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Paratuberculose : Se protéger et intervenir rapidement lors d’alerte

La campagne 2018-2019 confirme votre mobilisation contre cette maladie avec une augmentation du nombre de cheptels sous apport de garantie.

© GDS Creuse

La paratuberculose bovine reste une maladie insidieuse avec des conséquences économiques importantes. Les pertes sont directes (mortalité, euthanasie des malades, baisses de production) et indirectes (non-accès à certains débouchés commerciaux) pénalisant aussi bien tout éleveur acquéreur que certains secteurs tels que la vente de génétique ou la filière de reproduction assistée (insémination, transfert embryonnaire).

Un impact économique accru
Du fait de l’interdiction d’animal malade en abattoir, dès l’apparition de signes cliniques, un bovin paratuberculeux ne présente plus de valeur. Sa destination sera l’équarrissage. Ainsi, aux pertes de production, s’ajoute, dès le début des signes cliniques, la perte totale de l’animal. Ceci explique l’augmentation de la vigilance en matière de paratuberculose et la progression des plans d’assainissement et des exigences en matière de garanties sanitaires vis à vis de cette maladie.

Des caractéristiques de cette maladie qui rendent sa maîtrise difficile…
Trois caractéristiques de cette maladie conditionnent les plans de lutte et de prévention :
- Un germe très résistant dans le milieu extérieur, tout particulièrement en milieu acide.
- Un long développement au niveau de l’animal. Le germe se développe très lentement chez le bovin, la contamination a lieu souvent dans les premiers mois de vie et les premiers symptômes apparaissent, en cheptel allaitant, entre 2 à 4 ans dans 50 % des cas, beaucoup plus tard (jusqu’à l’âge de 10 ans et plus) pour les 50 autres %. La période d’excrétion et donc de contamination du milieu sera plus ou moins longue en fonction de l’animal et de son maintien dans l’exploitation.
- Des analyses disponibles pour détecter les bovins atteints imparfaites puisque la détection des bovins infectés ne peut intervenir que 2 ans minimum après l’infection, lorsqu’ils sont en phase d’excrétion (PCR) ou à un stade d’infection avancé (ELISA). Leur répétition au niveau d’un troupeau permet d’apporter des garanties de cheptel. Le bénéfice immédiat de ces analyses est la détection d’animaux infectés avant qu’ils ne présentent des symptômes et donc permet de les réformer dans de bonnes conditions pour une bonne valorisation économique.

… d’où la nécessité d’associer précocité d’intervention, vigilance et constance dans l’action
Du fait des caractéristiques de cette maladie, plus l’intervention sera précoce (intervenir dès la mise en évidence de la maladie dans l’élevage), moins le plan d’assainissement sera long et donc coûteux. Le plan de lutte s’appuie sur deux catégories de mesures : la détection et la réforme précoce des animaux excréteurs et de leur dernier descendant, et la maîtrise sanitaire des risques de contamination. Toute omission d’une mesure, expose au mieux à une augmentation de la durée du plan, au pire à un échec.

Un dépistage systématique pour aller vers l’assainissement…
Le bilan de la campagne 2018-2019 fait apparaître une situation qui évolue favorablement. 352 cheptels sont en plan pour 27 000 animaux dépistés. 16 élevages sont entrés en plan sur la campagne suite à identification d’un cas clinique ou pour obtenir l’apport de garantie. 18 élevages sont sortis de plan, pour cause de cessation ou parce que l’objectif d’assainissement était atteint. 25 cheptels sont en cours d’acquisition de l’apport de garantie et sur les 143 cheptels en assainissement, 40 ont obtenu une première série de résultats négatifs. L’historique de dépistage accumulé dans ces élevages permet de renforcer les garanties apportées par rapport aux cheptels tout venant, même si l’assainissement n’est pas terminé. Autre point positif, nous constatons une augmentation régulière du nombre de cheptels sous apport de garantie montrant que le dépistage sérologique annuel et des mesures sanitaires rigoureuses permettent de maîtriser la maladie dans un élevage.

… et poursuivre sur l’apport de garantie…
Au niveau national, un référentiel technique national d’apport de garantie de cheptel a été élaboré avec des évolutions importantes en 2018. Il repose sur les données scientifiques actualisées et les éléments de terrain recueillis au sein des différentes régions et en particulier sur le travail réalisé dans le Limousin. Ce dispositif est à disposition de tous les GDS depuis mai 2004. La connaissance du statut du cheptel d’origine apporte la meilleure garantie lors de mouvements d’animaux. 184 élevages sont sous apport de garantie (au moins deux séries négatives sur tous les bovins de plus de 24 mois). La moitié sont des cheptels reproducteurs limousins, le dépistage de la paratuberculose étant une obligation pour l’adhésion au Herd-Book Limousin (HBL). En Creuse, 90 % des élevages adhérents au HBL sont sous apport de garantie. Ce taux est supérieur à la moyenne nationale, preuve de la qualité du travail entrepris par les éleveurs creusois. Outre ces élevages HBL, 88 élevages sont aussi sous apport de garantie, essentiellement des éleveurs limousins qui commercialisent des animaux reproducteurs ou qui souhaitent préparer leur cessation et transmettre un cheptel sain. Ceci fait suite à la sensibilisation mise en place par GDS Creuse depuis plusieurs années.

… en restant vigilant pour ne pas se contaminer
Tous les ans, quelques éleveurs perdent leur apport de garantie du fait de la découverte d’animaux positifs ou de cas cliniques. Les causes de cette recontamination sont multiples : achat de terrain contaminé, abreuvement à une eau contaminée, introduction d’un animal porteur. Les éleveurs sous apport de garantie sont fortement encouragés à acheter des animaux dans des cheptels de même statut. Si un bovin de plus de 18 mois provenant d’un cheptel non garanti est introduit, il devra faire l’objet d’un contrôle à l’introduction en ayant conscience des limites de cet examen. GDS Creuse, avec l’aide du Conseil Départemental, prend en charge 50 % des frais d’analyses lors d’utilisation du billet de garantie conventionnelle. Sur les bovins de moins de 18 mois, tout dépistage est inutile du fait du manque de sensibilité de l’analyse à cet âge. Le dépistage doit alors se faire dans le mois suivant son passage à 18 mois. Tout bovin introduit restera exclu de la garantie jusqu’à l’obtention de deux résultats négatifs à un an d’intervalle.

Le respect strict des mesures sanitaires, une des composantes de notre concept « Le sanitaire… j’adhère ! » avec un accompagnement de GDS Creuse
La réussite de la prévention et de la lutte contre la paratuberculose passe par un strict respect des mesures sanitaires : précautions à l’introduction pour éviter son entrée, mise en place rapide et respect des mesures préconisées en cas de présence dans l’élevage. Notre investissement dans cette action est technique (outils collectifs pour la prévention et la lutte et le suivi individuel, en relation avec le vétérinaire de l’élevage) et financier (aides aux analyses et visites, mutuelle sanitaire en élevage bovin). C’est une des composantes de notre concept « Le sanitaire… j’adhère ! ».

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