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Retour à la terre au féminin

La passion des animaux, l´envie de vivre dans le Cantal, et une part de hasard, ou de chance, ont conduit Virginie Barthomeuf-Chalvet à s´installer agricultrice en janvier dernier. Pour elle, "c´est un retour à l´essentiel".

En admirant les monts du Cantal par-dessus la planèze de Saint-Flour, depuis les hauteurs de Lespinasse de Coren-les-Eaux, Virginie Barthomeuf-Chalvet promène son regard bleu et ne se lasse pas du paysage. Cette terre de Haute-Auvergne a forgé à sa façon son envie de s´installer agricultrice avec Vivien, son mari. "En voulant devenir agricultrice, j´ai trouvé ce qu´il me manquait et c´est pour moi un retour à l´essentiel avec une profession "coup-de-coeur", explique-t-elle, après dix mois d´installation". Pour l´instant, le travail ne manque pas : dix à douze heures par jour pour s´occuper des 60 laitières et 350 brebis, et apprendre à connaître davantage encore ce métier auprès de son associée, Laurette Sarraille. Les deux agricultrices partagent la même passion, le même plaisir de la terre et des animaux. Pour toutes les deux, les femmes ont toujours eu leur place sur les exploitations. C´est le statut social, le regard des autres qui doivent changer. "Il existe encore un manque de reconnaissance. Lors de l´installation, l´agricultrice reste trop souvent considérée comme un faire-valoir pour des droits et non comme un professionnel à part entière", estime Virginie Barthomeuf-Chalvet. "Les choses ont encore besoin d´évoluer", constate Laurette Sarraille.

Regard d´agricultrice

Dans le partage des tâches, si toutes les deux concèdent avoir moins de force physique, elles soulignent pourtant qu´elles font preuve de plus "de sensibilité, de rigueur et d´ouverture vers l´extérieur". "La mécanisation aide bien, sourit Virginie. Nous allons adapter les bâtiments afin de manoeuvrer avec le matériel. Pour une femme, il faut savoir aménager l´environnement au physique". A 27 ans, Virginie Barthomeuf-Chalvet laisse parler son coeur pour évoquer son métier et avoue avoir laissé parfois le hasard faire les choses. Comme Vivien, elle n´est pas enfant d´agriculteurs. Originaire de Vic-sur-Cère, elle passe son Bac et réussit le concours d´infirmière, une voie dans laquelle elle ne poursuivra pas. Elle obtient en revanche son Diplôme universitaire technologique d´agronomie qu´elle complète par une "prépa" post DUT où elle rencontre Vivien. "Au cours des stages, notamment en Irlande en production laitière, je me suis de plus en plus rapprochée de l´agriculture", précise-t-elle. Ingénieur en travaux agricoles, elle gagne les Alpes pour le service "recherche et développement" d´une chambre d´agriculture avec en charge le dossier de la production lait en AOC. Durant quelques mois, elle découvre le plaisir de l´écriture comme journaliste agricole dans le Puy-de-Dôme. C´était juste avant son arrivée à Lespinasse.

Une transmission de confiance

Après le décès et le départ de ses oncles, la retraite proche pour son père, Jean-Jacques Sarraille a proposé à Vivien et Virginie Barthomeuf, des amis, de s´associer en Gaec avec sa mère avant que lui-même puisse rejoindre à l´avenir l´exploitation. "Ce que la famille Sarraille a fait pour nous est très courageux et nous ne les remercierons jamais assez de nous avoir accordé leur confiance", tient à exprimer Virginie. "C´est difficile d´arrêter ce qui a fait toute votre vie, confie Laurette Sarraille. Nous voulions vraiment donner une chance à des jeunes pour reprendre le flambeau, en les accompagnant encore quelque temps". Dans le Gaec, chacun possède un tiers des parts. "C´était la seule façon de nous installer dans de bonnes conditions en limitant l´investissement, ce qui va nous permettre de moderniser la structure? poursuit Virginie. Le plus difficile a été de se loger". Le Gaec du Puy de Coujoule compte 60 montbéliardes pour 350 000 litres de références et 350 brebis BMC.

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