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“Nous sommes venus pour obtenir des réponses !”

Signe de la détresse qui touche toutes les productions, les agriculteurs auvergnats se sont mobilisés de façon inédite le 16 octobre pour réclamer un plan de soutien.

Des élus solidaires du monde paysan.
Des élus solidaires du monde paysan.
© C.R.

“Sarkozy, l’agriculture a un prix” n’est pas qu’un slogan, c’est la réalité quotidienne de l’agriculture française qui a conduit, vendredi, près de 3 000 paysans auvergnats et leurs 500 tracteurs à converger vers le centre-ville de Clermont-Ferrand. Venus du Cantal, de la Haute-Loire, de l’Allier, du Puy-de-Dôme... et aussi de la Loire, les manifestants ont investi la place de Jaude dans le calme mais avec détermination, recueillant au passage le soutien des Clermontois et celui des élus venus se joindre au rassemblement. Sur des pancartes, banderoles et tee-shirts, partout s’affichait la détresse d’une profession aujourd’hui sérieusement ébranlée par  le démantèlement de la Pac et l’absence d’une vraie politique agricole nationale.

“Année blanche”

Alors, ce 16 octobre, date de la Journée mondiale de l’alimentation, les agriculteurs ont instamment demandé au Président de la République d’entendre leur détresse. Ils ont réclamé un vaste plan de soutien à l’agriculture, estimé à 1,4 milliard d’euros, pour faire face à des situations d’urgence. “De la même façon que l’État a aidé les secteurs des banques et de l’automobile, il doit aujourd’hui aider l’agriculture”, s’est exprimé le président de la FRSEA Massif central, Jacques Chazalet. Et de proposer que ce besoin de financement soit tout bonnement ponctionné sur la somme des trois milliards d’euros remboursée récemment par le Crédit agricole à l’État… À l’unisson, les leaders syndicaux FNSEA et JA ont réitéré haut et fort la nécessité d’un plan d’urgence comprenant une “année blanche” sur les annuités d’emprunt (prise en charge des intérêts et financement du report du capital en fin de tableau), et sur les charges sociales (prise en charge des cotisations sociales). Ils ont revendiqué la suppression définitive de la TFNB et réclamé la mise en place d’un cadre législatif “permettant aux agriculteurs de vivre du prix de leur produit”. Enfin, sur le plan européen, ils ont demandé l’harmonisation des charges et des réglementations “afin de supprimer la concurrence déloyale à l’intérieur de l’Europe et vis-à-vis des pays tiers”. Invités à prendre place au pied de Vercingétorix, syndicalistes et élus ont unanimement mis en garde Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire sur l’urgence de la situation. “Si les réponses au désarroi des agriculteurs n’arrivent pas vite, on se mobilisera de nouveau et de manière encore plus massive”, prévenait Patrick Trillon, président de l’UDSEA du Puy-de-Dôme. “Soit l’Europe juge que l’agriculture est stratégique, soit elle décide qu’elle ne veut plus d’agriculture. Nous prendrons acte de sa décision mais nous ne crèverons pas en silence !”, poursuivait Sébastien Vidal, président des JA 63.

 

Nicolas Sarkozy attendu au tournant

Pour le Cantalien Gilles Amat, président de JA Auvergne, “les agriculteurs ont besoin de lisibilité et de visibilité. Nous attendons une feuille de route, des orientations claires qui nous aident à construire l’agriculture de demain”. Le Président de la République devra donc se montrer convaincant s’il veut rassurer le monde agricole. Dans une interview au Figaro, le 16 octobre, il affirmait vouloir prendre des “initiatives fortes” d’ici la fin du mois. Selon lui, “l’agriculture est un élément décisif de notre compétitivité économique. Je n’accepterai jamais que l’agriculture française, comme européenne, soit sacrifiée sur l’autel d’une mondialisation anarchique”. Un message dont les 52 000 agriculteurs mobilisés dans une vingtaine de villes de l’Hexagone - une véritable démonstration de force qui a dépassé les espoirs de la FNSEA - attendent maintenant qu’il se concrétise par des actes…

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'Union du Cantal.

Droits de reproduction et de diffusion réservés.

 

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