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Pédagogie plutôt qu'épreuve de force

La journée d'action nationale du vendredi 7 novembre, à l'initiative de la FNSEA et des JA, visait à dénoncer les prix pratiqués dans les rayons de la grande distribution, et la baisse des revenus des agriculteurs. IL ne s'agissait pas d'une démonstration de force vis à vis des pouvoirs publics, mais la cible était les GMS qui "se targuent de défendre le pouvoir d'achat des français".

Les actions étaient essentiellement focalisées sur la responsabilité de la grande distribution.
Les actions étaient essentiellement focalisées sur la responsabilité de la grande distribution.
© Agra

Ne pas se tromper de cible ni de message. Telle est l’équation d’une manifestation syndicale réussie. Même si la mobilisation lancée par la FNSEA et les Jeunes agriculteurs, le 7 novembre, avait en ligne de mire la conférence agricole sur le revenu du 12 novembre, il ne s’agissait pas de faire une démonstration de force pour faire pression sur le pouvoir en place.  « Les pouvoirs publics ne sont pas notre cible privilégiée pour cette journée nationale d’actions mais c’est la grande distribution qui se targue de défendre le pouvoir d’achat des Français », expliquait Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA. La cible de cette mobilisation était donc la grande distribution dont la «pression est insupportable» pouvait-on lire sur un tract qui devait être distribué lors de cette journée. Ainsi, la Loi LME (loi de modernisation de l’économie) ne « protège pas les fournisseurs mais les fragilise ».

Union sacrée

« Les transformateurs ne doivent plus accepter les diminutions de prix. Ils ne doivent plus subir le diktat de la grande distribution », précisait le tract de la FNSEA. En résumé : « Les agriculteurs sont derrière les transformateurs » même si ces agriculteurs demandent à ne pas être les seuls à assumer la forte augmentation des charges. Cette union sacrée sur le papier ferait presque oublier la mobilisation des producteurs de lait qui se poursuit et vise en premier… les transformateurs. En organisant le blocage des laiteries, les producteurs contestent des baisses de prix du lait jugées inacceptables.

Liberté d’action

La stratégie de la FNSEA pour cette journée du 7 novembre a été de permettre à ses fédérations de choisir leur type d’actions. Bon nombre de départements ont joué le jeu de l’état d’esprit constructif de cette mobilisation : de l’installation d’une mini-ferme devant la préfecture de la Mayenne, à la réalisation d’un «agro pique-nique» géant dans le département de la Marne, d’un barbecue dans l’Orne ou d’une vente aux consommateurs de produits à prix coûtant (Haute-Saône) en passant par une opération chrysanthèmes dans les rayons des GMS (Doubs), ou de «stickage» de certains produits dans des enseignes (Indre) mentionnant : « Ce produit est payé X euros aux producteurs ».
Dans ces départements, l’objectif pédagogique de faire comprendre la « réalité » des prix agricoles et des charges pouvait être considéré comme atteint. C’était moins le cas en Ile-de-France, où la FDSEA et les JA avaient changé de registre. Ils dénonçaient « la politique confiscatoire du ministre de l’Agriculture », à savoir l’harmonisation des aides Pac notamment par le biais de l’article 68.
« La FNSEA est bien gentille », résumaient les syndicalistes de la FDSEA et des JA d’Ile-de-France. Trop peut-être, pour eux. C’est le résultat de la conférence du 12 novembre qui le dira. À ce titre, le tract diffusé par la grande maison était révélateur. En termes de revenu « décent et stable », le syndicat indiquait simplement que « les productions agricoles doivent être considérées au cas par cas ». L’attente des syndicalistes majoritaires est d’obtenir « des mesures ponctuelles adaptées, comme l’avance de versements des soutiens au 15 novembre, une année blanche pour les charges bancaires et sociales » … Rien d’un « grand soir ». Mais Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA, résolument optimiste, y croit. C’est lui qui a obtenu la tenue de cette conférence. Il appelle, sur le site internet de son syndicat à l’unité au sein de la grande maison: « Assemblés, unis, nous avons le pouvoir de changer la donne ». Il ne croit pas si bien dire.

Jean Michel Lemétayer :

« François Fillon a conscience qu’il faut aider certains secteurs en difficulté »

« François Fillon a conscience qu’il faut aider certains secteurs en difficulté », a déclaré Jean-Michel Lemétayer à l’issue d’une heure d’entretien avec le Premier ministre le 4 novembre. «Je pense qu’il y aura des mesures qui devraient prendre la forme de prises en charge d’intérêts, de reports de charges sociales et d’allégements des charges», a  expliqué le président de la FNSEA. Des groupes de travail interministériels seraient actuellement actifs pour définir la nature concrète de ces mesures.
Jean-Michel Lemétayer a décrit les raisons pour lesquelles les agriculteurs, «fortement mobilisés», ont manifesté le 7 novembre en prélude à la conférence sur le revenu du 12 novembre. Il a mis en évidence le «retournement de situation des marchés», «une distribution pour peser sur les tarifs de ses fournisseurs». La question européenne a également été évoquée avec le premier ministre, le leader syndical stigmatisant Mariann Fisher Boel, la commissaire à l’agriculture, «qui ne veut pas entendre parler régulation et se borne à la logique du marché et des paiements uniques».
A propos des résultats prévus du bilan de santé de la Pac, il a demandé que la modulation soit la plus faible possible: « 4% à 5 % c’est beaucoup », affirme-t-il. En ce qui concerne la participation des céréaliers à une aide pour les éleveurs, « j’aurais souhaité que le monde végétal fasse un geste pour alléger les charges d’aliment du bétail des éleveurs », a affirmé le président de la FNSEA selon lequel « la situation est moins favorable aujourd’hui mais la discussion doit rester ouverte ».

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