Pas de déremboursement des cures thermales, mais la vigilance reste de mise
Alors que l'adoption du budget de la Sécu a rendu caduc le projet de déremboursement des cures thermales et que la tentative du Gouvernement de passer en force par voie de décret a échoué, le sénateur du Puy-de-Dôme, Jean-Marc Boyer, estime que le temps presse pour fournir à la Haute autorité de santé des études qui valident les bienfaits thérapeutiques de ces cures.
Alors que l'adoption du budget de la Sécu a rendu caduc le projet de déremboursement des cures thermales et que la tentative du Gouvernement de passer en force par voie de décret a échoué, le sénateur du Puy-de-Dôme, Jean-Marc Boyer, estime que le temps presse pour fournir à la Haute autorité de santé des études qui valident les bienfaits thérapeutiques de ces cures.
Le PLFSS 2026 ne prévoit au final aucun déremboursement des cures thermales. C'est un soulagement pour les territoires comme ceux du Massif central qui compte bon nombre de stations thermales…
Jean-Marc Boyer : Cette menace du déremboursement des cures thermales plane depuis plus de trente ans. Cette fois-ci, le péril semblait bien réel, c'est pourquoi, tous bords confondus, les parlementaires sont montés au créneau. D'autant qu'au lendemain du vote le 16 décembre du budget de la Sécurité sociale invalidant le projet de déremboursement des cures thermales, nous redoutions que le Gouvernement passe outre cette décision en passant par voie de décret.
Une pétition contre le déremboursement des cures thermales a recueilli 116 000 signatures
Jean-Marc Boyer : Nous nous sommes organisés, nous avons adressé des courriers au Premier ministre, à la ministre de la Santé. Plusieurs d'entre nous ont posé des questions au Gouvernement à l'Assemblée nationale et au Sénat. Denis Fégné, député des Hautes-Pyrénées et président du groupe thermalisme à l'Assemblée nationale a lancé une tribune pétition contre le déremboursement des cures thermales qui a recueilli 116 000 signatures. Cela a pesé dans la décision, si bien que le Gouvernement, par la voix d’Amélie de Montchalin, ministre de l’Action et des comptes publics, s’est engagé à ne pas aller à l’encontre du Parlement avec un décret. La ministre me l'a confirmé verbalement.
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Quel est le poids du thermalisme en France ?
Jean-Marc Boyer : Sur le volet médical d'abord, une soixantaine d'études cliniques ont démontré un réel bénéfice pour les patients. Les effets de la médecine thermale s’inscrivent dans la durée, entre six et neuf mois, avec une réduction significative du recours aux traitements médicamenteux. Elle répond ainsi aux attentes contemporaines d’une médecine moins invasive, plus physiothérapeutique et centrée sur le patient. Sur le volet économique, les 88 stations thermales génèrent chaque année en France, 4,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires. C'est colossal, d'autant que 75 % des communes thermales comptent moins de 5 000 habitants. Sans cette activité, la vitalité de ces territoires serait fortement compromise. Rappelons qu'au regard des services rendus, les cures thermales ne pèsent que 0,15 % du budget de la Sécurité sociale.
Chaque année, plus de 500 000 personnes suivent une cure thermale en France.
Comment à l'avenir sanctuariser le remboursement des cures thermales ?
Jean-Marc Boyer : Pour que ce sujet ne revienne pas régulièrement sur la table, il faut impérativement que la Haute autorité de santé (HAS) valide les bienfaits thérapeutiques des cures thermales. Dans les six mois à venir, il va donc en fournir la preuve par des études. Nous avons déjà des éléments tangibles mais les acteurs du secteur doivent aller encore plus loin. Les études réalisées par l'Association française pour la recherche thermale vont être évaluées très prochainement par la HAS.