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Pierre Roussel, le capitaine et troisième ligne du Stade aurillacois tire sa révérence

Avec dix années passées dans le Cantal, et près de 225 feuilles de match en Pro D2, dont 195 titularisations, Pierre Roussel va disputer son dernier match avec Aurillac jeudi, contre Oyonnax.

Pierre Roussel, la der jeudi soir face à Oyonnax, match à 20 h 45 à Jean-Alric.
Pierre Roussel, la der jeudi soir face à Oyonnax, match à 20 h 45 à Jean-Alric.
© J.-M. A.

A rrivé sur la pointe des pieds de Castres en 2012, à la demande de Jeremy Davidson, Pierre Roussel a fait du chemin depuis. Une décennie cantalienne marquée par la finale face à Bayonne, par les angoisses de la descente, par le respect des autres via le brassard de capitaine. Pierre Roussel, c'est une vraie tronche de rugby qui a fait le choix du coeur et de la raison. À bientôt 34 ans, le natif de Vernon (Eure) va rejoindre sa compagne Estelle du côté d'Albi... et faire un nouveau saut ! Pas dans l'alignement cette fois, mais dans la gestion de patrimoine.

Pierre, vous venez d'annoncer votre fin de parcours à Aurillac. Cela a été une décision longue à mûrir ?
Pierre Roussel : "J'y réfléchis depuis assez longtemps, on y réfléchit depuis assez longtemps car je ne suis pas tout seul. Cela s'est fait tout simplement, tout naturellement. On avait besoin... il fallait que l'on vive ensemble tout simplement, d'avoir une vie ensemble. Le choix a été que j'arrête, que je dénonce mon plus un an(1) pour aller la rejoindre à Albi. Il y a eu la distance et le fait aussi que l'on vieillit... Nous avions envie de projets futurs, simplement."

Vous êtes une "tronche" dans le rugby. Vous préparez votre reconversion depuis un petit moment ?
P. R. : "J'ai fait un BTS quand j'étais à Castres, puis un équivalent licence-master avec une école privée à Toulouse. J'aurais pu m'arrêter là et pouvoir travailler par la suite, du moins à la suite du rugby. Et puis il y a eu une passerelle, une opportunité et j'ai fait un master II en gestion du patrimoine à la faculté de Toulouse. Un master par correspondance va m'amener à travailler donc dans la gestion de patrimoine, que ce soit dans la banque, dans l'assurance... J'ai obtenu ce master en 2019, juste avant le Covid. C'est vraiment quelque chose qui m'intéresse. Mais je n'ai fait que des études jusqu'ici. Je n'ai pas le recul avec des stages. Je vais vraiment découvrir. Là où d'habitude on attaque le métier à 25 ans, moi j'en aurai 34, voire plus."

Votre compagne est dans ce secteur d'activités ?
P. R. : "Pas du tout ! Elle a fait du droit public et travaille actuellement au Centre de gestion du Tarn. Elle est juriste en droit public plus précisément. C'est elle la vraie tronche."

Concilier études et sport de haut niveau, ce n'est pas aussi simple ?
P. R. : "J'avoue que cela a été dur. C'est costaud d'autant que le master II je l'ai fait en deux ans. Pourtant, si c'était à refaire, je le referais sans hésiter. L'avantage que j'avais au début, c'est que l'on s'entraînait souvent le matin et rarement l'après-midi à l'époque d'André Bester. Du coup,  on finissait aux environs de 13 heures, ce qui me laissait tous les après-midis pour travailler. C'était un rythme à prendre.
Je me souviens de mes cours que je révisais dans le bus lors des déplacements. Les gars se doutaient bien que quand je sortais mes gros bouquins, ce n'était pas pour réviser les lancers en touche. Les touches, c'était beaucoup plus facile (rires). Aujourd'hui, avec le planning que l'on a, cela aurait été beaucoup plus compliqué."

