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Pourquoi les enchères n'ont pas flambé pour la salers ?

Trente-sept jeunes reproducteurs salers, dont trois du rameau laitier, étaient à vendre mercredi à la station d’évaluation du Fau. Une vente “correcte”, mais sans plus pour le président du Herd-book salers Frédéric Canal.
 

Un taureau salers défile sur le ring des enchères.
Face aux acheteurs, Ubac a fait grimper la vente aux enchères sous pli.
© Jean-Marc Authié

L’acte 2 de la 43e vente de taureaux salers de la station d’évaluation du Fau s’est déroulé ce mercredi sur le site de Saint-Bonnet-de-Salers. Encore beaucoup de monde dans les gradins pour cette vente aux enchères sous pli (avec un prix plancher fixé à 2 400 €), mais les 37 veaux n’ont pas tous trouvés preneurs.
“On va dire que c’est une vente correcte, sans plus. Il y a une dizaine de veaux invendus. La seule satisfaction, c’est qu’il y a pas mal de veaux qui restent dans le berceau. Cela fait un moment que cela n’était pas arrivé”, exprimait Frédéric Canal, un président du Herd-book salers quelque peu déçu.   

Ubac, meilleure vente

Et de poursuivre : “Les bons veaux se sont bien vendus dans l’ensemble, mais à mon sens, ils auraient pu partir à des prix beaucoup plus hauts.” À noter que pour les onze veaux invendus, les tractations se sont poursuivies après les enchères entre éleveurs et acheteurs (une vente se fera d’ailleurs en coulisses, ndlr), s’ajoutant ainsi aux huit ventes à l’amiable déjà programmées sur le catalogue.
Avec le taureau retenu pour l’IA (lire encadré), c’est un peu plus de 111 600 € de transactions réalisées sur cette vente pour un prix moyen à 4 165 € (4 520 € lors de la vente de la première bande en février). Toujours côté chiffres, la meilleure offre est allée pour Ubac,  à l’EARL Charbonnel à Bassignac. Associés dans cette opération, le lycée agricole d’Aurillac et le Herd-book salers ont déboursé 6 503 €(1). “C’est un choix en commun avec le Herd book dont la technicienne nous suit sur l’exploitation, a expliqué Claire Dupont-Beaudrey, directrice de l’exploitation du lycée agricole Georges-Pompidou. Cela correspond également à nos objectifs de reproduction sur l’exploitation du lycée.” Le choix d’Ubac, meilleure note du catalogue du jour avec 76, porte sur son “bon développement”, des critères généraux “qui nous correspondent bien”, mais aussi sur “l’aspect génétique, une souche (des origines, ndlr) que nous n’avions pas encore sur l’exploitation. C’était important de repartir avec un peu de sang neuf”.
Le lycée agricole avait ciblé deux autres taureaux sur cette vente, mais cela n’a pas pu se faire. “Le but, comme nous l’avons fait aujourd’hui, c’est de pouvoir commercialiser des taureaux de reproduction. On essaye toujours d’avoir les meilleurs pour pouvoir ensuite commercialiser les produits éventuels.” Ce qui s’est passé d’ailleurs dans la matinée avec la vente d’Upsy, propriété de l’établissement, qui s’inscrit “vraiment dans un schéma de production, mais aussi de reproducteurs”, appuyait Éric Cazassus, directeur du lycée agricole.

La salers plaît aussi à l’étranger

Si les exploitations cantaliennes ont fait le nécessaire pour que les reproducteurs de la station restent en majorité sur le berceau, la salers est aussi très appréciée en dehors, au-delà des frontières même. Ainsi, Ulio, à Karine Chabaud (Saignes), est parti en Espagne pour 3 150 €. Mais le Suisse Joan Studer a fait plus fort en achetant lui trois taureaux : un du rameau laitier, Unieux au Gaec Marion (Puy-de-Dôme) pour 2 788 € ; deux du rameau allaitant, Uglas à Christian Folliot (Mayenne) pour 4 888 €, Utrecht au Gaec Gane (Corrèze) pour 5 950 €. 
“Cela fait plusieurs années que nous venons ici, rappelait l’éleveur helvète. C’est peut-être les 8, 9 ou 10e taureaux que l’on achète à la station. Nous avons près de 130 têtes sur l’exploitation et on fait environ 65 vêlages par an. En fait, on a un peu implanté la race chez nous. C’est même le premier cheptel salers qu’il y a eu en Suisse.”
Joan Studer aime la salers, “race extrêmement complète”, vantant les qualités de celle-ci, qui “vêle toute seule, qui allaite bien son veau. Nous sommes aussi dans un pays avec beaucoup d’herbage de bonne qualité. Cela permet de faire des veaux lourds et sans complément. On cherche tous un peu la même chose”.
Producteur essentiellement allaitant sur sa Ferme de Mont Lucelle, Joan Studer s’essaie depuis quelques années “à traire quelques salers pour faire quelques yaourts, mais uniquement pour la famille les amis, quelques connaissances... On fait un peu de ventes, on commercialise un petit peu aussi maintenant, avoue-t-il, même si cela reste anecdotique”. Pour autant, l’investissement de Joan Studer sur le rameau laitier n’est peut-être pas si neutre que cela. “Je pense que c’est une énorme chance pour la race d’avoir un rameau laitier et nous, vu de l’extérieur, on pense qu’il est vraiment dommage que ce rameau ne soit pas assez valorisé. Cela amène  une diversité génétique assez intéressante.”
Notamment à travers cette capacité d’allaitement, mais aussi “les produits qu’ils sont capables de faire avec le lait de salers, c’est formidable”. En Suisse, on trouve dommageable “tous ces fromages vendus avec une tête de salers, mais qui sont faits avec du lait d’une autre vache”. Vaste débat... 

(1) À mettre également sur le podium des ventes : Utrecht, acheté 5 950 € par le suisse Joan Studer au Gaec Gane (Corrèze) ; Unisson, acheté  5 600 € en copropriété par le Gaec de l’Acajou (19) et Stéphane Gibert à l’EARL Jouniac (Orne).

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