Lioran
Recapitalisation, avant un “reformatage” de la station de ski du Cantal
Plusieurs mesures prises par le Conseil départemental du Cantal pour venir en aide à l’opérateur de la station du Lioran, fragilisé depuis la crise Covid et les impacts du changement climatique.
Plusieurs mesures prises par le Conseil départemental du Cantal pour venir en aide à l’opérateur de la station du Lioran, fragilisé depuis la crise Covid et les impacts du changement climatique.
Le Conseil départemental du Cantal veut accompagner la restructuration du Lioran, confronté à plusieurs difficultés économiques. Une augmentation de capital de la Société anonyme d’économie mixte (Saem) Super Lioran développement est envisagée avec une nouvelle injection de 2 M€. Un dossier stratégique pour le territoire puisque, selon Bruno Faure, président du Département, la station de ski représente près de 60 M€ de retombées économiques et environ 600 emplois.
À nous d’imaginer une station aux saisons plus équilibrées, prenant en compte le réchauffement climatique que l’on n’occulte pas." — Bruno Faure, président du Conseil départemental et de la Saem du Lioran.
Une augmentation de capital pour soutenir le Lioran
Lors des débats au sein de l’assemblée départementale, Magali Maurel a indiqué qu’elle voterait le rapport tout en appelant à la vigilance. Elle a estimé qu’une augmentation de capital ne devait pas uniquement viser un retour à l’équilibre financier et s’est interrogée sur la capacité du Lioran à devenir une station quatre saisons au cours du mandat actuel.
Elle a également évoqué la question de la politique tarifaire à mettre en œuvre afin de renforcer la résilience économique de la station. Pierre Mathonier a partagé cette analyse tout en soulignant que la seule variable tarifaire ne pourrait résoudre les difficultés rencontrées.
Les raisons de la crise de la station de ski
Vincent Descœur a rappelé que la Saem évoluait dans un contexte marqué par plusieurs aléas difficiles à anticiper. Après la crise sanitaire, le doublement du coût de l’électricité a fragilisé un modèle économique jusque-là jugé viable. Selon lui, la réflexion devra également associer les communes et intercommunalités concernées "qui devront être au rendez-vous".
Bruno Faure a aussi souligné une évolution des pratiques : moins de personnes skient, mais la fréquentation de la station de ski demeure importante. Une situation qui fragilise l’activité de l’opérateur, dont les recettes reposent essentiellement sur les remontées mécaniques. Par ailleurs, l’activité entre mai et octobre ne représente encore que 10 % des résultats. Le télésiège de Rombière pourrait ainsi devenir une porte d’entrée vers le Grand Site pour la randonnée.
Une restructuration progressive tournée vers les sports de pleine nature
Une réflexion est désormais engagée sur le format même de la station. Certains équipements pourraient être démontés, à l’image du téléski du Slalom.
Comme pour l’effacement du Grand Phénix, il s’agit de nettoyer la station."
— Bruno Faure
Cette restructuration pourrait s’étendre sur sept à huit ans selon l’évolution climatique mais aussi selon les résultats d’études portant notamment sur les besoins en eau liés à l’enneigement. Le statut du Lioran comme plus grand domaine skiable du Massif central ne semble toutefois pas susciter d’inquiétudes particulières, les autres stations menant une réflexion similaire.
Diversifier les activités et développer les sports de pleine nature
Pour le président du Département, la diversification reste indispensable, à condition qu’elle permette de générer des recettes. Aujourd’hui, les revenus proviennent principalement des remontées mécaniques. Le développement du VTT de descente figure ainsi parmi les pistes évoquées pour renforcer les sports de pleine nature au sein du modèle économique futur.
Le Conseil départemental prévoit, en plus de l’injection de 2 M€, de renoncer pendant trois ans à la taxe sur les remontées mécaniques. Une mesure qui ne serait pleinement efficace que si les communes d’Albepierre-Bredons, Saint-Jacques-des-Blats et Laveissière décident elles aussi d’y renoncer.
Le Département investit également dans l’usine Sopa : Le Conseil départemental intervient également au capital de l’usine d’équarrissage Sopa après le retrait des actionnaires non agricoles. Les statuts de la structure prévoient une répartition de 80 % pour les organisations agricoles et de 20 % pour les acteurs non agricoles. Le Département a choisi d’intervenir au nom de la « salubrité publique » avec un apport de 245 000 €, soit la moitié des 490 000 € nécessaires à la sécurisation de la structure. La Corrèze participe également à part égale à cette opération, tandis que Christophe Vidal intégrera la gouvernance.