Aller au contenu principal

Quel avenir pour l'agriculture biologique ?

La neuvième convention d'affaires Bio N’days, organisée par le Cluster bio Auvergne-Rhône-Alpes, a rassemblé dernièrement 150 personnes à Alixan dans la Drôme.

Près de 500 rendez-vous BtoB ont été organisés lors de cette journée à Alixan. Sur le salon, douze entreprises ont présenté leurs produits.
Près de 500 rendez-vous BtoB ont été organisés lors de cette journée à Alixan. Sur le salon, douze entreprises ont présenté leurs produits.
© ME-AD26

Comment sauver la filière agriculture biologique ?

Lors de la neuvième convention d’affaires pour les produits biologiques, organisée par le Cluster bio Aura, les intervenants ont déroulé de nombreux scénarios pour l’avenir de la filière. Malgré son rebond conjoncturel observé début 2026, l’agriculture biologique est encore loin de retrouver le succès qu’elle a connu il y a dix ans. Pour sauver la filière, les acteurs cherchent désespérément des solutions.

Le bio a renoué avec la croissance en 2026 mais...

Emily Mayer, directrice des études de la société d’études de marchés Circana, a exposé une croissance du bio de 9 % durant les quatre premiers mois de 2026, notamment en distribution spécialisée.

« En grandes surfaces, la situation est plus nuancée. La décroissance ralentit mais la bio ne redécolle pas. » 2026 se présente comme un retour à la croissance avec un redressement qui atteint une valeur de 1 % (contre - 5 % en 2024). L’intervenante nuance toutefois ses propos en parlant de « reprise en trompe-l'œil en raison de l’inflation », notamment boostée par le marché du chocolat et du café bio. En effet, les volumes de vente stagnent autour de -1 % depuis plusieurs mois, notamment en hyper et supermarchés. « Nous observons une dépriorisation de la bio dans les enseignes en marques propres et discount, notamment Lidl, avec un important recul de l’offre et des ventes. Le marché se resserre autour des spécialistes », a analysé Emily Mayer.

Lire aussi  Le bout du tunnel pour la filière laitière bio ? 

Les grands scénarios d'évolution du marché du bio

Bertrand Oudin, directeur de la société de conseil pour les sociétés agroalimentaires Ceresco, a dévoilé plusieurs scénarios.

  1. Le premier scénario, « en quête de croissance puis de résilience, la bio non prioritaire, ressemble à ce qu’on observe actuellement » : une volonté d’avoir des prix les plus faibles possibles pour les consommateurs, peu de cohésion entre les États européens, un soutien à la bio réduit… Et une crise économique majeure dans les années 2030 avec de faibles disponibilités des facteurs de production (intrants, matières premières) qui implique que la société devienne « bio par accident ». Selon l’intervenant, au niveau de la production agricole, le foncier sera détenu par des sociétés de l’aval ou financières et ira vers l’agrandissement des exploitations agricoles.
  2. Le deuxième scénario est présenté comme « la troisième voie triomphante et bio marginalisée » avec le secteur privé et les entreprises agroalimentaires qui concurrencent la bio, une action publique qui s’appuie sur l’itinéraire du privé et un réseau de distribution spécialisé qui se réduit fortement.
  3. Le troisième scénario projette « la bio allégée compétitive et généralisée » avec un nouveau Green Deal, une sortie des pesticides et engrais de synthèse dès 2040, un soutien massif à la bio, un cahier des charges bio allégé pour permettre sa généralisation… 
  4. Le quatrième scénario s’oriente « vers une bio prédominante » avec la refonte des règles commerciales de l’Union européenne. Cela passerait par un commerce privilégié avec les pays de mêmes standards de production et des préoccupations environnementales et sur la santé très fortes.

 

Lire aussi Phéno3C et PhénoMobile : les sentinelles du climat à l'INRAE de Clermont-Ferrand

C'est quoi le scénario Afterres 2050 ?

Solagro, société d’ingénierie et de conseils représentée par le chargé de projet Damien Raffin, a présenté son scénario Afterres 2050 sur l’amont.

Objectif : prendre en compte les limites planétaires et les planchers sociaux et proposer un scénario qui réponde aux objectifs du Green Deal européen avec notamment une baisse de 55 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2050.

Il a exposé la situation actuelle de manière factuelle : « 55 millions d'ha de terres en France sont utilisés, 70 % de la surface agricole utile (SAU) est consacrée à l’alimentation des animaux. Nous avons de fortes dépendances aux intrants et 10 % des surfaces sont en bio. »

Les leviers d’adaptation présentés considèrent l’efficience (réduire les ressources rares et coûteuses, optimiser le procédé agricole actuel), la substitution (introduire de nouvelles cultures), la reconception (repenser le système, recomposer l’assolement et la rotation). Il a particulièrement appuyé sur l’impact des régimes alimentaires.

Lire aussi La France des fermes bio de Pauline

 

Les plus lus

Antoine, Éric et Yoann Foncelle, de l'EARL des Diagots
Transmission : « Reprendre la ferme familiale, une évidence »

À 23 ans, Antoine Foncelle est en plein dans l’aventure de l’installation. Son projet est de reprendre la ferme de son père.…

Conditions d'attribution, calcul des ressources, recours sur succession : la MSA Auvergne fait le point sur un dispositif qui préserve spécifiquement l'outil de travail des agriculteurs.
L’ASPA, un coup de pouce méconnu pour les retraites agricoles modestes

Complément de revenu destiné aux retraités les plus modestes, l’ASPA reste largement sous-utilisée par les exploitants…

une femme et un homme assis sur un mur
Gîtes et chambres d’hôte : Valoriser sa ferme et créer du lien

Dans le cadre de son installation, Floriane Varenne se lance dans l’accueil touristique avec son mari Jonas, tous les deux…

Nathalie Mallot, directrice de la FNSEA 03, et Laurent Thivat, vice-président de la FNSEA 03.
Tour de France : les agriculteurs de l’Allier mettent l’agriculture à l’honneur à Saulcet

À l’occasion du passage du Tour de France 2026 dans l’Allier, les agriculteurs et les viticulteurs réaliseront une fresque…

Les cultures dérobées, une piste à explorer pour sécuriser les stocks fourragers

Les cultures dérobées fourragères peuvent permettre de reconstituer une partie des stocks sans pour autant s’avérer une…

La Dotation Jeune Agriculteur - DJA : un soutien indispensable pour préparer l'agriculture de demain

Après plus de 50 ans d'existence, la DJA continue d'être un soutien indispensable pour les jeunes qui s'installent. 

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière