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«Rien à espérer de Coopal pour les producteurs»

Thierry Chirol, Administrateur FDPL et livreur à la Coopal

Les producteurs avaient manifesté les 9 et 10 novembre devant leur laiterie. Pouvez-vous nous rappeler en quelques mots quelle est la situation des producteurs aujourd’hui ?

Malheureusement, la situation ne s’est pas améliorée…

Le prix du lait payé aux producteurs de Coopal sur l’année 2017 (307€/1000L) est très inférieur à celui payé aux producteurs des autres laiteries. Savencia avec qui Coopal a un accord sur la valorisation de la crème de ses producteurs a payé le lait 321€ ! Les écarts vont de 6 à 15€ pour des producteurs installés sur un même territoire. C’est une distorsion terrible ! Le manque à gagner est important pour les exploitations et c’est un signal très négatif pour les producteurs. Que les prix soient bas quand la conjoncture est mauvaise, ce n’est pas facile à vivre mais que les prix ne remontent pas quand la conjoncture s’améliore, c’est incompréhensible et ça nous interroge sur l’avenir de nos exploitations !

C’est pour dénoncer cette situation que nous nous sommes mobilisés en novembre dernier. Conscients que la Coopal a peu de marge de manœuvre par rapport à l’entreprise mère qu’est TerraLacta, nous avions levé le blocage de la laiterie après avoir obtenu un rendez-vous avec le Président de TerraLacta, mais…

 

Vous aviez donc rendez-vous le 7 décembre dernier avec Alain Lebret, président de Terra Lacta. Qu’est-il ressorti de cette rencontre ?

Nous avons effectivement rencontré le Président de TerraLacta. L’objectif était pour nous d’obtenir un retour sur le prix du lait, comme le Président de Coopal nous l’avait laissé entendre en novembre. L’attente était d’autant plus forte que le marché laitier connaît actuellement une amélioration. Mais le moins qu’on puisse dire c’est que nous n’avons pas trouvé d’accord.

Il nous a expliqué que sur les 4 dernières années, le lait avait été payé plus cher aux producteurs de Coopal qu’à ceux de TerraLacta et qu’à ce titre, il n’était pas concevable de nous apporter un complément de prix sur la fin de l’année 2017.

Par ailleurs, nous sommes dubitatifs sur la stratégie de l’entreprise quant à la valorisation du lait (spécialisation en lait UHT sur le marché intérieur et international). Mais les producteurs, qui ne sont pas écoutés par les responsables de la coopérative, sont totalement dépossédés de toute influence sur cette stratégie.

Si nous avions déploré la nature des relations avec les responsables de Coopal en novembre, cela ne s’est pas arrangé. Il n’y a aucune écoute ni entente possible entre les responsables de la coopérative et les adhérents.

 

Quelles perspectives restent-ils aux producteurs dans ces conditions ?

La plupart des producteurs se demandent désormais comment sortir de la laiterie. Si sur le papier il paraît normal qu’un producteur puisse changer de laiterie, il en va différemment dans la pratique.

Une grande partie des producteurs sont situé en zone AOP et pourraient prétendre à une meilleure valorisation grâce aux dernières avancées sur la valorisation du lait AOP. Mais la laiterie ne produisant pas de fromage AOP, les producteurs n’en bénéficient pas. Ne serions-nous pas en droit de demander d’intégrer une entreprise qui produise de l’AOP si nous en respectons le cahier des charges ?

En attendant, le nombre de producteurs Coopal diminuent : certains changent de production, d’autres se convertissent en Bio et deviennent ainsi adhérent Sodiaal comme un accord entre les laiteries le permet.

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