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Protéi-NA, une réussite à pérenniser

Piloté par la Chambre régionale d'agriculture en partenariat avec la DRAAF et la Région Nouvelle-Aquitaine, le plan Protéi-NA a pour objectif d'améliorer l'autonomie protéique dans la région d'ici 2030. À mi-parcours, Christian Daniau, président du comité de pilotage, dresse un premier bilan.

Christian Daniau
© P. Dumont

Christian Daniau, où en sont les actions du plan Protéi-NA aujourd'hui ?

CD : Notre objectif de départ était de produire davantage de protéines notamment pour l'alimentation animale. Nous avons mené un gros travail avec la DRAAF, le conseil régional et les partenaires de la filière amont et aval. Nous avons identifié les besoins et les sources de protéines en Nouvelle-Aquitaine. Beaucoup ignoraient que les premières sources sont les prairies, puis les céréales, le colza et le tournesol. Soja et pois sont moins représentatifs, bien que leur taux de protéines soit le plus élevé. Pour atteindre nos objectifs, nous nous sommes concentrés sur ces premières sources et avons bâti un plan d’action pour lever les freins au maintien et/ou au développement de chaque espèce. Nous avons travaillé sur l'image du colza, qui est une culture aux multiples bénéfices, très mellifère, véritable piège à nitrates qui couvre le sol pendant 11 mois. La trituration des graines permet d’obtenir des tourteaux riches en protéines et de l’huile destinée à l’alimentation humaine mais aussi à la production de biocarburants. Cela a permis à la filière Oléo100 de se développer et de nombreux transporteurs ou autocaristes peuvent ainsi répondre aux enjeux de réduction des GES. Un groupe Herbe a été créé pour dynamiser la production de protéines dans les prairies. Nous avons aussi travaillé pour que le soja obtienne un soutien supplémentaire dans la PAC. Nous avons enfin mené des expérimentations sur le tournesol afin de trouver des moyens de production pour lutter contre l’ambroisie, véritable fléau dans une grande partie de la région. Des essais herbicides ont été mis en place et financés dans le cadre d’un appel à projet de Protéi’NA. Certains projets en sommeil ont pu être dynamisés par ces financements. C'est le cas de ceux de Chantegrains ou de la Ferme de Chassagne qui ont investi dans des outils de triage de légumineuses à graines. Des exploitations, des entreprises et des coopératives ont pu se doter d'outils spécifiques pour la culture, la trituration et la transformation.

Pouvez-vous nous détailler une action particulièrement exemplaire du plan Protéi-NA ?

CD : Au cours des cinq dernières années, nous avons aussi mené des projets en lien avec l'alimentation humaine. Dans le cadre d'un appel à projet pour un Partenariat Européen pour l’Innovation (PEI), nous avons construit le projet InterLEG. Le but était de mettre en place et développer la contractualisation entre les producteurs de légumineuses et la restauration collective. En deux ans, le projet a permis aux acteurs de la filière de se rencontrer : producteurs, organismes collecteurs, conditionneurs, transformateurs, acheteurs, préparateurs et consommateurs. Lors de ces rencontres sur le terrain, nous avons expliqué les problématiques de production, de stockage et de conditionnement. Chacun a pu exprimer ses demandes et faire part de ses contraintes, de l’amont à l’aval. Des tests variétaux sur pois chiches, lentilles et haricots ont été mis en place dans plusieurs départements afin de trouver le meilleur dénominateur commun pour chaque espèce et ces tests vont se poursuivre en 2025.

Quel est le chemin qui reste à parcourir jusqu'en 2030 ?

CD : Aujourd'hui, notre objectif reste le même et il y a une marge de progression importante. Pour cela, il faut continuer à maintenir et trouver des moyens de production, des variétés et des itinéraires qui répondent aux contraintes des territoires, aux contraintes climatiques et aux attentes de la filière et des consommateurs. L’accès à l’eau sera déterminant dans les années à venir si nous souhaitons poursuivre la production de protéines en Nouvelle-Aquitaine, en particulier sur les zones intermédiaires. Le premier levier de la réussite reste le retour financier pour les producteurs ; les effets bénéfiques de ces cultures pour l’environnement ont déjà été mis en évidence. Les équipes vont continuer à travailler dans ce sens. Il faut poursuivre cet élan positif avec tous les acteurs même au-delà de 2030. 

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