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Premier semestre 2012 tendu avant un retournement de tendance

L’activité des entreprises cantaliennes et auvergnates a été dynamique en 2011 avant un essoufflement confirmé ces derniers mois par la CCIR et la Banque de France.

© P.Olivieri
Pas assez capitalisées, pas assez tournées vers l’exportation, pas assez versées dans l’innovation... : que n’a-t-on surligné ces dernières années les faiblesses des entreprises cantaliennes malgré, çà et là, quelques réussites éclatantes. Le bilan de santé de l’année écoulée dressé conjointement la semaine dernière par la Banque de France et la chambre de commerce et d’industrie du Cantal a quelque peu temporisé ce verdict sévère même si 2012  s’annonce moins rose, du moins au premiers semestre.

Activité soutenue mais santé financière dégradée

Ainsi, selon l’enquête de conjoncture réalisée auprès des ressortissants de la CCI du Cantal, le tissu économique cantalien s’est enrichi en 2011 d’un cinquantaine d’établissements (+ 1 %) et le nombre de défaillances a continué de se réduire (54 liquidations “seulement” prononcées l’an dernier). L’effectif salarié a lui cru de 2 % entre 2010 et 2011 (contre - 1 % en Auvergne) et de 8 % entre 2005 et 2011 alors que dans le même temps la tendance régionale ne dépassait pas + 3 %. Les plus fortes progressions en la matière se situant dans le BTP (bâtiments - travaux publics, + 25 %) tandis que l’industrie traditionnelle (hors énergie) perdait 9 % de son effectif total et le commerce 6 %. Néanmoins, l’emploi n’a pas pleinement profité de la relance de la machine économique cantalienne, ce qui n’a rien d’étonnant quand on connaît le peu de marges de manœuvre des TPE locales ne disposant, pour la plupart, que de deux ou trois ­salariés. Autre indicateur d’une année 2011 a priori favorable : un nombre de reprises en hausse de près de 30 % (110 reprises sur l’année). Le Cantal restant champion d’Auvergne comme l’a souligné Bernard Bouniol, président de la CCIT, qui voit dans ce statut le résultat des actions conduites par la chambre consulaire et ses partenaires, dont celle menée dans l’hôtellerie-restauration, “Le Cantal vous invite à sa table”. Un satisfecit à nuancer cependant par le recul des créations d’entreprises l’an dernier, notamment au second semestre. À noter que plus de six créations/ reprises ont eu lieu dans le commerce, deux dans les services (- 14 % / 2010) et 15 % dans les activités secondaires (en repli également). L’activité des entreprises a été soutenue en 2011, 47 % des chefs d’entreprise interrogés ayant fait part d’un chiffre d’affaires en hausse (24 % l’ont déclaré stable et 29 % en baisse), surtout dans l’industrie et les services. Ces carnets de commande bien remplis n’ont pour autant pas servi l’investissement : si 80 % des entreprises sondées ont investi en 2011, elles sont majoritairement restées prudentes. Un ralentissement étant ainsi constaté dans tous les secteurs, notamment dans l’industrie et les services. Un constat confirmé par Gérard Chanson en charge du service économie du Conseil général qui notait une baisse plus que significative des demandes de subventions des PME en 2011.

Ralentissement pour 2012

La situation financière des établissements cantaliens s’avère malgré tout fragile avec 43 % des entreprises déclarant avoir connu une détérioration de leurs marges en 2011, situation qui a affecté leur trésorerie hormis chez les industriels qui ont tiré leur épingle du jeu. Au final, en dépit d’un secteur industriel relativement épargné, la rentabilité des TPE et PME du département s’est dégradée. Quid de 2012 ? Un essoufflement est quasi unanimement attendu surtout dans le commerce et les services. 2012 s’annonçant également compliquée dans le secteur du bâtiment et des travaux publics qui subit l’attentisme des collectivités territoriales en période préélectorale. Ainsi un tiers des établissements sondés annoncent une baisse de chiffre d’affaires (CA), 47 % un CA stable et 14 % seulement un CA en hausse (contre 27 % en Auvergne). Seul le secteur de l’industrie - particulièrement tiré par les ventes à l’étranger - anticipe une année favorable. Conséquences : l’emploi devrait rester stable dans 73 % des entreprises, de même que les investissements. Globalement, tous les secteurs de ­l’économie se montrent pessimistes quant à la santé financière des entreprises pour les prochains mois, rejoignant en cela les prévisions de la Banque de France, du moins pour le premier semestre, un point de retournement étant annoncé mi 2012.

 

 

 

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

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