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Quand la FDSEA et les JA donnent de la voix pour défendre leurs steaks !

Les agriculteurs sont resté toute la journée sur place.
Les agriculteurs sont resté toute la journée sur place.
© JG

La colère grondait depuis vendredi soir au sein des syndicats JA et FDSEA. La polémique qui a amené les syndicats agricoles à bloquer l’Intermarché de Dun-le-Palestel, trouve sa source dans les colonnes d’un média voisin. Le 4 décembre dernier, One Voice, une association animaliste connue pour ses idées radicales, était mise à l’honneur par la tenue d’un stand dans le supermarché Dunois. L’association le revendique clairement « elle a pour but de lutter contre l’expérimentation animale […] et prône le végétarisme, à une époque où ces domaines sont encore ignorés par les associations « historiques » ». Lutter pour le végétarisme sur une terre d’élevage ? Il n’en fallait pas plus pour hérisser le poil des agriculteurs creusois et les pousser à une action « choc » …
Lundi 9 décembre au matin, une quarantaine d’agriculteurs a donc pris la route pour bloquer l’entrée du parking de l’Intermarché aux clients. Ils se sont positionnés face à la devanture avec une citerne de lisier et ont également stationné avec leurs tracteurs et remorques chargées de fumier : une action en guise de protestation face à la tenue du stand de l’association radicale dans la galerie marchande du centre commercial. Pour la FDSEA et JA, « il est inenvisageable que l’on puisse laisser la tribune libre à une association « anti-élevage » telle que celle-ci. On autorise la venue de partisans qui luttent pour le végétarisme à venir chez nous alors que la Creuse est une terre d’élevage ». L’exaspération de cette tenue de stand a d’autant pris de l’ampleur que les agriculteurs reçoivent bon nombre de contrôles de la DDCSPP sur le bien-être leurs animaux. Lors de leur venue à Dun, les militants de l’association ont distribué des tracts pour inciter les consommateurs à rejoindre leurs idées et ont notamment exposé des ouvrages de leurs membres sur « le végétarisme de l’Antiquité à nos jours » etc.  Le mot d’ordre des deux syndicats est purement « qu’aucune association de ce type n’a sa place sur le territoire ». La France est dotée d’un élevage propre qui n’a pas envie d’être mis à mal, voire « sali » par une propagande associative aussi vindicative. « Le principal  souci ayant poussé à ce blocus n’est pas la défense et le respect des animaux, mais bel et bien la lutte menée dans l’obscurité. Derrière leur communication, on comprend qu’ils militent pour l’abolition de l’élevage sous toutes ses formes ». Christophe Camerola, directeur de l’Intermarché de Dun, botte en touche, arguant « qu’il pensait que ces militants étaient de la SPA ». S’être fait avoir par les militants est une chose que les syndicats pouvaient entendre, mais « il aurait fallu les mettre dehors après avoir découvert la supercherie » indique Jean-Marie Colon, ancien président des JA. Laurent Daulny, averti par un tiers, avait quant à lui, flairé l’entourloupe lorsque l’association s’était présentée afin d’obtenir un stand au marché de Dun-le-Palestel. Le lien pouvait notamment être fait avec l’association jumelle LPEA, puisque la mairie avait reçu des mails sous le nom de William Lenoir. L’action aurait pu en rester là mais la méfiance des représentants agricoles, soutenue par de nombreux témoignages de consommateurs déçus, ont fini par semer le doute sur les bonnes pratiques du supermarché. Des propos qui font état de viandes reconditionnées, réétiquetées et mises en vente : des rapports qui ont mis la puce à l’oreille de nos représentants de syndicats. L’attitude du directeur, en baissant le rideau de l’Intermarché, se murant ainsi dans le silence, a fini par convaincre d’improviser une petite visite de l’établissement. Ce n’est qu’après le déversement d’une remorque de fumier que Christophe Camerola est sorti de sa structure pour entamer le dialogue avec les agriculteurs. Une délégation de huit membres des JA/FDSEA a été autorisée à faire un « check-up » sur l’état des frigos. Une visite très concluante mais pas du tout rassurante « Nous avons constaté qu’il n’y avait pas de traçabilité sur de nombreux produits, beaucoup d’anomalies d’étiquetage et même des produits périmés mis en vente » explicite Michaël Magnier, président des JA. Des découvertes improbables et des contresens qui sont restés sans réponses, la direction étant restée muette sur ces sujets. La colère grandissant suite à ces nombreux cafouillages dissimulés, les agriculteurs exaspérés, ont décidé de déverser du lisier sur le parking en signe de protestation. Les services sanitaires ont dès lors été avertis des anomalies trouvées. Des découvertes qui sont venues s’ajouter à un vieux grief entre la structure commerçante et les éleveurs « ce supermarché a été le seul à ne pas vouloir signer le partenariat pour l’achat de viande bovine sur le département ». L’action s’est poursuivie jusqu’en début de soirée sous l’égide des syndicats JA et FDSEA. De quoi rasseoir One Voice dans son fauteuil d’association aux idées radicales et permettre aux agriculteurs creusois de défendre leur terre d’élevage.

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