Aller au contenu principal

Nouvelle concertation sur les zones vulnérables : la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes plaide pour le bon sens

La révision des zones vulnérables aux nitrates a été lancée lors d'une réunion le 29 juillet à la Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL), en présence des responsables professionnels.

Jocelyn Dubost (JA), Jean-Luc Perrin (FRSEA), Michel Joux (CA AuRA) et Stéphane Joandel (FRSEA).
Jocelyn Dubost (JA), Jean-Luc Perrin (FRSEA), Michel Joux (CA AuRA) et Stéphane Joandel (FRSEA).
© Cécile Bolteau - FRSEA

Si aucun zonage précis n’a encore été dévoilé, le calendrier et la méthode de mise en place ont été posés. Stéphane Joandel, président de la commission environnement à la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes, alerte sur les conséquences pour les éleveurs et appelle à une vigilance collective.

La directive européenne « nitrates » a été instaurée en 1991, dans le but de protéger la qualité de l’eau en limitant la pollution liée aux nitrates

Elle impose aux États membres de l’Union Européenne (UE) de désigner des zones dites « zones vulnérables », dans lesquelles des règles plus strictes s’appliquent notamment aux professionnels agricoles. En moyenne, ces zones doivent être révisées tous les quatre ans ; en Auvergne-Rhône-Alpes, ce travail de révision est officiellement engagé depuis le 29 juillet.

Les cartes du nouveau zonages "zones vulnérables" attendues prochainement

« Nous avons assisté à une explication de la méthode établie, pour le moment nous n’avons pas de cartes ni d’informations concrètes », amorce Stéphane Joandel. Pilotée par la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes, cette dernière n’a pas levé le voile sur les cartes de zonage ni sur les bassins concernés.

Les cartes provisoires, issues de la campagne de surveillance 2022-2023, devaient être rendues publiques entre le 15 et le 31 août.

Le classement en zones vulnérables sera donc établi dans la limite de 50 mg/l de nitrates en ce qui concerne les nappes phréatiques (eaux souterraines), ou entre 40 et 50 mg/l avec une tendance à la hausse.

Pour les eaux superficielles (rivières, lacs), le seuil reste fixé à 18 mg/l. Des critères que le syndicaliste juge parfois déconnectés de la réalité agricole.

« L’important pour nous aujourd’hui est de revenir à une logique de territoire. Que l’on soit dans le sud de la Drôme ou ailleurs, les pratiques d’élevage ne sont pas du tout les mêmes, une politique unique ne pourra pas correspondre à tous les territoires », explique-t-il.

Lire aussi Préservation des zones humides : l'Aubrac passe à l'action

Quels sont les impacts directs du classement en zones vulnérables sur les exploitations agricoles ?

Ce nouveau zonage pourrait en effet concerner de nombreuses communes et modifier les contraintes qui pèsent sur les éleveurs.

« Entrer en zone vulnérable, c’est devoir faire face à des obligations supplémentaires : plans de fumure, capacités de stockage, restrictions de périodes d’épandage… », rappelle Stéphane Joandel.

Pour certains élevages bovins, cela pourrait se traduire par plusieurs dizaines de milliers d’euros d’investissements non prévus.

Stéphane Joandel évoque également l’absence d’information en ce qui concerne de potentielles aides liées à ces modifications de zones. « Nous préférerions du bon sens paysan en premier lieu, mais si les zones viennent à impacter nos élevages, nous aurons besoin d’aides afin de financer les bâtiments, les systèmes d’épandage, ou soutenir les trésoreries. Sinon, cette révision passera mal », prévient-t-il. La FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes compte faire pression sur ces points dans les mois à venir.

Stéphane Joandel regrette également la mise en place de ces révisions sans que les règles de contrôle ne soient respectées. « Il aurait dû y avoir douze analyses de reliquats azotés sur six ans, mais le nombre de contrôles est bien en-dessous de ce qui était prévu, les règles du jeu n’ont pas été respectées », avance-t-il.

FRSEA, JA et Chambre d'agriculture d'Auvergne-Rhône-Alpes veulent éviter les classements "zones vulnérables" incohérents ou excessifs 

La FRSEA, Jeunes Agriculteurs (JA) et la Chambre régionale d’agriculture étaient tous trois représentés lors de la réunion. « Il y a une vraie unité syndicale sur le sujet. Nous partageons la même volonté d’éviter les classements incohérents ou excessifs », souligne Stéphane Joandel. Les échanges avec les services de l’État sont ouverts pour l’instant, notamment sur la possibilité de justifier des non-classements.

« La concertation départementale sera essentielle. Il faut que les Chambres d'agriculture soient prêtes à faire remonter les réalités locales, et que les agriculteurs se fassent entendre. »

Le nouveau classement "zones vulnérables" entrera en vigueur en septembre 2026

Le calendrier prévoit une concertation régionale de septembre à décembre 2025, suivie d’une phase réglementaire jusqu’à l’été 2026, avec une entrée en vigueur du nouveau classement en septembre 2026.

Lire aussi Naussac, un barrage qui assure le soutien d'étiage de la Loire et de l'Allier

 

 

 

Les plus lus

DNC - Face aux mensonges, FDSEA ET JA du Cantal demandent ouvertement des têtes

À la demande la FDSEA et des JA du Cantal, une réunion s’est tenue lundi 11 août à la préfecture du Cantal, et en présence de…

Intempéries : après l’orage, les agriculteurs toujours dans l’incertitude

Un mois après les violents orages de grêle du 25 juin, la Corrèze panse encore ses plaies. Des campagnes abîmées, des…

Le ministère de l'Agriculture recommande à tous les éleveurs de ruminants de vacciner leurs animaux pour limiter l'expansion de la maladie.
Deux élevages bovins du Puy-de-Dôme déclarent des foyers de FCO-3

Selon les derniers chiffres du ministère de l’Agriculture en date du 31 juillet, 1117 foyers de FCO de sérotype 3 et 1060…

Le jour de la foire, le village de Thoras s'étend...
Thoras : foire annuelle le lundi 25 août 2025

La traditionnelle foire annuelle du village de Thoras approche... Synonyme de fête, de convivialité et de commerce dans tous…

Un monsieur juge un tracteur en train de labourer
La Fête de la terre et des métiers agricoles

 Avec 3 000 visiteurs attendus les 16 et 17 août, la Fête de la terre se veut avant tout un moment de partage et de…

4 hommes assis à un bureau
DNC : les responsables agricoles de l'Allier font le point

Face aux interrogations grandissantes des éleveurs et aux nombreuses rumeurs circulant sur la situation sanitaire liée à la…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière