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Quand circuits courts et supermarché font bon ménage

 Deux concepts novateurs de magasins alimentaires ont récemment ouvert en France qui brouillent les frontières entre circuits courts et supermarchés. Ces deux mondes que tout semblait pourtant opposer ont tout intérêt à se rapprocher, confirment les experts de la distribution alimentaire.

 Deux concepts novateurs de magasins alimentaires ont récemment ouvert en France qui brouillent les frontières entre circuits courts et supermarchés. Ces deux mondes que tout semblait pourtant opposer ont tout intérêt à se rapprocher, confirment les experts de la distribution alimentaire.
 Deux concepts novateurs de magasins alimentaires ont récemment ouvert en France qui brouillent les frontières entre circuits courts et supermarchés. Ces deux mondes que tout semblait pourtant opposer ont tout intérêt à se rapprocher, confirment les experts de la distribution alimentaire.
© Aurélie Pasquelin/Illustration

Dès l’annonce du nouveau confinement, Système U a invité « tous les producteurs qui voient leurs débouchés s’amoindrir en raison de la fermeture des commerces à prendre attache localement avec les magasins qui demeurent à leur disposition pour étudier les possibilités d’écouler leur marchandise ».
Quels que soient les intentions précises du distributeur et le caractère inédit de la crise sanitaire, cette démarche incarne bien une tendance où les circuits courts se rapprochent de plus en plus de la grande distribution, et vice versa. D’un côté, les magasins fermiers sont de plus en plus grands. De l’autre, les grandes surfaces cherchent à attirer beaucoup plus franchement qu’avant les produits fermiers. Deux concepts novateurs illustrent parfaitement cette tendance.
À Noyelle-Godeau (Hauts-de-France), la société A2PasD’ici a ouvert un véritable marché fermier en plein de cœur de l’immense magasin Auchan, visible depuis l’autoroute A1 qui traverse la commune. Dans ce « shop in shop » de 100 m², les clients trouvent des produits exclusivement issus de circuits courts, approvisionnés par une centaine de producteurs. D’ailleurs, les agriculteurs sont régulièrement en magasin.

Supermarché fermier au cœur de Paris
« Nous voulions développer un magasin de producteurs qui ne soit pas en opposition avec la grande distribution », explique son fondateur Stéphane Darguesse. « Le consommateur n’a pas le temps de faire le tour des fermes alors nous lui apportons de la praticité et un gain de temps », explique-t-il.
Pour l’agriculteur, l’intérêt de ce projet est d’accéder au « grand public » qui fréquente chaque semaine les enseignes de la grande distribution. « Le niveau de rémunération est semblable aux circuits courts plus classiques mais derrière, les volumes sont plus importants », vante le dirigeant.
À Paris, un tout nouveau magasin spécialisé dans les circuits courts prend, lui, des airs de supermarchés. « Avec 1 300 références, nous sommes le plus grand magasin parisien en circuits courts », se félicite Damien Bodard, fondateur d’Ô Fermier. À titre de comparaison, Lidl propose quelque 1 700 références dans ses magasins.
Ici, même constat : il faut offrir en un lieu unique une offre alimentaire complète au consommateur. « En région, il y a plus de points de ventes collectifs mais avec une vingtaine de producteurs regroupés, le consommateur ne peut pas tout trouver », explique-t-il. Alors, l’idée d’un supermarché en circuits courts, mais qui ne rime pas toujours avec local – les agrumes viennent d’Italie – a fait son chemin avec un atout pour les producteurs : « Une meilleure rémunération », assure Damien Bodard.

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