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Service de remplacement
« Préparer le salarié à son exploitation »

Jean-Luc Tourreix succède à Christophe Ferret au siège de la présidence du Service de Remplacement du Puy-de-Dôme.

© Auvergne Agricole

Le 26 juin dernier, peu après l’assemblée générale du Service de Remplacement 63, Christophe Ferret a souhaité ne pas renouveler son mandat de président. Le conseil d’administration a donc voté en conséquence et élu Jean-Luc Tourreix pour remplir cette fonction. Jusqu’alors vice-président du Service de Remplacement, cet éleveur ovin, âgé de 46 ans, reprend le flambeau.

En quelle année avez-vous adhéré au Service de Remplacement ?

Jean-Luc Tourreix : J’ai adhéré au Service de Remplacement en 1988, l’année de mon installation avec mon épouse. Nous sommes en EARL sur la commune de Gelles (canton de Rochefort-Montagne) où nous élevons un troupeau de 640 brebis Rava. En élevage, il y a toujours un travail d’astreinte. Nous étions conscients que s’il arrivait quelque chose à l’un d’entre nous, nous devions trouver une solution rapide pour le remplacer.

Notre adhésion au Service de Remplacement a permis, à mon épouse, de bénéficier des congés maternité. Une dizaine d’années plus tard nous avons pu prendre notre première semaine de vacances. Puis en 2005, j’ai eu un grave accident avec plusieurs semaines d’hospitalisation. A cette même période, ma femme a également eu un ennui de santé qui ne lui permettait pas de travailler. Certes, la famille et les voisins se sont occupés de la ferme, mais nous étions soulagés de savoir qu’il y avait également un salarié pour les épauler. C’était d’autant plus rassurant qu’auparavant ce salarié avait travaillé plusieurs fois sur l’exploitation.

 

Préconisez-vous la préparation du salarié avant le remplacement ?

J-L. T : Tout à fait, et j’aimerais qu’au Service de Remplacement on trouve le moyen de promouvoir la préparation du salarié. J’entends par là de faire venir le salarié sur l’exploitation au moins une fois par mois. Ainsi, il prendrait connaissance des particularités de la ferme : comme par exemple où se trouve le matériel, l’alimentation des animaux… Le jour où il doit remplacer l’agriculteur au pied levé, il peut se débrouiller tout seul. Malheureusement, pour beaucoup d’adhérents, ce n’est pas automatique. Un salarié travaille dans plusieurs exploitations toutes différentes les unes des autres, il ne peut pas tout savoir du premier coup et se souvenir des particularités de chaque ferme.

 

Lors de l’assemblée générale, nous avons constaté que le nombre de jours de remplacement pour le motif des congés est en constante augmentation. Diriez-vous que les vacances ne sont désormais plus un tabou pour les agriculteurs ?

J-L. T : Les congés sont effectivement au coude à coude avec la santé. En 2012, le Service de Remplacement a effectué 5 512 journées de remplacement pour les congés et 6 957 pour la santé. Alors oui, les vacances pour les agriculteurs ne sont plus un tabou et je dirais même qu’elles sont essentielles. Il est important de se déconnecter de son travail l’espace d’une ou deux semaines. D’autant que les frais de remplacement pour les éleveurs sont pris en charge à hauteur de 50 % par le Crédit d’Impôts et de 40 € par jour, par personne par le Conseil général.

 

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