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Eleveurs livrant à Dischamp
"Revaloriser le prix du lait"

Le syndicat des producteurs de lait de la Châtaigneraie livrant à la société Dischamp (63) a tenu son assemblée générale à Maurs. En constatant que le prix des produits de grande consommation augmente tandis que le prix du lait fléchit, le syndicat a demandé des comptes
à l´entreprise de transformation.

Douze mois plus tard, le sujet est toujours d´actualité. Mercredi, le prix du lait a été une nouvelle fois au coeur des conversations de l´assemblée générale des producteurs de lait livrant à la société Dischamp. "Que pouvez-vous faire pour nous, Monsieur Dischamp ?", a demandé Jean-Philippe Redon, secrétaire général du syndicat en se tournant vers le chef d´entreprise. Le métier subit une crise profonde, argumente le syndicat de producteurs. Il rappelle "la marginalisation de la profession" par rapport au phénomène de réduction du temps de travail, de la qualité de vie… "La baisse du prix du lait aggrave la situation et ne nous donne aucune perspective pour l´avenir", déplore M. Redon. Ne voyant rien de positif arriver, certains adhérents sont allés jusqu´à se demander pourquoi continuer à régler une cotisation au syndicat.Qui s´en met "plein les poches" ?A ceux-là, le secrétaire général réaffirme : "Le conseil d´administration n´accepte plus que les producteurs de lait de la Châtaigneraie soient de simples exécutants, bons à traire matin et soir, sans pouvoir discuter, proposer"… Et Jean-Philippe Redon rappelle à Jean-Luc Dischamp les propositions formulées pour diminuer les coûts afin de revaloriser la matière première : accords de collecte, traitement du lait dans la région. D´autant qu´il est souligné que les prix des produits de grande consommation sont plutôt en hausse. "Sous-entendu les entreprises de transformation s´en mettent plein les poches", lance Jean-Luc Dischamp agacé. "Or, les résultats des entreprises pour 2002 sont catastrophiques",?poursuit-il. "Quand le marché va bien, on paie bien le lait et on va bien aussi. Et si le marché va mal, c´est que la commission a pour volonté de ne gérer que des prix plancher. C´est cependant une erreur de penser qu´on va compenser les baisses induites par la politique européenne grâce aux AOC et autres lait-montagne", décoche le PDG, mettant à mal un des principaux arguments des producteurs. "On n´arrivera pas à gommer les baisses avec un rempart sanitaire par rapport à toutes les autres régions d´Europe".La faute à… la grande distribution"Alors à qui profite la baisse ?", se demande le président Pierre Merle en recentrant le débat. Pour seule réponse, la grande distribution est montrée du doigt, tant par le patron de l´entreprise Dischamp que par la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), représentée?par M. Salmon, responsable du service économique et syndical. Le premier tient à faire remarquer que seules les multinationales peuvent tenir tête à la puissance des grandes enseignes (leurs produits sont tellement incontournables que la grande distribution ne peut les ignorer dans leurs linéaires). Le second affirme que la plupart des centrales d´achat n´acceptent une hausse du fournisseur que si elle est compensée par les fameuses "marges arrières". Le déséquilibre des rapports de force est tel qu´il fait du dernier maillon de la filière le plus puissant. "Le meilleur moyen pour peser est de rester unis, y compris avec le consommateur", propose M. Salmon. M. Dischamp convient que "se disputer entre producteurs et entreprises n´est pas à la hauteur du problème auquel on doit faire face". Et d´ajouter : "On est tous dans la même barque". Une expression reprise par le vice-président du Conseil général. François Vermande exhorte les uns et les autres "à ne pas exacerber les tensions". En fin de réunion, la tension semblait justement un peu retombée. Toutefois, le président Merle lançait un appel "aux plus hautes instances du département" pour que soit créée une cellule de crise et que toute la filière cherche une solution pour stopper "la spirale infernale".Pour plus d´informations, consultez L´Union agricole et rurale du 19 avril 2003.

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