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Que serait un monde sans l’élevage ?

Questions à… Maurice Imbert éleveur et membre de la section porcine FDSEA43

Le syndicalisme alerte sur «la crise morale que traversent les éleveurs et la majorité des acteurs de la filière viande».
Le syndicalisme alerte sur «la crise morale que traversent les éleveurs et la majorité des acteurs de la filière viande».
© © Réussir / P. Cronenberger

Maurice Imbert, vous êtes éleveur de porcs, engagé dans des démarches de qualité comme «le porc de Haute-Loire», membre de la section porcine de la FDSEA43… Comment ressentez-vous les attaques des «anti-viandes» et quels échos vous reviennent de la part des professionnels des filières ?
Je suis souvent en contact avec les gens de la filière viande sur le département. Et pas plus tard qu’hier j’ai discuté avec des ouvriers des abattoirs. Comme nous éleveurs, ils se sentent montrés du doigt. Ils ont presque honte de leur métier et certains interdisent même à leurs enfants de dire ce qu‘ils font… C’est monté crecendo… D’abord les végétariens, puis les végans et maintenant les antispécistes ! Et ces détracteurs, qui par ailleurs représentent très peu de monde, sont des acteurs de troubles à l’ordre public. Leur intrusion dans les élevages, dans les boucheries, les abattoirs, les vidéos filmées illégalement et mises en ligne… sont des actes illégaux. Ils parlent d’holocauste, c’est indigne. Nous sommes dans un pays de droits, et eux véhiculent haine et violence. L’État doit mettre des limites.

Ressentez-vous de la peur ?
M.I. : Oui, en quelque sorte… Quand quelqu’un traîne autour de l’exploitation, on ne sait jamais… Alors le mot d’ordre, c’est de fermer nos bâtiments. Dans un élevage, il peut y avoir un animal malade et que l’on soigne, et la mortalité ça existe. Mais on peut faire dire ce qu’on veut à des images sorties de leur contexte.

Que répondez-vous à ces détracteurs ?
M.I. : Je réponds… Notre métier est de nourrir la population. Face à ces attaques, nous nous sommes adaptés. Nous avons amélioré la conduite de nos élevages dans le cadre du bien-être animal. On s’est formé, on s’est remis en cause, on est soumis à des contrôles… On ne travaille plus comme il y a 50 ans. Et je dirais même que ces alertes nous ont aussi fait évoluer. Mais aujourd’hui, les attaques ne portent plus sur nos pratiques. Ils veulent un arrêt complet de l’élevage. Les humains sont des omnivores. Ils veulent nous assimiler à des limaces, ou des herbivores…

Quel message voulez-vous faire passer à vos collègues éleveurs ?
M.I. : Il faut inviter les citoyens qui sont aussi les consommateurs à discuter, à échanger et à réfléchir à ce que serait un monde sans l’élevage. Sans l’élevage, c’est toute l’agriculture qui est remise en cause car beaucoup de cultures servent à nourrir les animaux. C’est toute l’économie qui est à revoir ; l’agriculture, ça fait bosser du monde. Et sur le plan environnemental, comment entretenir les territoires… ?
Il faut communiquer et positiver à l’image de la campagne lancée au niveau national par la FNP «L’élevage parlons-en».

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