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Portrait Jean Prat : Le défi d’une transmission réussie en agriculture

 Lubersac, octobre 2025 — À 21 ans, Jean Prat incarne une nouvelle génération d’agriculteurs : celle qui allie tradition, passion et rigueur entrepreneuriale. 

© UP19

Depuis le 1er avril 2025, il a officiellement rejoint le GAEC Prat, l’exploitation familiale de 185 hectares dédiée à l’élevage de 120 vaches reproductrices

Ici, c’est chez moi », 

déclare-t-il en parcourant les pâturages de Lubersac, où six générations de Prat ont écrit leur histoire. 

Son installation n’est pas une simple formalité, mais le fruit d’une vocation, d’un héritage et d’une vision claire pour l’avenir. 

L’exigence au quotidien : entre passion et performance 

Pour Jean, l’élevage est une affaire de cœur, mais aussi de tête. 

 La passion, c’est essentiel, mais il faut que l’exploitation soit viable », insiste-t-il. 

Avec son père, Sébastien, ils ont un objectif clair : optimiser le cheptel pour obtenir des veaux de meilleure qualité, tout en améliorant la productivité

On cherche sans cesse les meilleures méthodes, que ce soit en génétique ou en gestion », explique-t-il. 

Leur fierté ? Toutes leurs bêtes naissent à la ferme, et certaines, grâce à leur travail sur la génétique, intègrent même le pôle de Lanaud, qui accueille les 400 meilleurs animaux de France. 

 À 21 ans, je veux que les choses soient saines et bien faites », affirme Jean,

déterminé à concilier excellence et durabilité. Mais l’élevage, c’est aussi une charge administrative écrasante. 

Une demi-journée par semaine, je gère tout l’administratif. C’est trop lourd pour les agriculteurs », confie-t-il. « Actuellement, c’est dommage : on ne vit pas de notre travail alors qu’on fait beaucoup d’heures ». 

La succession, elle aussi, est un casse-tête. 

Ma sœur ne travaille pas dans l’agriculture, alors la famille a dû faire un emprunt. Pour l’instant, on se laisse le temps, on s’entend bien et on s’arrange ». 

Heureusement, Jean a pu bénéficier de la DNJA, un coup de pouce indispensable pour démarrer. 

L’innovation comme levier de progrès 

Jean et son père ne se contentent pas de perpétuer les méthodes traditionnelles : ils innovent. « On est en autonomie à 98 % pour les cultures, les 2 % restants étant les protéines », détaille Jean. 

 On cherche à se diversifier, par exemple avec le colza, et on utilise le semis direct pour éviter de labourer ». 

Grâce à la CUMA, ils gagnent en efficacité et préservent les sols en évitant de remuer la matière organique. 

« Le désherbage reste un défi, mais on avance », reconnaît-il. 

Pour anticiper l’avenir, Jean et Sébastien investissent dans des infrastructures modernes : deux nouveaux bâtiments sont en construction, équipés de panneaux photovoltaïques pour le stockage et une partie dédiée à la contention des animaux. « C’est indispensable pour notre sécurité », souligne Jean. 

Mon père a 55 ans, et j’espère qu’il travaillera le plus longtemps possible à mes côtés ». 

La force du collectif : famille, concours et rugby 

Au GAEC Prat, la solidarité familiale est une force. 

À trois – avec mon grand-père –, le travail est plus facile. Quand l’un ne peut pas, l’autre prend le relais », explique Jean. « On gère les urgences ensemble, et ça, c’est une vraie force ». 

Les disputes ? 

 On gueule un bon coup, et puis on se réconcilie autour d’un bon repas. On a tous de sacrés caractères, on est un peu maniaques, mais on a une vision commune. On se fait confiance, on prend sur soi et on sait reconnaître nos erreurs ». 

Hors de la ferme, Jean et son père partagent deux passions : le rugby et les concours

Le rugby, c’est une institution familiale. Ça me permet de sortir, de voir les copains », confie Jean. 

Les concours, c’est une école. Même si on ne gagne pas à tous les coups, on se rencontre, on se compare aux autres, et ça nous permet de nous améliorer, de nous remettre en question ». 

Les défis qui pèsent sur l’avenir 

Malgré leur dynamisme, Jean et Sébastien restent lucides sur les défis qui les attendent. 

La crainte des maladies plane toujours. Avec la DNC, l’abattage du cheptel serait la fin d’une vie. Je ne vois pas comment un éleveur pourrait s’en remettre », s’inquiète Jean. 

 " Heureusement, les cours se maintiennent, ce qui nous donne une marge de manœuvre pour la trésorerie ». 

Pourtant, Jean garde espoirs et un message clair pour les jeunes qui voudraient suivre ses pas : 

Il faut être motivé, patient, et essayer de faire les choses le mieux possible. Et surtout, bien s’entourer ». « L’agriculture, c’est un métier exigeant, mais c’est aussi une aventure humaine incroyable ». 

Jean Prat prouve que l’agriculture de demain se construit avec passion, rigueur, intelligence et audace. Un modèle inspirant pour une nouvelle génération d’agriculteurs. 

Une chose est sûre : à Lubersac, l’histoire des Prat est loin d’être terminée. 

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