bénéficier d’un collectif, d’une sécurité et d’un accompagnement technique.
Le vignoble de Saint-Pourçain remonte à l’époque romaine. Et la coopérative ?
C.C. : La vigne s’est développée au Moyen Âge avec les abbayes bénédictines.
Sous François Ier et Charles III de Bourbon, les vins de Saint-Pourçain ont été reconnus comme vins royaux.
À la fin du XVIIIe siècle, le vignoble atteignait 8 000 hectares.
Puis la concurrence des vins du sud, facilitée par le chemin de fer, et surtout la crise du phylloxéra au XIXe siècle, ont entraîné la perte de 90 % des surfaces en quelques années.
La cave coopérative a été créée en 1952, et a permis d'avoir une qualité plus régulière et un professionnalisme dans la vinification.
En 1982, le principe de l’apport total a été instauré : soit on vinifie tout chez soi, soit on apporte tout à la coopérative.
Comment se porte aujourd’hui le vignoble dans l’Allier ?
C.C. : Le vignoble a certes des bons débouchés et une très bonne presse aujourd’hui, mais les aléas climatiques entraînent des récoltes aléatoires en termes de quantité.
Quels sont vos objectifs pour les années à venir ?
C.C. : Continuer à valoriser notre vin, améliorer encore les cuvées et renforcer le suivi technique, accompagner les jeunes planteurs potentiels et transmettre ce message : le vin n’est pas seulement un produit, c’est un moment de partage et de convivialité.
Nous avons la chance d’avoir un vignoble de qualité, associé à une gastronomie riche : andouillette, bœuf charolais, etc.
Nos premiers ambassadeurs, les Bourbonnais, peuvent être fiers de ce que l’on produit.
Y a-t-il des rendez-vous à venir ?
C.C. : Oui, deux afterworks, un en juin, juste avant la fête de la musique, probablement avec un groupe, et l'autre en août sur le thème « Paella Rock ».
Et la 40e édition de la Ficelle, le 5 décembre, avec une cérémonie traditionnelle et plusieurs événements marquants.
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