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Outil de synthèse pour l’éleveur, le bilan est aussi un support pour le travail collectif

Les résultats départementaux du Bilan Annuel Troupeau permettent de pointer les principaux éléments de conduite à travailler.

Remettre de la cohérence dans les troupeaux : élever avec rigueur le bon nombre de génisses.
Remettre de la cohérence dans les troupeaux : élever avec rigueur le bon nombre de génisses.
© Gilles Gapihan

Depuis 6 ans, la taille des troupeaux adhérents à Conseil Elevage continue de croitre : de 53 vaches en 2014/2015 on passe à 58,1 vaches en moyenne en 2019/2020.

Globalement, toujours plus de vaches et pour le reste des résultats qui n’évoluent guère

Compte tenu des génisses à élever en plus, cela représente environ 12 à 15 UGB de plus, alors que la main d’œuvre n’augmente pas.

Si la qualité du lait (taux, cellules) montre une amélioration, la production par vache a baissé. Cette année, la moyenne des élevages est de 6 365 kg de lait par vache. En 2014/2015, année où la production a été la plus forte dans le département, la production était de 6 537 kg.

Le taux butyreux progresse peu alors que le taux protéique gagne 0,5 point (32,7 contre 32.2).

La qualité leucocytaire reste aux environs de 285 000.

Les résultats montrent également que certains éléments de conduite des troupeaux se dégradent. L’âge au 1er vêlage se retarde : on atteint 33,5 mois en moyenne (32,4 mois chez les Primholstein et 34, 8 mois chez les Montbéliards. On a trop d’élevages (presque 20%) pour lesquels l’âge moyen dépasse 37 mois. On sait qu’une génisse qui vêle tard ne fera pas une bonne vache (production et longévité moindres).

Un âge au vêlage qui se retarde, un intervalle vêlage-vêlage qui s’allonge encore, des vaches qui font moins de lactations ; le taux de 1ères lactations reste important avec une part de ces génisses qui ne sont ensuite pas conservées. Ces éléments convergent pour témoigner d’une conduite qui peut être améliorée.

Le tableau affiche les résultats des troupeaux de race Primholstein selon la classe de niveau de production par vache. Les troupeaux qui produisent 6-7000 kg de lait par vache détiennent 59 vaches avec un renouvellement de 30%, génisses qui vêlent à 32,9 mois. Les 2ème lactations constituent 25% du troupeau. Les vaches font en moyenne 2.6 lactations. Dans cette classe, l’ensemble des résultats sont moyens et restent en cohérence. Pour les élevages qui ont de plus faibles production par vache, on retrouve un âge au vêlage plus (trop) tardif, un peu moins de 2ème lactations (23% du troupeau) et des niveaux leucocytaires non satisfaisants. A l’opposé, pour les élevages avec de plus forts rendements laitiers, on constate un âge au vêlage plus précoce, un taux de renouvellement plus élevé et au final un nombre de lactation par vache plus faible (2,4).

Ces deux groupes ont des conduites très différentes qui impactent les résultats techniques et économiques, l’un étant pénalisé par le manque de volume et de qualité, l’autre par les coûts majorés liés à la faible longévité des animaux.

Renforcer le suivi des troupeaux

L’efficacité du troupeau passe par un suivi au plus près les troupeaux de vaches et de génisses. Les critères cités ci-contre le confirment. L’intervalle vêlage-vêlage, même si parfois on entend «oh ! ce n’est pas grave puisqu’elle fait encore du lait» est un critère qui reflète souvent les problèmes de reproduction. Les primipares, qui ont vêlé tard et/ou qui ont eu des déficits alimentaires en début de lactation ont des problèmes de reproduction (ce qui peut expliquer au moins pour partie le fait qu’une partie des L1 ne vêle pas une seconde fois – part de L2 dans les troupeaux plus faible).

La mise à la reproduction des génisses souvent trop tardive fait des âges au 1er vêlage tardifs. Là encore et même si ce n’est pas toujours le cas, le suivi des génisses ne semble pas assez soutenu pour parvenir à mieux maîtriser sa production et ses coûts. Il faut certainement davantage se concentrer sur un nombre de génisses plus adapté au besoin et que l’on va élever avec rigueur : «le bon nombre qui vêle au bon moment».

Finalement, il faut remettre de la cohérence dans la conduite des troupeaux. Faire d’abord un état des lieux du cheptel, de la surface fourragère, des places en bâtiments, des objectifs de production. Caler un nombre de génisses à élever, un âge et une période de vêlage. Ensuite tout mettre en œuvre pour atteindre ces objectifs. Votre conseiller dispose des outils de suivi de votre troupeau, d’outils de mise à plat de la conduite et de la cohérence de votre système. Interpellez-le !

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