"Je voulais jouer, tout simplement"

D'un point de vue sportif, ce n'était pas trop dur les lendemains de matches ?
P. R. : "Je fais mes matches et il est vrai qu'avec l'âge, jusqu'au mardi, voire le mercredi, c'est parfois difficile. Mais j'arrive à me gérer, en me préparant autrement, voire plus intelligemment qu'avant. C'est tout un travail en amont en fait. Et puis, j'ai été un peu plus blessé, donc quand tu es blessé, c'est plus facile pour souffler. Le staff a été aussi attentif à cela avec des "semaines vertes" pour les plus anciens."

Vous êtes arrivé en 2012 en provenance du Castres olympique. Vous attendiez quoi ?
P. R. : "Je voulais jouer, tout simplement. À Castres, j'étais frustré de ne pas jouer. J'étais avec les pros, mais sans beaucoup de temps de jeu. J'ai dû jouer trois matches en pro et puis je redescendais tous les week-end en espoir. Mais au bout d'un moment, on en a marre."

Aurillac était un choix, une opportunité ?
P. R. : "À l'époque, je ne connaissais pas trop. Avec Castres, je regardais plus du côté du Top 14. J'avais Albi aussi à l'époque, mais le courant est bien passé avec Jeremy (Davidson, alors entraîneur du Stade aurillacois avec Thierry Peuchlestrade, NDLR). Lui me voulait, alors le choix s'est fait rapidement. À l'époque, il n'y avait pas ce système de Jiff(2). Il ne fallait pas non plus être trop présomptueux car des troisièmes lignes, il y en avait plein."

En dix ans, vous aurez vécu pas mal de choses, du bon au moins bon. Que retenez-vous ?
P. R. : "Du bon sur les cinq premières années, jusqu'à l'année de la finale (en 2016 face à Bayonne, NDLR), mon plus gros regret, même l'année d'après, et les cinq dernières beaucoup plus compliquées. Dans tous les cas, même dans la difficulté, cela restera des souvenirs positifs, à l'image de ce point que nous sommes allés chercher à Nevers lors de la dernière journée."

Le capitanat, un véritable "honneur"

Ce match-là représente ce que doit être l'esprit d'équipe ?
P. R. : "On était tous dans le même bateau. Si on ne prend pas le point, on descend et on sait que cela aurait été très compliqué de remonter. Cela forge un groupe. Tout comme la victoire l'an dernier à Colomiers. On voit la force de caractère d'un groupe dans ce genre de rencontre. Ces dernières années, on ne respirait pas sur les derniers matches. On gamberge sur l'avenir. On se pose beaucoup de questions. Cette saison, c'est différent, c'est plus appréciable de savoir que l'on est sauvé à trois quatre journées de la fin."

Le brassard de capitaine, c'est important aussi ?
P. R. : "J'étais complémentaire de Paul (Boisset, NDLR) avec peut-être un peu plus de calme. J'ai peut-être été obligé depuis de forcer un peu plus ma nature. C'est un honneur que d'être capitaine d'une équipe. C'est la reconnaissance d'un groupe, d'un club."

En dix ans, pas mal de liens se créent ?
P. R. : "C'est clair. J'ai tellement côtoyé de joueurs... Il y a Seb aussi (Sébastien Delpirou, préparateur physique, NDLR) avec qui j'ai une relation particulière depuis mon arrivée... car je me suis blessé d'entrée.  Il m'a toujours aidé. J'ai tellement de monde à remercier aussi que je ne veux pas commettre d'impair..."

C'est tout vous  cette humilité, cet esprit club ?
P. R. : "Vous le savez bien. Après il y a le Pierre que vous voyez ici, et celui du terrain. Mon attitude n'est pas la même. Si j'ai un truc à dire, je ne le garde pas pour moi. Quand on fait son boulot et que l'on donne tout pour son maillot, une forme de respect se crée. Et la transmission se fait naturellement avec les jeunes, comme avec Théo Cambon ou Beka Schvangiradze que j'apprécie. De toute façon, comment je suis, ce sont les autres qui en parleraient beaucoup mieux que moi !"   

(1) Le capitaine aurillacois avait une année supplémentaire en option.
(2) Jeune issu de la formation française.

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