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Producteurs et coopératives de la Planèze se rebellent

Considérant que ses fromages sont insuffisamment valorisés, la coopérative fromagère de Planèze se dit prête à aller au rapport de force avec son principal acheteur.

Les responsables de la Coopérative fromagère de Planèze ont été reçus par la FDSEA et obtenu son soutien.
Les responsables de la Coopérative fromagère de Planèze ont été reçus par la FDSEA et obtenu son soutien.
© L'Union du Cantal
Début 2006, après plusieurs années de réflexion et de tergiversations, trois coopératives laitières de Planèze, finalement rejointes par deux autres sous contrat d’adhésion, accouchaient dans la douleur de la Coopérative fromagère de Planèze (CFC). Une manière pour les producteurs de s’organiser et de mettre en commun leurs moyens pour tenter de continuer à maîtriser leur avenir et celui de leurs outils. Depuis, la nouvelle coopérative s’est structurée, mais elle bute aujourd’hui sur le problème de la valorisation de son produit auprès de son principal affineur. Considérant que “la pérennité de l’outil est remise en cause par cette situation”, et en désespoir de cause, les responsables de la coopérative ont alerté la FDSEA, qui a décidé de les soutenir dans leur combat pour “une juste valorisation du fromage et du prix du lait”, en se disant prête à mener des actions à leurs côtés si nécessaire. “Evidemment, et c’est sans doute une des raisons qui explique qu’il ait eu tant de mal à aboutir, notre projet de réunir les coopératives laitières de la Planèze dérange parce qu’il bouscule l’ordre des choses”, constate Pierre Séguis, président de CFC.

Un regroupement qui “dérange”


“Il faut bien comprendre que, si nous avons été amenés à nous regrouper, c’est parce que nos coopératives n’arrivaient plus à survivre, à cause de leur petite taille sans doute, mais aussi parce qu’elles n’arrivaient pas individuellement à peser sur le marché et à obtenir une juste rémunération de leur fromage”, témoigne-t-il. “La réussite de notre projet supposait que nous arrivions à nouer un nouveau type de relation partenariale avec nos affineurs, des relations “gagnant-gagnant”, dans lesquelles chaque maillon de la filière puisse gagner sa vie”, complète Marc Pradeilles, directeur de CFP. “Ce que nous avons fait avec les établissements Bonal, mais qui semble aujourd’hui impossible avec la société Charrade”, dit-il, affirmant qu’il a été par exemple impossible d’obtenir la négociation d’un contrat commercial et que la coopérative subirait des “retailles de facture” ou des ruptures de ramassage des fromages.

Une perte de 2 F par kilo commercialisé


“Pour être en mesure de rémunérer les producteurs au prix plancher défini par le Crielal, et amortir les frais de fonctionnement de nos outils, il faudrait qu’on nous paie le fromage au minimum 25 F du kilo au lieu des 23 F que nous impose cet affineur. Ce qui veut dire qu’actuellement, nous perdons 2 F à chaque fois que nous commercialisons un kilo de cantal. On ne tiendra pas longtemps”, poursuit le directeur. Bien décidés à refuser “l’asphyxie” de leur coopérative, les producteurs ont demandé le soutien de la FDSEA afin de sortir de ce qui ressemble pour l’instant à une belle impasse.


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