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Pas d’éolienne à Cézens, clap de fin au nom des paysages

Après neuf ans de combat dont trois devant la justice, l’entreprise Boralex n’installera pas d’éolienne à Cézens. Il en résulte aussi une jurisprudence en faveur du paysage.  explications. 

un groupe de personnes
Après le combat juridique, l’association veut poursuivre en faveur d’un développement voulu par les habitants.
© B.Parret

Devant e Conseil d'État

Le 17 novembre dernier, le Conseil d’État a enlevé la décision de rejet du pourvoi en appel de la société Boralex contre l’avis de la cour administrative d’appel de Lyon dans le dossier du parc éolien de Cézens. Cette dernière avait notifié que ce parc éolien “nuirait à la qualité des paysages”.
Devant cette même cour, la société Boralex avait contesté l’arrêté du préfet de “non autorisation d’exploitation” pris un an plus tôt. Étant la dernière institution à pourvoir trancher, le rendu du Conseil d’État clôt définitivement le dossier. 


Une décision “en faveur des paysages”

Une jurisprudence qui aura un effet dissuasif pour tout promoteur qui envisagerait des installations industrielles incompatibles avec les paysages".


C’est “une victoire” pour l’association de Sauvegarde des Monts 
du Cantal, son avocate et la commune de Cézens engagés dans la bataille juridique à chaque étape depuis trois ans. Ce projet de parc éolien envisagé au sud du Plomb du Cantal, près du hameau de Trélis, est “définitivement irrecevable au motif qu’il porterait atteinte à l’intégralité des paysages des monts du Cantal”, rappelle maître Audrey Oudoul, avocate de l’association. “C’est un combat juridique long mais surtout 
une victoire pour l’exception paysagère des monts du Cantal. Et, au-delà du dossier de Cézens, c’est un signe fort avec une jurisprudence de la cour d’appel de Lyon qui aura un effet dissuasif pour tout promoteur qui envisagerait des installations industrielles incompatibles avec les paysages. Nous avons une 
évolution par rapport à la seule protection de la faune car les monts du Cantal seront toujours là où ils sont. Cette jurisprudence est extrêmement marquante”, relève-t-elle. De l’autre côté de l’ancien volcan,  le projet d’un parc éolien porté également par la société Boralex avait connu en 2023 un sort 
identique devant la cour d’appel de Lyon après, là aussi, un arrêté du préfet du Cantal négatif à toute installation. Pour autant, à Cézens, si on s’avoue soulagé, la vigilance reste de mise face à de nouvelles 
tentatives à quelques dizaines de mètres ou quelques kilomètres.  

   
Retrouver la sérénité et avancer

Nous avons porté des projets alternatifs de développement".


Après ce combat juridique, l’association de Sauvegarde des monts du Cantal ne veut pas en rester là. Elle souhaite poursuivre son engagement à trouver des alternatives pour faire vivre le territoire “comme le souhaitent les habitants”. 
“Nous étions 4 en 2016 et nous sommes 400 adhérents dans l’association aujourd’hui, fait part le président, Matthieu Hubert. Nous avons eu le soutien de nombreux élus du secteur et du département, celui des élus de Saint-Flour communauté pour signer une motion en faveur de notre combat et financer l’étude environnementale. Nous avons fédéré autour de nous contre ce projet éolien mais, aussi, parce qu’en regroupant les synergies et en étant proactifs, nous avons porté des projets alternatifs de développement. Nous allons poursuivre en ce sens dans un climat de sérénité retrouvée.” 
Comme annoncé lors de l’assemblée générale (voir notre édition du 29 novembre) l’association ne va pas disparaître. Elle portera encore en juin 2026 la fête du pastoralisme qui coïncidera avec l’année internationale du pastoralisme. Il s’agit de réfléchir sur l’agriculture de montagne. Ce sera aussi le projet de trail “D’un volcan à l’autre”, avec l’association du Grand Parcours à Chaudes-Aigues pour aborder le potentiel touristique du territoire. “Nous voulons apporter de nouvelles perspectives”, réaffirme Matthieu Hubert.

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