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Rats taupiers : “Il faut des moyens sur la recherche publique et privée”

Face à une pullulation inédite des campagnols terrestres et des dégâts à l’ampleur inédite, la profession réclame des financements pour faire avancer la recherche.

Des cycles de pullulations de plus en plus rapprochés pour cette espèce.
Des cycles de pullulations de plus en plus rapprochés pour cette espèce.
© P.O.

Le fléau des rats taupiers n’est pas nouveau, c’est un sujet sur lequel la profession essaie de trouver des solutions depuis des années... Patrick Bénézit, président de la FDSEA 15 : “C’est une problématique qui touche le Cantal depuis 1989 mais qui atteint aujourd’hui son paroxysme dans certains secteurs du département. L’espèce s’adapte de mieux en mieux, reste sur un même territoire de plus en plus longtemps avec des dégâts de plus en plus importants. Il y a une mutation du campagnol. Sur les zones très touchées, comme sur le Cézallier, le fait que l’invasion ne reflue pas devient très inquiétant.”

Quels sont aujourd’hui les leviers possibles pour les éleveurs ?

P. B. : “Ce que nous avons obtenu, c’est d’abord que le FMSE, le fonds de mutualisation sanitaire et environnemental qui s’est récemment constitué suite à la réforme de la Pac, puisse intervenir dans le financement de la lutte. C’était loin d’être gagné. Il a fallu d’abord expliqué à Paris ce qu’était un rat taupier ! Sur ce dossier, on a reçu très vite l’appui des collègues de la FNSEA pour permettre cette prise en charge du FMSE dit horizontal. Nous avons aussi fait en sorte que les arrêtés ministériels prévoient des plans de lutte régionaux. En coordination avec la Fredon(1), un plan de lutte auvergnat a été validé en juin dernier par les autorités régionales. Ce plan prévoit tout type de lutte : piégeage manuel, écologique, chimique,... ou autre à inventer. Pour que le FMSE puisse intervenir, il ne reste qu’une chose : que le préfet de Région valide les arrêtés départementaux de lutte. Or, depuis trois mois, on attend qu’il signe, sachant que lui considère comme uniques moyens de lutte le piégeage manuel et les perchoirs à oiseaux !” Quid des indemnisations des dégâts ? P. B. : “Parallèlement, le volet “ruminants” du FMSE, en cours de constitution, a acté, à notre demande, le principe d’une prise en charge des dégâts des campagnols. Mais ce ne sera pas avant 2016. Le peu d’argent qu’il y aura sur 2015, la FCO risque d’en avoir raison.”

 

A-t-on vraiment les moyens de lutter contre ce ravageur ?

P. B. : “À part la bromadiolone et le gaz (PH3), il faut être clair : les autres moyens de lutte sont loin d’être faramineux et même ceux-là ne sont pas d’une efficacité redoutable pour faire face à de telles invasions. Il manque clairement des moyens de lutte. À plusieurs reprises, ces dernières années, la Fredon a eu des contacts avec des chercheurs ayant des pistes pour enrayer les pullulations. Mais jusqu’à présent, jamais les pouvoirs publics n’ont eu la volonté politique de mettre sur la table le financement de ces recherches.”

Ces derniers jours, préfets du département et de Région semblent plus enclins à se pencher sur le problème...

P. B. : “Le préfet de Région réunit ce mercredi la profession - à savoir la Copamac-Sidam et les chambres d’agriculture. Au vu des récents évènements, nous avons demandé que des représentants du collectif qui s’est constitué soient associés à cette réunion. Le fait que des gens de la société civile s’inquiètent eux aussi des effets sanitaires et des incidences pour la salubrité publique est une bonne chose et nous espérons que cette implication va permettre de faire avancer les choses sur les moyens de lutte, sur lesquels nous, tous seuls paysans, nous buttons depuis des années.”

 

(1) Fédération régionale de lutte et de défense contre les organismes nuisibles.

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

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