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Prévenir les feux d’espaces naturels : « une prise de conscience nécessaire »

Depuis ces dernières années, le département de la Creuse subit des périodes de sécheresses intenses. Le caractère répétitif de ces « nouvelles » conditions climatiques influe sur les interventions de types feux du Service Départemental d’Incendies et de Secours (SDIS23).

© Céline Alanord

« Un engin agricole sur la commune de Néoux, près d’Aubusson, des bottes de foin à Jarnages, des champs à Saint-Pierre-le-Bost et à Mortroux, enfin forêt et broussailles sur plus de deux hectares à Bussière-Dunoise, nécessitant pour ce dernier sinistre l’intervention de plus de 6 camions ! »¹ : c’était en août 2019, l’échantillonnage de quelques feux pesait déjà lourd dans la balance et les conséquences de la sécheresse se faisaient pleinement sentir. La situation de l’hiver 2018 (avec deux fois plus de pluie qu’un mois de janvier normal) avait pourtant laissé présager un peu de répit. Cependant, le relevé pluviométrique de Météo France prouve que très vite la sécheresse s’installe jusqu’en septembre 2019, où le département atteint un déficit en eau de 63 %. Une cause à effet non négligeable et dont l’ONF alertait les citoyens : « Avec des phénomènes de sécheresse de plus en plus fréquents, les risques d’incendies vont s’intensifier partout en France ». Sur un échelon local, les pompiers creusois appelaient eux aussi, la population à plus de vigilance. Une prudence qui n’est pas à mettre en repos en 2020 si l’on se réfère au nombre d’interventions conséquents effectués l’an passé. Le bilan comparatif de l’ensemble des feux entre l’été 2018 et 2019 fait état de 29 feux supplémentaires en juillet 2019 et 9 de plus en août. « L’année dernière les feux ont commencé très tôt. Dès début janvier, les interventions se sont intensifiées et ce jusqu’en décembre. Nous sommes arrivés à un bilan de 207 feux confondus, 136 ha ont brûlé et 7 254 ha ont pu être préservés » explique le commandant Langlais.
Le département de la Creuse s’étend sur 576 000 hectares dont 330 000 hectares de surface agricole. La surface des forêts couvre 161 000 hectares et le taux de boisement du département représente 28 % : 92 % des forêts sont du domaine privé, 70 % de ces forêts sont constitués de feuillus et 30 % de résineux. « En 2019, les feux d’herbes ou de champs représentent un total de 36,8 %, soit le plus gros pourcentage des 4 types de feux que l’on fait. Les feux qui n’excèdent pas 1 ha ne sont pas comptabilisés dans les statistiques » ajoute le commandant Langlais. Les feux de types feux d’herbes ou de champs ne sont pas liées à l’activité humaine mais aux conditions météorologiques. En ratio nombre d’heures par nombre d’interventions, les feux d’herbes ont monopolisés 4 295 sapeurs-pompiers sur 8 880 heures. Plus spécifiques au monde agricole, les feux de récoltes (plus souvent liés à l’embrasement du matériel agricole) représentent 19,7 % des feux importants sur 2019 « Ce type de feu provient généralement d’un court-circuit qui va faire une étincelle ». La politique d’intervention instaurée depuis 2015 sur le département de la Creuse implique l’engagement systématique d’une équipe composée d’un véhicule de commandement ainsi que 4 autres véhicules porteurs d’eaux feux de forêts. En revanche, sur tous les autres types de feux, broussailles, récoltes et herbes-champs un VLHR (véhicule de liaison hors route) est engagé avec 2 autres engins incendies. En 2019, la dimension des moyens employés a permis une faible atteinte des surface brûlées par rapport à la surface boisée du département. Le sud creuse reflète quant à lui une absence d’interventions importantes.


1. source La Montagne Creuse

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