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Revenus et installations deux notions intimement liées

Coeur de l'action des jeunes agriculteurs, l'installation a été au centre des débats de l'assemblée générale de JA Nouvelle-Aquitaine le 14 avril. Son lien avec les revenus a été largement évoqué dans un débat.

© P. Dumont

« Sans revenus, pas de nouveaux venus », était le titre de la table ronde qui a réuni Samuel Vandaele, président de JA national, Sébastien Petitjean, directeur adjoint de la FNSEA Nouvelle-Aquitaine, Christophe Godet, président de Ter'élevage et Alain Coudin, président du Centre technique régional des consommateurs à l'issue de l'assemblée générale de JA Nouvelle-Aquitaine. Avec une question qui sous-tendait le débat : comment défendre le revenu et les installations de demain ? Premier constat, l'installation est à la peine et les nouveaux installés ont des attentes très différentes. « La nouvelle génération d'agriculteurs est une génération d'entrepreneurs, explique Samuel Vandaele. Elle doit s'adapter aux nouvelles demandes de la société et elle veut aussi un environnement social épanouissant. Il faut également mettre l'accent sur la transmission, un sujet que l'on n'a pas assez vu venir et qui nécessite un accompagnement humain et financier ». Si la passion reste au coeur du métier d'agriculteur, elle n'est toutefois pas suffisante pour faire carrière. « Pour durer, il faut un revenu, rappelle Sébastien Petitjean. Les Egalim 2, c'est la possibilité d'avoir de la visibilité à plus long terme ». Pour Samuel Vandaele, président de JA national, le prix est en effet un élément central pour installer des jeunes demain avec des contrats précisant volume, qualité et durée. Officiellement applicable depuis janvier, la loi destinée à protéger le revenu des agriculteurs en permettant une meilleure répartition de la valeur tout au long de la chaîne, notamment par la construction du prix en marche avant, se met en place progressivement. « Ce n'est pas tout à fait vrai de dire que les Egalim 1 n'ont pas fonctionné car tous les outils étaient déjà présents mais sans obligation de contractualiser, reprend Sébastien Petitjean. Avec cette nouvelle loi, des sanctions sont prévues pour les opérateurs qui ne veulent pas s'engager ». Concrètement, si tous les opérateurs ne voient pas les Egalim d'un bon oeil, les travaux avancent pourtant, comme le confirme Christophe Godet. « Dans notre coopérative, 30 % des animaux étaient déjà sous contrat et nous progressons. D'autres coop ont moins d'avance, c'est vrai, explique-t-il, mais certains éleveurs rechignent également. Nous avons aujourd'hui l'occasion de renverser la vapeur et de mieux redistribuer la valeur ajoutée, je suis confiant ». À l'autre bout de la chaîne, les consommateurs sont prêts aussi à jouer le jeu selon leur représentant. « Si la qualité est au rendez-vous, le consommateur est prêt à payer un peu plus cher et il l'a prouvé, précise Alain Coudin. Mais il veut plus de traçabilité car il a été trompé et se méfie désormais. Il a besoin d'être rassuré et pour cela, il a besoin de plus d'information et de contact plus direct avec l'agriculteur ». La communication est donc aussi un enjeu de taille pour l'agriculture et les intervenants présents sont conscients de n'avoir pas toujours accordé de l'importance à cet aspect. « Nous n'avons pas toujours su dire comment notre métier a évolué et notre image est aujourd'hui caricaturale, admet Samuel Vandaele. Il nous faut communiquer autour de nous, inviter les consommateurs chez nous, les rencontrer dans les comices ou d'autres manifestations ». D'autres éléments prévus par la loi ou pas encore peuvent aussi être utile pour interpeller le consommateur : obligation d'étiquetage, Rémunérascore, ... À la base toutefois, selon Sébastien Petitjean, il faut tenir un discours de vérité sur le coût de l'alimentation. Tout l'objectif des EGAlim dont le mot d'ordre est plus de transparence.

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