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S’adapter à la sécheresse

La sécheresse qui touche le département depuis plusieurs mois a engendré une distribution de fourrage plus ou moins précoce selon les secteurs. Comment s’adapter au mieux à cette situation ? Quelles solutions pour limiter la distribution de fourrage aujourd’hui et demain ?

© CA03

Stratégies à mettre en œuvre aujourd’hui

Le premier levier sur lequel on peut jouer est le sevrage. Si les veaux, mâles ou femelles, sont assez âgés (5 mois) et assez lourds, il est possible d’avancer le sevrage. Ainsi la complémentation des mères pourra se faire de manière moins importante, et avec des fourrages moins riches. Loin du terme, leurs besoins sont moins élevés.

Attention à la transition alimentaire des veaux. S’ils nécessitent une complémentation, elle doit débuter au moins une semaine avant sevrage pour ne pas les pénaliser.

La distribution de paille avec complément liquide éventuellement (mélasse ou aliment protéique) peut être envisagée pour les vaches à plus de deux mois du vêlage, ou pour des génisses de deux ans. Les besoins de ces catégories ne sont pas les plus élevés. Une perte d’état peut être acceptée dans la mesure du raisonnable pour des animaux à deux ou trois mois du terme. Au-delà, elle n’est plus envisageable.

Les vaches proches du vêlage (où déjà en lactation) doivent donc recevoir vos meilleurs fourrages. Une complémentation peut être envisagée si nécessaire.

Faire un inventaire précis des besoins en les confrontant aux stocks disponibles permettra de prendre la décision la plus adaptée pour utiliser au mieux chaque fourrage.

Besoins de mon troupeau : les besoins varient en fonction du format du cheptel, des catégories, des âges, des niveaux de croissance souhaités, du stade physiologique (gestation, début d’allaitement, reproduction…) et de l’état à l’entrée. En fonction des dates de vêlage, il faut de 1,6 à 2,4 T de MS/UGB pour l’hiver.

Quoi faire si vous êtes « dans le rouge » au niveau des stocks ?

Organiser la distribution de fourrage de l’hiver, et l’ajuster au mieux aux différentes catégories. Les animaux ayant les besoins les plus élevés se verront attribuer les meilleurs fourrages : ne pas pénaliser les vaches en toute fin de gestation et début de lactation, sous peine de problèmes sanitaires ou de reproduction. Les génisses les plus jeunes ayant des besoins de croissance élevés, mais une faible capacité d’ingestion devront, elles aussi, avoir droit aux meilleurs fourrages. En revanche, les génisses de deux ans et les vaches loin du terme pourront avoir des fourrages moins riches.

S’il faut distribuer de la paille en substitution à un fourrage, là encore privilégier les catégories aux besoins les plus faibles et complémenter en conséquence car la paille n’a qu’une très faible valeur alimentaire. Pour une vache en gestation, avec une distribution de 4,5 kg de paille et

5 kg de foin, il faudra compter 1,6 kg de céréales et 0,5 kg de tourteau de colza (rations pour les différentes catégories dans une prochaine édition).

D’autres pailles comme la paille de pois peuvent également être incorporées dans les rations. Il est aussi possible de récolter les cannes de maïs en ensilage ou enrubannage (0,6 UFL/kg MS, 6 % MAT, 1,27 UEB). La valeur marchande de ce produit est un équilibre à trouver entre la valeur fertilisante pour le sol, liée à l’exportation, et la valeur alimentaire (proche d’un foin) pour les rations.

Concernant la qualité des fourrages à disposition, l’ajout de céréales pour pallier le manque de grains dans les ensilages de maïs peut être une solution. Il est également envisageable de se procurer des pommes de terre (1,2 UFL/kg MS, 11 % MAT) de la pulpe de betteraves surpressée (1,01 UFL/kg MS , 8 % MAT), du maïs épi (1.1 UFL/kg MS, 10 % MAT , 1,05 UEB).

Enfin, il est possible de ne pas combler totalement la capacité d’ingestion de vos animaux

(70 % minimum) mais d’ajuster les rations pour que les apports en énergie et en azote couvrent leurs besoins. Un fractionnement des apports de fourrages fibreux et des concentrés permettra des économies tout en préservant l’équilibre du rumen.

Pour tout renseignement, contactez le service élevage de la Chambre d’Agriculture au 04 70 48 42 42.

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