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Quel que soit le matériel disponible, faner le plus tôt possible après la fauche

Conseil Elevage a mené un essai au champ sur le foin précoce dans le cadre d’une action régionale TOPFOIN.

Suite à l’épisode pluvieux  du 12 et 13 mai le foin était tout couché. 
Mais la parcelle, située sur un plateau à 920m d’altitude s’est ressuyée rapidement et le 16 mai, avec la promesse d’une belle série de jours ensoleillés à venir, Thibault a engagé la fenaison. La somme de T°C atteinte  était voisine de 840°C (base 1er février)
Suite à l’épisode pluvieux du 12 et 13 mai le foin était tout couché.
Mais la parcelle, située sur un plateau à 920m d’altitude s’est ressuyée rapidement et le 16 mai, avec la promesse d’une belle série de jours ensoleillés à venir, Thibault a engagé la fenaison. La somme de T°C atteinte était voisine de 840°C (base 1er février)
© EDE

Thibault Guittard, du Gaec de Lambre à Saint Nectaire a bien voulu se prêter aux tracasseries de cet essai au champ. Il s’agissait de comparer plusieurs techniques de fenaison adossées à une fauche pour partie « à plat » et pour partie réalisée avec une faucheuse conditionneuse à doigts.

L’idée n’est pas de comparer ces deux matériels, mais de voir comment avec ces outils différents on peut arriver à faire un foin séché au sol le plus rapidement possible. Ces essais se sont déroulés sur la même prairie, avec les mêmes conditions pédoclimatiques.

Avant fauche, nous avons réalisé une pesée géométrique dans les parties « fauchée à plat » d’une part et « fauchée à la conditionneuse » d’autre part pour vérifier qu’il n’y avait pas trop d’écart de rendement dans la parcelle. Le rendement apparent de la parcelle était supérieur à 5 t de MS/ha, ce qui est très correct compte-tenu de la date de fauche très précoce. La parcelle de prairie permanente est de bonne qualité avec 82% de graminées dont 60% de celles-ci épiées, 18% de diverses.

La parcelle a été partagée en deux : sur la partie fauchée à plat (3.6m de largeur), la fauche a été réalisée à 7.8cm en moyenne. À la sortie de la faucheuse, l’herbe est étalée sur une largeur de 2.4 m en moyenne. Sur la partie fauchée avec la conditionneuse (3.20 m largeur cons-tructeur), la fauche a été faite à 6.3 cm du sol (ce qui se révèle trop bas).

À partir de ces deux traitements différents, l’expérimentation a consisté à suivre pour chacune des deux parties, l’évolution de la matière sèche jour par jour et heure par heure à la fin, en fonction de 3 modalités de pratiques de fanage et d’andainage.

Résultats avec la faucheuse conditionneuse

Avec la faucheuse conditionneuse et les conditions météorologiques pour le moins exceptionnelles (ensoleillement maximum, vent du nord modéré, ETP de 5 à 6mm /jour) le fourrage a séché très rapidement.

Le fanage immédiat après la fauche, avec ces conditions météo aurait rendu possible l’enrubannage du fourrage dès 30 heures après la fauche.

Le fourrage conditionné, quelles que soient les modalités de fanage, a atteint plus de 65% de MS seulement 48h après la fauche tout en sachant que c’est le fourrage fané dés J0 qui obtient le plus fort taux de MS (78%).

Pour obtenir les 12 à 20% de MS supplémentaire et se situer à plus de 85% , il faut 1 à 2 jours de plus. L’évolution est plus lente malgré le vent soutenu, l’absence de rosée et un ensoleillement maximum. Pour le fourrage fané à J0, il était potentiellement andainable et bottelable dés 72h après la fauche. Pour les modalités 2 et surtout 3 il faut attendre le fanage puis la mise en andain et les dernières heures pour un pressage possible en fin d’après-midi soit 99 heures après la fauche. Mais la modalité 3 semble plus économique (2 fanages au lieu de 4 à 5). L’analyse de valeur alimentaire de ce fourrage moins « trituré » confirmera l’intérêt économique.

Pour la faucheuse « à plat »

L’évolution de la matière sèche du fourrage a été de la même manière ; durant les 48 premières heures après la fauche l’herbe semble sécher avec la même dynamique quelles que soient les modalités. Cependant, une fois encore, le fanage immédiat aurait pu permettre de réaliser de l’enrubannage dès 36 h après la fauche.

Les fanages à 48 h et 72 h semblent très efficaces pour faire gagner de la matière sèche. En revanche, avec la modalité 3, on observe que c’est le fanage vers midi et l’andainage vers 16h de la dernière journée qui permettent au foin d’être pressable à 18h30.

Cet essai montre qu’avec une fenêtre météo convenable (ensoleillement, ETP, vent), il est possible de réaliser des foins très rapidement. Ainsi dès 72 h, avec des fanages répétés, agressif pour le premier, plus doux pour les suivants, il est possible d’obtenir 80% de MS dès 72 h avant andainage. L’andainage suffisamment tôt dans la journée permet d’obtenir les points de MS man- quants pour réaliser un foin séché au sol précoce.

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