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«Nous souhaitons établir un cadre clair pour ces parcelles »

L’association syndicale libre du Puy-de-Dôme et du grand Sault travaille à un projet de réhabilitation des parcelles pastorales et à une meilleure gestion forestière dans la chaîne des puys.

Michèle Boudoin est présidente de l’Association Syndicat libre du Puy-de-Dôme et du Grand Sault.
Michèle Boudoin est présidente de l’Association Syndicat libre du Puy-de-Dôme et du Grand Sault.
© AA

 

On l’oublie souvent mais les puys, chers à notre département, appartiennent à des propriétaires privés. La multitude de propriétaires de parcelles non cadastrées ne permet pas d’organiser et de valoriser durablement le territoire, d’où la difficulté pour les acteurs locaux (agriculteurs, maires…) d’exploiter ou simplement d’entretenir ces terrains.

En décembre 2013, ils ont créé l’Association Syndicat Libre du Puy-de-Dôme et du Grand Sault dont Michèle Boudoin, agricultrice à Allagnat, est la présidente.

 

Pourquoi avoir créé cette association ?

Michèle Boudoin : «L’ensemble des puys appartient à des propriétaires indivisionnaires. Malheureusement, beaucoup d’entre eux ignorent où se trouvent leurs parcelles parce qu’elles ne sont pas bornées. Certains ignorent même qu’ils sont propriétaires ! Cette situation engendre de nombreuses difficultés notamment dans le domaine de l’exploitation forestière. Dans ma commune par exemple, nous avons remarqué avec le maire que certaines personnes prélevaient du bois dans des forêts classées Natura 2000 sans tenir compte de la réelle surface dont ils sont propriétaires et dans des conditions pas toujours correctes pour une gestion durable de la forêt (chablis…) ; de plus, compte tenu de l’augmentation des coûts de productions dans les exploitations agricoles, l’intérêt d’avoir une montagne aux portes des fermes pouvant augmenter la capacité d’autonomie alimentaire de celles-ci pouvait être un vrai atout. La situation locale du site en plein Parc des Volcans, Grand site de France, en site Natura 2000, la prochaine inscription à l’Unesco, la proximité de vulcania et de l’agglomération clermontoise, amènent une grande fréquentation et beaucoup de propriétaires s’inquiétaient d’être dépouillés de leur propriété. Ainsi, il y a deux ans, nous avons organisé une réunion pour tenter de régulariser la situation. Mais comment faire quand on ne connaît pas les propriétaires et qu’on ne sait pas où se situent leurs parcelles ? Nous avons donc créé cette association avec l’ensemble des acteurs du territoire pour tenter d’établir un cadre clair autour de ces surfaces avec comme objectifs : s’organiser collectivement afin de défendre le bien collectif, valoriser le patrimoine des ayants droit par l’exploitation des bois et des surfaces pastorales, représenter les propriétaires auprès des pouvoirs publics et des collectivités des territoires et être l’interlocuteur incontournable. »

 

De quelle manière pensez-vous remédier à cette situation ?

M.B : Le site étant soumis à beaucoup de contraintes réglementaires, nous travaillons avec le Parc naturel régional d’Auvergne, le Crpf, la Dréal, le Conseil général et la Draf. J’ajoute que la mairie s’est beaucoup investie dans le projet. Nous allons engager un Plan Simple de Gestion, ce qui permettra aux propriétaires forestiers une meilleure valorisation de leur bien avec une répartition équitable, en relation avec leurs titres de propriétés. Le Crpf réalisera un diagnostic des essences et un programme d’interventions en accord avec les différentes réglementations en vigueur, une zone sera déterminée pour la partie pastorale.

Des conventions sont en cours d’élaboration avec les partenaires (Parc - Conseil général - Fédération régionale de vol libre – agriculteurs-chasseurs...) pour réglementer et mieux organiser la fréquentation du site dans l’intérêt des propriétaires et la valorisation de leur patrimoine.

 

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