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Quand les cours des matières premières flambent, c'est l'élevage qui étouffe

Crise Covid, évènements climatiques extrêmes, rebond de l'économie... modifient les équilibres sur les marchés mondiaux entraînant dans leur sillage des surcoûts en élevage.

"Tout est lié" a répété Patrick Chazal dans son exposé de conjoncture pour expliquer les grands bouleversements sur le marché des commodities.
"Tout est lié" a répété Patrick Chazal dans son exposé de conjoncture pour expliquer les grands bouleversements sur le marché des commodities.
© UC

S'il devait n'y avoir qu'une illustration de l'effet papillon, elle a été donnée vendredi dernier par Patrick Chazal, responsable du pôle développement économique de la Chambre d'agriculture dont les élus étaient réunis en session. Dans un brillant éclairage macroéconomique, ce dernier a montré combien les cours des matières premières en général, et agricoles en particulier, sont influencés par un faisceau inextricable de facteurs. Un employé du port de Yantian qui tousse (diagnostiqué positif au variant delta du Covid), c'est tout le fret mondial qui s'enrhume après que le principal port chinois, carrefour du commerce international, est bouclé par Pékin. Dans son sillage, des embouteillages navals monstres et un renchérissement des coûts du fret déjà aux plus hauts avec un coût moyen du contenair passé de 1 800 $ avant la crise à 9 500 $ actuellement.

Métaux, sojas, engrais... tout s'envole
Si la pandémie et les politiques sanitaires mises en oeuvre pour l'enrayer ont fortement affecté les échanges mondiaux, en plein rebond aujourd'hui, l'inflation des cours d'un nombre croissant de matières premières est alimentée par les phénomènes climatiques et les politiques de transition énergétique qu'ils appellent. C'est le cas pour les métaux comme l'aluminium, prisé pour alléger les véhicules et incontournable pour les infrastructures électriques comme les panneaux solaires et des éoliennes. C'est le cas du cuivre également dont la demande devrait sextupler dans les prochaines années. De même l'extraction et la transformation d'un certain nombre de minerais, très gourmandes en eau, se trouvent freinées par les sécheresses. Plus habitué à vivre selon les caprices de la météo, le secteur agricole en subit aujourd'hui les effets dominos : si la canicule en Amérique du Nord a fait chuter la production de blé (meunier) et fait s'envoler les prix, les cours des tourteaux de soja ont eux grimpé entre autres en raison d'un étiage sévère du fleuve Paranà en Argentine, empêchant le transport et l'exportation des cargaisons.

Un décollage insuffisant des prix des productions animales
Cette inflation généralisée du prix et les problèmes de disponibilité des fournitures, céréales, comme du pétrole, se répercutent sur le secteur de la construction, mais aussi sur les intrants des élevages  (énergie, matériel, engrais, amendements, concentrés...) et donc sur les coûts de production. Et cette hausse des charges vient ternir un redressement des cours des productions animales : il manque ainsi toujours plus d'une euro sur le prix des vaches de réforme R= (4,18 EUR/kg carc.) pour équilibrer le coût de production et ce alors même que le marché de la viande bovine se tend chaque jour un peu plus sous l'effet conjugué d'une offre qui ne cesse de dévisser(1) et d'une consommation de viande bovine tricolore au beau fixe (+ 1,75 %/ août 2020), quoi qu'en laissent penser les messages pro-vegans. Même chose sur le maigre avec les dernières cotations du broutard qui affichent une évolution enfin positive (2,45 EUR/kg) mais, là encore, très en deçà du prix de revient
(3,30 EUR/kg).
Sur les marchés laitiers, la collecte mondiale reste dynamique mais la demande l'est tout autant, portée notamment par la Chine, générant une hausse notable en 2021 des cours des produits industriels (beurre, lactosérum, poudre de lait). Ce qui agit favorablement sur le prix payé aux producteurs, bien au-dessus de la moyenne des cinq dernières années(2) dans le Cantal, constate Patrick Chazal.

(1) Les effectifs de vaches recensés en BDNI (base de données nationale de l'identification)  : - 80 000 têtes en VA depuis juin 2020, - 65 000 en vaches laitières.
(2) C'est le cas également des cours de l'agneau à un niveau quasi historique en 2021, à plus de 7,5 EUR/kg. Situation bien moins favorable pour les éleveurs porcins avec un prix du cadran tombé sous 1,35 EUR/kg.

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