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Autoconsommation
Photovoltaïque : quid de l'autoconsommation

Face à l’inflation et la crise énergétique, la production d’électricité solaire apparaît comme une solution pour les agriculteurs souhaitant limiter leurs charges grâce à l’autoconsommation.

Aujourd'hui, auto-consommer son électricité est plus rentable que de l'acheter chez un fournisseur.
Aujourd'hui, auto-consommer son électricité est plus rentable que de l'acheter chez un fournisseur.
© Réussir SA

Le mardi 27 septembre, la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme organisait une réunion d’information à Besse-Saint-Anastaise sur l’installation de centrales photovoltaïques et l'autoconsommation au sein des exploitations agricoles pour surmonter la crise énergétique. Une trentaine d’agriculteurs étaient présents.

Un contexte favorable

Avec une baisse de la production nucléaire en France (due à des centrales vieillissantes et coûteuses), le contexte politique est favorable au développement du solaire. Aujourd’hui, avec un projet bien ficelé, le coût du kWh (kilowatt/heure) autoproduit en solaire est inférieur à celui du marché électrique (qui s’élève actuellement à 0,17€). Auto-consommer s’impose comme une solution d’avenir : « une hausse de 15% du prix de l’électricité est prévue en 2023 » annonce Florent Gagne, conseiller énergie à la Chambre de la Haute-Loire.

Consommation et rentabilité

Pour monter un projet rentable, une analyse de ses habitudes de consommation horaire (indiquées sur le compteur Enedis) doit être faite en amont. L’énergie solaire étant intermittente (puisqu’elle dépend de l’éclairement), un contrat avec un fournisseur est nécessaire pour être fourni durant les heures où la centrale ne produit pas (notamment la nuit). L’autoconsommation se prête donc moins à certaines activités, « un éleveur laitier qui fait tourner ses machines de traite tôt le matin et en soirée trouvera moins d’intérêt à auto-consommer » illustre Florent Gagne. Pour ceux qui le peuvent, réorganiser son temps de travail en concentrant les activités énergivores aux moments les plus ensoleillés et utiliser des équipements plus efficaces (récupérateur de chaleur, solaire, thermique...) participera à faire baisser la note.
Pour installer une centrale sur un bâtiment, on privilégie les toitures en bac acier. La pente optimale du toit se situe aux alentours de 15 degrés, et la production varie en fonction de son orientation. Cette dernière influe plus sur la répartition des pics de production (à mettre en corrélation avec la consommation horaire) que sur la quantité totale d’électricité produite. Pour un meilleur rendement, il est possible d’investir dans un tracker solaire. Plus une centrale sera grande, plus elle sera rentable. La surface de toiture nécessaire (en mètres carrés) à une installation peut être calculée en multipliant par cinq la puissance de la future centrale.
Le coût de l’investissement (hors charges et assurance) se situe aux alentours des 20 000 € pour 9 kWc (kilowatt crête), 40 000 € pour 36 kWc, 75 000 € pour 100 kWc ou encore 300 000 € pour 500 kWc. En moyenne, il faut compter une dizaine d’années pour avoir un retour sur l’investissement.

Vente du surplus

« À partir de 500 mètres carrés de toiture et une Production de puissance supérieure ou égale à 100 kWc (kilovoltampère), la vente du surplus commence à être intéressante » selon le conseiller, qui précise que «très peu d’exploitations agricoles ont cette possibilité». Dans ce cas de figure, uniquement valable avec un soutirage au tarif jaune, l’achat d’électricité se fait aux offres de marché et ne donne donc pas le droit au bouclier tarifaire.
La valorisation du surplus injecté sur le réseau varie en fonction du projet :
- De 3 à 99 kWc : plus la puissance injectée dans le réseau est grande, moins la prime du kWc et le tarif du kWh seront élevés, passant respectivement de 430€ à 90€/kWc et de 0,10€ à 0,06€/kWh (chiffres valables jusqu’au 31/10/22).
- De 100 à 500 kWc de puissance, il n’y a plus de prime mais le tarif du kWh est plus intéressant (actuellement fixé à 0,11€).
Pour plus d’informations, contactez Thierry Roche, conseiller modernisation à la Chambre d’agriculture du Puy-de-Dôme au 04 73 44 45 73.

 

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