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Pourquoi l'A75 reste bloquée à hauteur de Saint-Flour ?

Pas question de démanteler le barrage bloquant installé sur l'autoroute A75 par les agriculteurs du Cantal à hauteur de Saint-Flour. Les annonces de Gabriel Attal ne répondent pas aux attentes.

Tracteurs barrant l'accès à la A75 suite à une action syndicale.
Même après les annonces de Gabriel Attal, les manifestants restent sur place.
© Renaud Saint-André

Sur le barrage de l'A75, le jour des annonces était attendu. Sans trop d'illusion toutefois quant à un vrai changement de paradigme. Dès le début d'après-midi, la centaine de manifestants présents autour de la vingtaine de tracteurs et des deux ensileuses(1) se doute que le camp ne sera pas levé le soir même. Pour ne rien manquer du discours de Gabriel Attal, un vidéo-projecteur s'apprête à diffuser BFM en direct.
Sous le grand chapiteau, chacun trouve place face à l'écran quand démarre l'allocution. Silence, on écoute. Les mines sont souvent crispées, parfois inquiètes et traduisent peu à peu un état d'esprit désabusé. À la fin du discours, alors que l'on perçoit quelques applaudissement autour du Premier ministre en Haute-Garonne, le silence est encore pesant sur le barrage cantalien. Les responsables syndicaux sont en colère. Ils n'ont pas du tout perçu cette volonté gouvernementale de "mettre l'agriculture au-dessus de tout".

On reste !
Au contraire, Patrick Bénézit, vice-président de la FNSEA, estime que Gabriel Attal est "passé à côté de la copie (…) il n'a pas compris le nouveau cap qu'il fallait prendre". Et de prendre l'exemple du Mercosur sur lequel le Premier ministre ne veut pas s'engager sans clauses-miroir : "Il y a plein d'autres accords et déjà 300 000 tonnes de viande qui rentre du Brésil" ; ou encore sur la mesure élevage : "Celle annoncée au Sommet de l'élevage et qui n'a toujours pas abouti" ; les prairies : "Pas un mot sur les prairies sensibles que nous avons"...
Évidemment, personne ne s'attendait à ce que les quelques 130 mesures souhaitées soient actées ce vendredi. Mais l'espoir d'un cap pour aboutir à des solutions point par point n'y étant pas, les réactions sont très négatives. "On a dit qu'on ne voulait pas de pansements, mais de quoi assurer nos revenus pour l'avenir. Il n'y a aucune raison de lever le blocage", confirme Delphine Freyssinier, secrétaire générale de la FDSEA 15. Les manifestants sont organisés pour tenir et la colère risque de monter encore d'un cran.

La colère monte d'un cran
"Les annonces ne sont pas à la hauteur de nos attentes", entérine le président de la Chambre d'agriculture, Patrick Escure. "On savait qu'on serait parti sur une mobilisation qui serait longue, mais on en attendait plus et là, ce n'est vraiment pas suffisant par rapport aux attentes de tout le monde agricole, des éleveurs en particulier. Du côté des JA, on s'avoue "très frustrés". Denis Boudou, secrétaire général des Jeunes agriculteurs du Cantal, qui ne voit pas d'annonces concrètes, notamment sur le renouvellement des générations. 
"Sur l'élevage, rien. Et sur les produits d'importation, hormis le discours sur le Mercosur, rien non plus. Viande, lait, fruits... arrivent massivement en France, y compris de l'UE", constate Mathieu Izabel, membre du bureau des JA en Auvergne-Rhône-Alpes. "Il y a un gros effet de communication, mais derrière, il n'y a rien." Pas de réponses apportées, des agriculteurs toujours dans l'expectative quant à leur avenir, il n'en faut pas plus aux Entreprises de territoires pour continuer à accompagner le mouvement. Patrice Peyrissac, président d'EDT 15, demande à ses troupes de rester sur le barrage.
La nuit tombe, les phares s'allument, on commence à se réchauffer avec un café. Les routiers et quelques automobilistes, malgré la gêne du contournement, saluent de klaxons encourageants les manifestants restés sur place.

(1) Du gros matériel, amené par les entreprises des territoires, solidaires des agriculteurs.

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