Population cantalienne : pourquoi la remontada ne se confirme pas ?
À peine gonflé, le soufflé retombe déjà : entre 2025 et 2026, le département perd à nouveau des habitants, toujours pénalisé par sa pyramide des âges.
À peine gonflé, le soufflé retombe déjà : entre 2025 et 2026, le département perd à nouveau des habitants, toujours pénalisé par sa pyramide des âges.
L’inversion de la courbe n’aura-t-elle été qu’éphémère ? Après avoir reconquis 173 habitants au 1er janvier 2025 (population de référence 2022(1)) portant sa population à 144 399 âmes, patatras : le Cantal a reperdu des habitants selon les derniers chiffres publiés par l’Insee. Il manque peu ou prou la population de Madic, soit 203 habitants pour que le département tienne la corde. Au 1er janvier 2026, ce sont donc officiellement 144 196 personnes qui peuplent le Cantal, ce dernier pointant au 96e rang national et restant bon dernier d’Auvergne-Rhône-Alpes. En un quart de siècle, le pays vert a vu sa population s’effriter de 4,4 %. Sur la période 2017-2023, l’érosion démographique atteint - 0,1 %, elle est cependant ralentie par rapport à la période précédente (- 0,3 %). La faute, encore et toujours, à une pyramide des âges - et donc à un solde naturel défavorable : - 0,8 % (plus fort qu’entre 2012 et 2017). Alors que le solde migratoire cantalien n’a lui rien à envier aux cousins rhônalpins : + 0,6 % entre 2017 et 2023 (soit le double qu’entre 2012 et 2017). C’est le troisième meilleur score régional derrière l’Ardèche et l’Ain.
Carton pour Maurs... et le Fau
La comparaison 2026 vs 2025 fait apparaître des trajectoires infradépartementales différentes : 133 communes enregistrent une baisse démographique, 24 restent stables, 88 gagnent des ressortissants. Dans le Top 5 de celles qui gagnent le plus d’habitants, en valeur absolue : la Petite Nice du Cantal, Maurs (2174, + 43) qui ne ménage pas ses efforts en termes
d’animations et de communication ; Saint-Urcize (+ 26), Aurillac (+ 25), Ytrac (+23) ainsi que Naucelles et Saint-Simon (+ 17). À noter également dans le Nord-Cantal, la belle progression pour Saignes (+ 14). En valeur relative en revanche, c’est le Fau qui s’illustre : avec trois habitants de plus, la commune fait un bond de près de 10 %. Fridefont, Valjouze, Saint-Urcize dépassent les + 5 %.
A contrario, en valeur absolue, Mauriac enregistre la plus forte baisse : - 54 habitants (3 449 hbts), suivie de Saint-Étienne-de-Maurs et Val d’Arcomie (- 24 chacune), Pierrefort (- 23) et Marmanhac (- 19). Ramenée à leur population, c’est La Monselie, Leynhac, Arches, Saint-Victor et Vernols qui accusent le plus fort repli (supérieur à - 5 %).
Au 1er janvier 2026, le quinté des communes cantaliennes les plus peuplées reste identique : Aurillac (26 214, + 25), Saint-Flour (6 391, + 1), Arpajon (6 361, - 2), Ytrac (4 339, + 23) et Mauriac (3 449, - 54).
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Le Nord-Cantal toujours à la peine
L’Insee s’est aussi penché sur l’évolution de la population des cantons et des intercommunalités, cette fois entre 2017 et 2023. Avec des résultats inattendus, le canton le plus peuplé est celui de Maurs avec 11 319 habitants (- 0,1 %), devançant celui d’Arpajon-sur-Cère (11 237, + 0,2 %), et de Vic-sur-Cère (11 120). Mais ce sont ceux d’Aurillac 2 et 1 qui affichent la plus forte croissance. À l’inverse, les cantons de Murat et de Riom-ès-Montagnes subissent les replis les plus importants (- 1 % avec respectivement 7 638 et 7 400 habitants). À l’échelle des EPCI, sans surprise, le plus dynamique reste Aurillac Agglo (54 289, + 0,3 %) mais aussi Cère et Goul en Carladès (4 399, + 0,3 %). Décroissance marquée en revanche pour le pays Gentiane (6 449, - 0,9 %), pays de Mauriac (6 454, - 0,7 %), Hautes Terres communauté (11 076, - 0,7 %), Sumène Artense (8 214, - 0,5 %).
(1) La population de référence 2022 est celle qui est en vigueur en 2025, celle de 2023 sert au
millésime 2026.