Près de 12 000 ménages agricoles pauvres en Nouvelle‑Aquitaine
Selon une étude de l’INSEE, 18 % des personnes vivant dans un ménage agricole en 2020, soit plus de 29 000 personnes, vivent avec un revenu inférieur au seuil de pauvreté. Des chiffres qui cachent des situations disparates selon les intercommunalités.
Selon une étude de l’INSEE, 18 % des personnes vivant dans un ménage agricole en 2020, soit plus de 29 000 personnes, vivent avec un revenu inférieur au seuil de pauvreté. Des chiffres qui cachent des situations disparates selon les intercommunalités.
Des ménages agricoles plus souvent pauvres
En Nouvelle-Aquitaine, 13 % de la population vit avec un revenu annuel inférieur à 13 440 € par an, soit en dessous du seuil de pauvreté. Les ménages agricoles sont plus nombreux à être considérés pauvres puisqu’ils sont 18 % à vivre en dessous de ce seuil. De manière globale, c’est à l’est de la région que se trouvent les plus fortes proportions de ménages agricoles pauvres avec des taux dépassant les 20 % (ex-Limousin, Dordogne). Alors que pour l’ensemble des ménages agricoles, les bénéfices agricoles comptent pour 30 % dans le revenu global, ce chiffre tombe à 13 % pour les ménages agricoles pauvres. Si les revenus non agricoles (salaire du conjoint par exemple) constituent 42 % du revenu global chez ces derniers, cette proportion reste toutefois supérieure dans les ménages agricoles non considérés comme pauvres. La différence se trouve dans la part des prestations sociales et des retraites, perçues de façon beaucoup plus importante chez les ménages pauvres (17 et 27 % contre 4 et 18 %).
Des différences notables selon les lieux de vie
L’INSEE fait également le constat de disparités géographiques importantes. L’institut a donc classé les ménages agricoles pauvres selon cinq profils liés aux intercommunalités. Le premier rassemble 39 % d’entre eux sur 43 intercommunalités situées principalement à l’est de la région, en Dordogne et Pyrénées-Atlantiques. Dans ces zones, les ménages agricoles pauvres sont plus souvent des personnes seules (31 %) sur de petites exploitations, majoritairement en productions animales (69 %). Les bénéfices agricoles représentent 23 % de leur revenu global. Le second profil concerne 38 intercommunalités et 28 % des ménages agricoles pauvres, localisés sur l’est de la Dordogne, le Lot-et-Garonne ainsi le sud des Landes. On y trouve plus d’exploitations en productions végétales, de couples sans enfants et de retraités (20 % de plus de 64 ans). Dans 29 intercommunalités des Deux-Sèvres, de la Vienne et de la Charente-Maritime, on rencontre des ménages plus jeunes (38 % de 30 à 49 ans), en couple avec des enfants et toujours plus fréquemment installés en productions végétales. Un quatrième profil réunit 20 intercommunalités plus proches des centres urbains (Bordeaux, Mont-de-Marsan, La Rochelle, Limoges). Les ménages agricoles s’y consacrent plus souvent à l’agriculture biologique, les circuits courts et les productions végétales. Enfin, le dernier profil concerne 8 % des ménages agricoles sur 18 intercommunalités concentrées autour de Bordeaux et de Cognac. Les exploitations, plus fréquemment de grande taille, sont consacrées à la viticulture. Près de la moitié des ménages concernés déclare des bénéfices agricoles nuls ou négatifs qui sont compensés par d’autres revenus d’activité (65 % de revenus hors agricoles) et par les revenus du patrimoine (27 %).
P. Dumont
Exergue